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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 16:09

Le Comité des 160 ans de présence indienne en Guadeloupe organise samedi 6 Décembre 2014, au port de pêche (L’Autre Bord), Le Moule à partir de 14h00, un spectacle en costumes d’époque autour de l’arrivée du premier bateau d’engagés indiens.

Commémoration de l’arrivée des premiers engagés indiens en Guadeloupe : samedi 6 Décembre 2014.

Petit rappel historique. Le 24 décembre 1854, l’Aurélie atterrit en Guadeloupe à Pointe-à-Pitre. Elle transportait trois-cent quarante-quatre engagés recrutés dans l’empire français, sur un bâtiment français avec un armateur français Blanc qui avait déjà eu une expérience similaire en Martinique en mai 1854.

Cette évocation de l’arrivée des premiers engagés n’est pas une reconstitution historique formelle. Le choix du site, Le Moule à la place de Pointe-à-Pitre, les moyens techniques modernes, l’absence des témoignages des immigrés ou des différents témoins directs établis à l’époque dans la colonie laissent, l’auteur face à des sources uniquement issues de l’administration coloniale. Ces difficultés historiques n’autorisent qu’une évocation bien que les organisateurs ont voulu être au plus près de leur sujet en faisant appel à une costumière de talent : Mme Rollé. C’est tout le défi d’Arlette Minachy-Bogat et de ses acteurs.

Nous avons déjà consacrés un petit fascicule à l’immigration indienne reprenant le texte de la conférence du 3 décembre 2011, organisée par deux associations membres du Comité des 160 ans : l’Association des Amis de l’Inde et le Conseil Guadeloupéen Pour les Langues Indiennes (CGPLI).

Le madras est bien souvent associé à l’arrivée des engagés indiens mais il s’est invité très tôt dans l’histoire de la Guadeloupe :

 

Quand nous pensons à l’Inde, une odeur de colombo emplit l’air autour de nous. Il est donc légitime de se poser la question sur la provenance des épices qui forment aujourd’hui le mélange associé au colombo guadeloupéen. Certaines plantes ont-elles accompagné les Indiens durant la période d’engagement ?

Cette thématique a été étudiée par Mme Lou Kermarrec pour son Master 2 (Museum National d’Histoire Naturelle, Agro Paris Tech), sous le titre « Les plantes introduites par les Indiens en Guadeloupe depuis 1854. Usages et jardins. Etats des Lieux » en 2013.

En voici le résumé :

« Les plantes cultivées actuellement dans les jardins de case témoignent de provenances diverses et de différentes périodes d’introductions de végétaux en Guadeloupe. Les Indiens arrivés en tant que travailleurs contractuels dans l’île entre 1854 et 1889 ont ainsi contribué à l’enrichissement végétal de cet espace cultivé à des fins alimentaires et thérapeutiques. Cette recherche propose de répertorier les plantes que les Indo-guadeloupéens disent avoir « héritées de leurs ancêtres » et qui ont encore aujourd’hui des usages culturels typiquement indiens et fortement identitaires dans les familles d’origine indienne. La méthode d’investigation est fondée sur la visite des jardins familiaux au moyen d’entretiens semi-directifs. L’objectif étant de comprendre si les plantes dites « introduites par les Ancêtres » confèrent une caractéristique particulière aux jardins des familles d’origine indienne. Parallèlement au processus de créolisation, la pérennisation du culte religieux hindou et de ses valeurs a permis la transmission de savoirs et de symboliques caractérisant l’usage des plantes et l’espace domestique au sein de ces familles. Cependant, la régression des jardins créoles dans l’île et l’adoption d’un mode de vie occidentalisé depuis la départementalisation de 1946, a entraîné la raréfaction de certaines de ces espèces portant un nom créole « indien ». Plusieurs de ces plantes mériteraient aujourd’hui d’être réinsérées dans les jardins familiaux. Les contacts qui s’établissent actuellement avec l’Inde et sa diaspora créole entrainent l’introduction de nouvelles espèces « indiennes » inconnues en Guadeloupe. Ces introductions récentes font émerger une nouvelle dynamique d’appropriation des savoirs liés à l’usage « indien » de ces espèces qui sont intégrées aux structures traditionnelles héritées du XIXe siècle.

Mots clés : Indo-guadeloupéen, « plantes indiennes », usages alimentaires, religieux et médicinaux, propriétés familiales, hindouisme créole, chapelle, Moringa oleifera, Azadirachta indica, Curcuma longa, Piper betle. »

Célébrer l’arrivée des Indiens est aussi un moment important pour se rappeler les autres histoires des travailleurs libres sous contrats venus d’Afrique, d’Europe et d’Asie (Chine et même du Japon !) et d’y associer également nos compatriotes venus de Syrie, du Liban, d’Italie durant le 19ème siècle ainsi que pour tous ceux pour qui le colombo est indiscutablement notre patrimoine gastronomique commun.

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Published by Myriam Alamkan - dans Décembre 2014
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