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A Valérie Milvoy, elle sait pourquoi :-)

De retour de Saint-Pierre et Miquelon

Rarement, vous avez dans la vie l’occasion de réaliser un rêve. Moi, je viens de le faire grâce à l’invitation faite par l’association Célébration 2016 de Saint-Pierre et Miquelon. J’ai vu Miquelon, ce territoire rêvé des pêcheurs antillais, n’est pas qu’une zone de pêche de poissons pélagiques comme le thon, le thazar mais une île volcanique battue par les vents. Et si je n’en ai pas écris plus tôt, c’est que je n’étais pas en forme à mon retour… le froid et une guadeloupéenne n’ont pas fait bon ménage !

La pigonne voyageuse que je suis devait un jour ou l’autre poser ses bagages à Saint-Pierre et Miquelon. C’est chose faite. Aucune photo ne témoignera de ma grande joie au retour de Miquelon. Comme on dit en créole : « c’est pas la veuxpacité, c’est la peuxpascité ! » (Explications pour les non-créolophone, la veuxpacité c’est la réunion en un seul mot de du verbe vouloir avec le nom capacité, idem pour la peuxpascité avec le verbe pouvoir…moi j’adore cette expression.)

Car voilà à mon débarquement du Cabestan qui fait la navette entre Saint-Pierre et Miquelon, j’étais transit de froid. Donc mon appareil photo est resté au fond de mon sac. Mais j’ai plusieurs photos de l’archipel et en plus j’ai eu des conversations et la bonne humeur qui ont marqué notre séjour. Je les garderais avec moi longtemps. Merci à tous à Saint-Pierre et Miquelon.  Anne, Françoise et Colette qui nous a fait faire un tour d’île impromptu et si intéressant à Saint-Pierre. Il y avait aussi Joëlle et les autres de Saint-Pierre et Miquelon Première. Et tous ceux qui  nous ont véhiculé lors du voyage et l’équipe de notre hôtel le Jacques-Cartier…et l’opiniâtre Rémi qui m’a apporté des documents intéressants, les maires de Saint-Pierre et de Miquelon, à l'ensemble des conférenciers et j’en oublie, pardon. 

J’ai été convié à parler de la morue en partage entre nos deux archipels, la Guadeloupe et Saint-Pierre et Miquelon. Car c’est à ce poisson singulier que nous devons nos liens historiques. Il n’y a pas un livre de cuisine traditionnelle antillaise qui ne présente une recette d’accras de morue. C’est d’ailleurs un si grand classique que mes compatriotes sont systématiquement associés aux accras et au boudin noir (l’antillais pas celui vendu d’ordinaire en France, vous imaginez un peu ma tête lorsque j’ai pour la première fois goûter un boudin noir européen…saisissant !). Hier de mes contacts (merci Dominique Lancastre) m’a mis un lien vers un article de l’Huffington Post du 29/11 qui évoque les traditions culinaires des différentes régions françaises. Vous y trouverez associer à la Guadeloupe, les accras de morue !

Mais comme le dirais les meilleures cuisinières et cuisiniers de mon archipel : tout accras n’est pas accras ! Car, oui, vous pouvez trouver des accras de morue un peu partout actuellement. En France, j’en trouve chez les traiteurs chinois. Dans les supermarchés de Guadeloupe, ils existent également  sous forme de pâte prête à diluer... Et un simple coup d’œil aux différentes recettes présentes sur le net finira de vous convaincre des multiples recettes existantes d’accras de morue.

Une chose est sûre. Les accras c’est du sérieux, plus de 119 000 résultats contre seulement un peu plus de 9000 résultat pour la brandade de morue antillaise. Une recette est même proposée par l’exposition « Dans les mailles du filet » présentée au Musée National de la Marine de Paris jusqu’au 26 juin 2016.

Une chose que les recettes ne pourront vous donner c’est la saveur de la morue salée de la grande époque de la morue. Car comme le dit un de mes témoins, la bonne morue c’est la morue « grand-bancs » et les Grands-Bancs se sont les zones de pêches au large de Saint-Pierre et Miquelon et Terre-Neuve. Aujourd’hui la morue salée vendue en Guadeloupe est originaire d’autres zones de pêche, car la morue de l’Atlantique Nord a été trop pêché. Depuis 1992, un moratoire de pêche à la morue valable pour tout le Canada Atlantique à causer la ruine de cette pêche vielle de plus de 500 ans sur les Grands-Bancs.

En Guadeloupe, on mange de la morue salée. Les subtilités entre les différentes méthodes de conservation de la morue verte ou de la morue sèche ne sont pas connues. Le lien entre l’apparition de ce poisson dans nos assiettes antillaises et l’esclavage est largement méconnu de la population guadeloupéenne comme celle de la Martinique ou de la Guyane.

Chez moi, on ne fait pas que manger de la morue, c’est aussi devenu un des ingrédients du bain rituel du début de l’année : le bain-démaré. Il a été remis au goût du jour par des groupes carnavalesques qui iront le 1er janvier, prendre ce bain pour se défaire ou démaré des problèmes de l’année précédente. Les pratiquants se frotteront de différentes herbes et …d’une queue de morue salée ! Et voilà comment un poisson des eaux froides des Grands-Bancs devient un poison des eaux tropicales ! Mi Mori ! (Voilà de la morue). Et encore merci à Saint-Pierre et Miquelon. Il me revient une chanson en créole et au son du grow-ka : « Nou ka alé a Miquelon, missers mes dames… » (On va Miquelon, messieurs mes dames…), pour moi c’est fait ! 

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Published by Myriam Alamkan - dans Décembre 2015