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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 11:09
Clap de fin sur les langues de l'Inde dans ses diasporaClap de fin sur les langues de l'Inde dans ses diaspora

Je vous écris depuis le Canada. Je suis levée de bonheur mais mon cerveau est lui toujours à l'heure de la Guadeloupe et ne se préoccupe pas du changement d'heure officiel au Québec. Donc, il est tôt et je suis devant mon écran.

Merci aux organisateurs et au public d'avoir participer au succès de la manifestation et puisque vous n'étiez pas tous là dans l'audience. Un petit extrait de ma conférence avant publication des actes l'an prochain.

"L’immigration indienne en Guadeloupe : la création du poste d’interprète au sein du service d’émigration.

Les récits de voyage des immigrants indiens en Guadeloupe sont généralement portés par les marins qui ont vécu au plus près des immigrants et non des immigrants eux-mêmes. Ces textes offrent un point de vue différents de celui de l’administration coloniale qui dans un premier temps ne conçoit l’immigration indienne que du simple point de vue de la force de travail.

Pour la société coloniale de Guadeloupe, après la promulgation de l’abolition de l’esclavage de 1848 il faut remplacer les anciens esclaves par d’autres travailleurs qui ne peuvent qu’être que des émigrés. Or aucun propriétaire d’esclaves n’a pris en compte les langues parlées par ces derniers et ne semblent pas s’en préoccuper pour les futurs immigrés dont ils comptent encourager le recrutement, qu’ils proviennent d’Europe comme les Madériens, d’Afrique comme les Congo, ou d’Asie comme les Chinois ou les Indiens.

Ils n’ont que le système esclavagiste français et les expériences d’immigration anglaises comme références dans leur façon d’accueillir l’autre. Or pour les esclaves nul besoin de reconnaître leur langue, leur religion, leur nourriture. Tous seront forcés d’intégrer de force la société créole. Et en une génération, les Africains deviennent des esclaves « créoles » sans aucune référence aux nations africaines, ni marques tribales, une perte de leurs langue au profit du créole local mais la société guadeloupéenne ne peut accueillir des immigrés de la même façon que les anciens esclaves.

Une réponse administrative se met progressivement en place et nous trouvons ainsi des postes d’interprète à partir de 1861 au sein du service d’émigration. Ceux–ci sont spécifiquement interprète en « langue indienne » à l’exclusion de toutes autres.

C’est pour examiner ce cas particulier que nous nous pencherons sur les raisons qui ont conduit à la création de deux postes d’interprète de « langue indienne » par la colonie de la Guadeloupe et les conséquences que cela va avoir sur le recrutement, le régime disciplinaire ou la prise en compte des maladies : comment prendre en compte l’homme et non seulement le travailleur indien ?"

Oui le service d'émigration est une curiosité parce que c'est ainsi que le désigne les documents anciens lorsqu'ils évoquent les interprètes embauchés en Inde pour accompagner les migrants originaire de l'Inde sous domination anglaise.

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Published by Myriam Alamkan - dans Novembre 2015
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