Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 13:38

Aujourd'hui c'est la journée mondiale des océans. Je décide donc de faire une petite pause dans mon marathon de rédaction qui m'occupe depuis près d'un mois. La journée mondiale cette année a pour thème "Nos océans, notre avenir".

Et pour préparer l'avenir, rien de mieux que de savoir ce qui c'est passé. C'est une des raisons a a conduit l'association Océanides a réalisé une grande synthèse sur l'histoire maritime qu'elle a présenté au Sénat, sous le patronage de Mme la sénatrice-maire de Saint-Pierre, Mme Karine Claireaux, le 30 mars 2017

Mme la sénatrice-maire de Saint-Pierre, Karine Claireaux

Mme la sénatrice-maire de Saint-Pierre, Karine Claireaux

"La Mer dans l'histoire, une vision d'avenir?" Cet important travail a regroupé 260 chercheurs de 40 pays différents pour "évaluer l'impact du fait maritime dans l'Histoire de l'humanité, de la préhistoire jusqu'à aujourd'hui".

La zone économique exclusive de la France est la deuxième au monde par sa superficie 10,2 millions de kmdont 97% est située en outre mer. Si la mairie de Saint-Pierre de l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon  a décidé de soutenir le projet Océanides, je ne sais pas l'implication des autres collectivités d'outre-mer dans le projet.

J'ai assisté à la présentation des quatre ouvrages, je n'y ai pas participé. Donc j'ai fait ce que fait tout bon lecteur, je file pour lire la table des matières pour voir si des articles concernent spécifiquement les Outre-Mer. Rapidement, donc des choses ont pu m'échappé, d'autan que je ne pas encore lu l'ensemble des articles.

Je n'ai remarqué qu'une unique contribution de Benoît Bréard de feue l'Université des Antilles et de la Guyane sur "une approche maritime et archipélique de l'occupation amérindienne des Antilles." Alors que l'outre-mer français dispose d'une université à La Réunion, en Polynésie française et même en Nouvelle Calédonie. Bien sur il y a des communications sur la traite négrière,sur le sucre ou sur la Caraïbe Maya mais il y aurai eu plus de contributions si nous nous décidions à étudier notre espace maritime dans tous ses aspects et à faire connaître nos travaux.

Car au delà des ouvrages se dessine déjà de grandes orientations politiques via la politique de l'Union Européenne et sa directive du 23 juillet 2014 établissant un cadre pour la planification de l'espace maritime qui a été transcrit en droit français le 3 mai 2017. Si les représentants de 97% ne prennent pas la parole, nous risquons de subir des politiques éloignées de nos réalités locales.

Un aspect du discours de Christian Buchet, directeur scientifique d'Océanides m'a particulièrement interrogé: celui de l'ouverture des routes maritimes polaires à cause du réchauffement climatique. Au delà de son discours je pense que si les routes polaires s'ouvrent de façon durable au commerce maritime, c'est une grande partie du commerce qui sera réorientée et en bout de course il y aura des conséquences sur la zone centre américaine et sur le commerce via le Canal de Panama. Et pour la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane une possibilité de diminution du trafic portuaire et un rencherrissement du fret maritime. Voilà comment l'histoire maritime participe aux politiques de demain. 

A la table, en blanc, Mme Anne-Marie Idrac, présidente d'Océanides, au pupitre Christian Buchet

A la table, en blanc, Mme Anne-Marie Idrac, présidente d'Océanides, au pupitre Christian Buchet

Repost 0
Published by Myriam Alamkan - dans Juin 2017
commenter cet article
11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 14:06
Quand le Fort Napoléon était convertis en prison administrative durant la Seconde Guerre Mondiale

Le gouverneur de la Guadeloupe Constant Sorin promulgue le 13 septembre 1940 l’arrêté faisant du Fort Napoléon à Terre de Haut (Guadeloupe) une prison pour les « les individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ».

Parmi les internés administratifs du Fort Napoléon, les deux plus célèbres seront Rosan Girard, futur fondateur du parti communiste et Paul Valentino, conseiller général socialiste qui a refusé l’armistice de 1940 et a tenté de convaincre Constant Sorin de faire de même. Mais surtout Paul Valentino souhaitait l’application de la loi Tréveneuc du 15 février 1872. Le pouvoir exécutif de la colonie aurait été transféré au Conseil Général. Mais ces deux internements sont politiques. Or l’administration de Vichy a d’autres ennemis intérieurs bien moins connus. Tous formeront le groupe de résistance connu sous le nom de dissidence.

Quand le Fort Napoléon était convertis en prison administrative durant la Seconde Guerre Mondiale

Le 10 novembre 1941, le gouverneur Sorin prend une décision d’internement administratif pour quatre guadeloupéens coupables « de tentatives de départ à l’étranger ». Ceci est le motif légal, il faut pour mieux comprendre ce qu’est la dissidence extérieure. Eliane Sempaire la définit comme étant : « le phénomène le plus caractéristique d’opposition à la politique des représentants de Vichy en Guadeloupe, est sans conteste la dissidence qui pris dans son sens étroit signifie : départ vers une île anglaise pour s’enrôler dans les Forces Françaises Combattantes. La dissidence symbolise la désobéissance, mais surtout une initiative volontaire et déterminée de partir à la recherche d’un autre idéal. » 

Au départ de la Guadeloupe, il n’y a pas d’autre moyen, à l’époque, il faut prendre un bateau pour rejoindre une île britannique. La Dominique, Antigue ou Monserrat sont depuis toujours à porter de canot. Cela ne signifie pas que tous les dissidents soient des marins ou des marins-pêcheurs ou des marins de plaisance. Le gouverneur Sorin, l’a bien compris et ordonne également l’internement administratif de ceux qui se sont « rendus coupable d’avoir facilité les départs vers l’étranger. » Dans l’article 1 de l’arrêté on peut lire que « Sont internés administrativement au Fort Napoléon des Saintes, jusqu’à cessation légale des hostilités. » et l’article 2 donne des détails sur le nom, l’âge et la profession de chaque individu mais aussi le nom de leur père et mère et leur adresse afin que l’humiliation soit totale et que l’infamie touche l’ensemble de la famille.

Nous trouvons dans cette petite liste de quatre personnes : Firmin Daudry, marin-pêcheur ; Antoine Torrent, journalier ; Jacob Déride, coiffeur ; Pierre-Joseph Stanislas, profession non mentionnée. La nature de l’aide apportée aux dissidents à l’air évident pour le marin-pêcheur pour les autres s’est plus difficile de savoir en quoi ils ont concourus. Tous habitent la ville de Basse-Terre. Certains habitent juste à côté de la mer comme messieurs Déride et Torrent qui habitaient à la rue du Père Labat. Pour les autres, je n’ai pas assez de documents pour savoir où étaient la rue Gondrecourt et la rue de Mon-Repos.

Et pour ceux qui ont réellement tenté de fuir la Guadeloupe pour rejoindre les Forces Françaises Libres via les îles britanniques, nous avons des noms, les dates de naissance, le nom de leur père et mère, leur profession et leur adresse. C’est quatre Basse-Terriens sont messieurs Emmanuel Françius, boulanger ; Joseph Négo, chauffeur de taxi ; Evariste Assor, tailleur ; Gaston-Marc Houblon, forgeron.

Je n'ai pas pu consulter les dossiers administratifs qui ont conduit à leurs internements au Fort Napoléon. Peut-être que mes lecteurs aurons plus de renseignements que moi parce que je ne faisais pas de recherche spécifiques sur la dissidence mais j'ai glané ces petits documents au hasard d'une grande collecte sur les approvisionnements.

Pour ceux qui veulent compléter leurs connaissances, je vous propose de lire : Eric Jennings, "Vichy sous les tropiques". Editions Grasset, 2004 et Eliane Sempaire "La dissidence an tan Sorin", Ibis Rouge 2012.

Repost 0
Published by Myriam Alamkan - dans Mai 2017
16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 01:33
Jean-Baptiste Labat dit le Père Labat missionnaire dominicain dans les Antilles entre 1693 et 1706.

Jean-Baptiste Labat dit le Père Labat missionnaire dominicain dans les Antilles entre 1693 et 1706.

Après cette pause musicale, retour à l’histoire et au témoignage du Père Labat (1724) à propos du crabe qui nous apprend qu’à son époque, le taumalin était différent de la graisse : « Les mâles, outre cette matière blanche qui est leur graisse, ont au lieu des œufs une autre matière verdâtre qu’on appelle le Taumalin. C’est la sauce avec laquelle on les mange. Pour cet effet on enlève l’écaille du dos, en la séparant de celle du ventre où les pieds et les mordants sont attachés : on amasse dans une écuelle tout le taumalin des mâles avec la graisse, on y mêle un peu d’eau et de jus de citron pour les délayés, et on y met du sel et du piment écrasé. Pendant que le corps des crabes cuisent dans l’eau, on fait bouillir le taumalin en le remuant bien, et quand tout est cuit, on mange la chair des crabes en la sauçant dans le taumalin comme on mange de la viande avec de la moutarde. » (Orthographe modernisé) Actuellement le toumalin semble être juste la façon moderne de prononcer un mot ancien : le taumalin.

Mais le Père Labat nous donne également des précisions sur les consommateurs : « De ces trois espèces le tourlouroux sont les plus délicats, et les crabes blancs les moins recherchés. On peut vraiment dire que ces animaux sont une manne pour le pays. Les Caraïbes ne vivent presque d’autres choses. Les Nègres s’en nourrissent au lieu de la viande salée, que leur maîtres négligent souvent de leur donner, ou parce qu’elle est rare, ou parce qu’elle est chère. Les blancs ne les négligent pas, et l’on voit par les différentes manières de les accommoder, que je viens que je viens de rapporter qu’on en sert sur toutes les tables. » (Orthographe modernisée). De nos jours les crabes sont consommés, très largement. J’ai lu aujourd’hui que le Parc National de la Guadeloupe se penche sur la pérennisation de la ressource. En Martinique la chasse est réglementée depuis 2011

Il faudra protéger nos ressources pour continuer à faire du crabe de terre un met de choix pour les célébrations de Pâques et de Pentecôte. Revenons au matété à crabes. A bien lire le texte du Père Labat, on voit qu’au 18ème siècle, ils étaient cuits simplement sur du charbon ou dans de l’eau salé. Un autre type de préparation bien plus élaboré est également évoqué : « Une autre manière d’accommoder  les tourlouroux et les crabes, est qu’après qu’ils soient cuits dans l’eau et le sel, de les ouvrir, en tirer toute la chair, les œufs, la graisse et le taumalin, et de leur donner un tour de poêle dans du beurre roux, avec de l’oignon haché bien menu et du persil, après quoi on les mets dans une casserole avec un bouquet de fines herbes, du poivre, des écorces d’oranges et des jaunes d’œufs délayés dans le jus d’orange et de citrons, et quand on est prêt de les servir, on y rappe un peu de muscade, c’est un très bon manger. » (Orthographe modernisée).

A quel moment précis a-t-on préféré faire cuire le crabe entier et le présenter ainsi dans de nombreux plats ? Car outre le matété à crabes, il y a aussi le calalou-crabes, le colombo de crabes, le dombrés et crabes. De nombreuses recettes qui seront servis à la maison comme en bord de mer ou de rivières, là où Guadeloupéens ou Martiniquais pique-niquent en famille ou entre amis pour célébrer Pâques et Pentecôte. Et pour apprendre encore plus sur la variété de plats fabriqués  à partir de crabes, vous pouvez vous rendre à la 25ème édition de la Fête du crabe de Morne-à-L’-Eau  (Guadeloupe). Voici une recette de matété à crabes empruntée  à Joël Kichenin et publiée dans le supplément de France-Antilles Guadeloupe.

Merci à Joël Kichenin et à France-Antilles Guadeloupe.

Merci à Joël Kichenin et à France-Antilles Guadeloupe.

Repost 0
Published by Myriam Alamkan - dans Avril 2017
commenter cet article
29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 17:45

Je suis contente d’avoir pu rencontrer quelques lecteurs et beaucoup de passionnés au Salon du Livre de Paris. J’y ai même vu une copine historienne que j'ai rencontré pour la première fois dans le même salon, il y a des années : Sabine Andrivon-Milton (à gauche sur la photo), Martiniquaise, spécialiste de l’histoire militaire et également éditeur. Cette année elle exposait sur le stand commun du Ministre de l’Outre-Mer. Elle a dû faire un voyage éclair pour rejoindre la Martinique où dès mardi 28 avril, elle assurait ses cours !

Souvenirs du Salon du Livre de Paris 2017

Notre photographe d’un jour n’était autre qu’Alex J. Uri, journaliste mais aussi auteur qui m’a par ailleurs dédicacer un ouvrage "Alexander et Teresa", paru aux éditions Nestor en 2013. Il m’a lancé un grand défi : lire son roman. Défi parce que moi, il faut qu’un livre  parle de bateaux ou de meurtres horribles pour m’intéresser…et là c’est une histoire d’amour !

Souvenirs du Salon du Livre de Paris 2017

Donc vu que la Guyane fait l’actualité voici : "Le Territoire de l’Inini 1930-1969", édition Ibis Rouge 2016. C’était une colonie « d’administration directe créée en 1930, maintenue en dérogation au  principe d’assimilation et normalisée en 1969. » Pour ceux qui ne le savent pas la Guyane est officiellement département  d’Outre-Mer depuis 1946, cependant le département va coexister  avec le Territoire de Inini du nom d’une rivière qui en 1901 a été le lieu du « dernier rush aurifère de Guyane. »

Vous connaissez déjà mes liens avec Saint-Pierre et Miquelon, voici : « Deux siècles d’histoire à saint-Pierre et Miquelon, 1816-2016, Bicentenaire de la rétrocession de l’archipel à la France » paru en 2016. Je l’ai offert à ma sœur à qui je parle souvent de ma découverte de l’archipel et de la morue qui fait un trait d’union de part et d’autre de l’Atlantique.

Souvenirs du Salon du Livre de Paris 2017

Quittons un temps l’océan Atlantique pour l’immense Pacifique avec deux livres. « La grande pirogue sans balancier »  ‘Ura-Editions Tahiti, 2016, est une traduction annoté par Luc Duflos du journal de maître de manœuvre du Dolphin George Robertson. En 1767, le capitaine anglais Wallis allait être le premier Européen à Tahiti. Le second « Tupaia le pilote polynésien du capitaine Cook » est consacré à Tupaia, Tahitien, diplomate et navigateur qui a été emmené en Angleterre par le capitaine Cook.  Je n’ai rien acheté venant de Nouvelle-Calédonie ou de l’Océan Indien cette année, j’avais fait le plein il y a deux ans

Souvenirs du Salon du Livre de Paris 2017

Et on va compléter nos voyages avec Eliane Sempaire « La dissidence an tan Sorin » Editions Jasor que j’ai prêté il y a des années et qui n’a jamais retrouver sa place dans ma bibliothèque et  de « Basse-Terre, patrimoine d’une ville antillaise » Editions Jasor qui finira comme cadeau à une amie qui le cherchait depuis longtemps.

Repost 0
Published by Myriam Alamkan - dans Mars 2017
commenter cet article
23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 16:24

Je serais en dédicace sur le stand Ibis Rouge, stand P 15 ce week-end. Je suis désolée pour ceux qui sont venus l'an dernier, j'étais absente du fait d'une très méchante bactérie m'avait cloué à un lit à l'hôpital quelques jours. Cette année, je suis en meilleure forme d'où les dédicaces à Paris.

Vendredi à partir de 17h-19h, samedi 10h-12h, dimanche 16h-18h

A bientôt  

Repost 0
Published by Myriam Alamkan
commenter cet article
16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 12:55
Capture de la Dame Ernouf par le HMS Curieux le 8 février 1805. Francis Satorius Junior, National Maritime Museum, Greenwich, Royaume-Uni  Grende

Capture de la Dame Ernouf par le HMS Curieux le 8 février 1805. Francis Satorius Junior, National Maritime Museum, Greenwich, Royaume-Uni Grende

 Cela fait presque un mois que j'ai reçu ce courrier d'un descendant du capitaine Jean Louis Désiré Mailliet. Non vous n'avez pas pu le rencontrer sur le pont d'un bateau mais plus tôt à travers les pages archives car le capitaine Mailliet est né le 28 décembre 1780 à Lorient (56, France) et  il est décédé le 10 octobre 1856 à Quimperlé (29, France).

Entre ces deux dates, il a eu une riche vie maritime. Capitaine au long cours, il a vécu à Lorient et à Bordeaux. Il a été ami de Surcouf, Le Même, Pineau, Grassin. En 1811, il devient capitaine du brick corsaire Le Diligent armé en Guadeloupe par Goyon. Si vous avez lu mon dernier livre le nom de Grassin et de Goyon vous sont familiers car ils ont opérés en Guadeloupe pendant les guerres de la Révolution Française et du Premier Empire. Mais voilà, mes bases de données s’arrêtent en 1810 et je ne trouve pas trace de la carrière de Jean Louis Mailliet.

Une autre piste nous est fournie pas son descendant qui précise que M. Mailliet a été incarcéré sur les pontons anglais à Plymouth. Donc j’ai cherché dans ma basse de données des prisonniers français qui couvre une période plus large puisqu’elle s’étend jusqu’en 1814. Mais voilà, comme je le dit à toutes les personnes qui se lancent dans la recherche en archives : les archives ne sont pas Google, ce n’est pas classés de façon naturelle mais suivant une logique administrative. Dans notre cas, mes sources sont classées par bateau et non par individus. Donc retour au Diligent.

Un bateau nommé Diligent venu de Lorient a bien été capturé en  1806 par les Anglais sauf qu’il était commandé par M. Thévenaud, le capitaine Mailliet pourrait être simplement capitaine de prise durant la croisière qui l'a finalement conduit sur les pontons anglais? Après cette première impasse, je me dit que le Diligent a pu entrer sous un autre nom dans les archives anglaises  car Le Diligent a eu une carrière longue. Nous le connaissons au moins sous deux autres noms : la Dame Ernouf et le Général Ernouf. Donc je vérifie si ces bateaux apparaissent dans ma liste et bingo ! La Dame Ernouf, corsaire de Guadeloupe a été capturé le 19 pluviôse an 13 (8 février 1805) et conduit à Barbade. C'est cette capture qui est notre illustration du jour.

Le Général Ernouf a lui sauté après avoir pris feu durant un combat le 20 mai 1805. Cinquante-cinq hommes ont réchappé à l’explosion mais il n’y a aucun détail sur le lieu où ils ont été conduits. Si vous avez lu mon dernier livre vous savez qu’il y a eu au moins deux bâtiments connus sous le nom de Général Ernouf, ce qui rend la recherche du bateau commandé par le capitaine Mailliet encore plus difficile. Mais nous avons au moins trois pistes à vérifier et cette fois dans les archives anglaises.

Vers 1816, mon correspondant, m’indique qu’il s’installe à Bordeaux, qu’il prendra le commandement du trois-mâts La Sophie pour le compte de l’armateur Balguerie junior. Puis il naviguera dans l’océan Indien à l’île Maurice, La Réunion et Les Seychelles jusqu’à 1820. Après cela il ne trouve plus sa trace. Il nous signale également l’existence d’un frère : Jean Baptiste César Mailliet.

Il se maria en Martinique avec Marie Rose Emilie Morel le 31 mars 1810, sans rien préciser sur la commune. Puis il meure à Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, le 12 novembre 1823. Il nous précise que ce denier fut tantôt marin mais aussi parfois aubergiste. Donc avec ses maigres informations, je me lance dans les archives de l’état-civil pour voir si les actes peuvent nous donner d’autres indices. Et là surprise : il n’y a pas d’acte de décès à cette date pour les archives de la ville de Pointe-à-Pitre au nom de Jean Baptiste César Mailliet. Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, des erreurs de transcriptions existent.

Cela m’a pris un mois, et je n’ai pas beaucoup avancé. C’est donc à vous chers lecteurs de jouer. Si vous avez des renseignements qui pourraient aider  à mieux connaître les frères Mailliet, vous écrivez au blog et je transmettrai le tout au descendant de M. Mailliet. Merci de votre aide.

Repost 0
Published by Myriam Alamkan - dans Mars 2017
commenter cet article
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 16:30

Bonjour, je me fais rare en ce moment, parce que je suis en plein travail d'écriture. Cependant, aujourd'hui j'ai répondu à l'invitation d'Eric Lefevre pour son émission radio "Hier et ailleurs". L'émission est à écouter ce soir à partir de 18h25 sur Guadeloupe 1ère avec une rediffusion samedi 18 à 7:30 puis il sera mis en ligne sur le lien suivant pour tous mes lecteurs qui vivent outre-mer (lol)!

La thématique est l'histoire de la chasse à la baleine. Une chasse faite par des pêcheurs au large des Antilles. Retour sur les aventures américaines de cette chasse légendaire avec même un soupçon d'histoire de corsaire de Guadeloupe qui ont capturé un baleinier parti de Nantucket quasiment 2 ans auparavant... Et pour plus, il faut écouter la radio!

A bientôt

 

Repost 0
Published by Myriam Alamkan - dans Mars 2017
commenter cet article
21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 15:06

Il y a quelque temps, j’ai discuté avec un de mes lecteurs (oui oui vous pouvez m’envoyez des questions) qui m’a suggéré de vous parler de l’histoire d’un quartier de Pointe-à-Pitre : le Carénage. Mais avant de nous y promener, je me suis dit que la majorité d’entre vous pensent que Pointe-à-Pitre : c’est n’est que le nom d’une ville.

Or la ville que nous connaissons a été tout d’abord nommée : ville du Morne Renfermé. Alors d’où vient le nom Pointe-à-Pitre ? Cette question a été l’une des plus discutée de l’histoire de la ville. Et on trouve divers récits contradictoires dont le plus célèbre raconte que « pitre » serait une déformation du nom d’un pêcheur hollandais, Peter, qui y avait une maison.

Voilà ce qu’indique le guide de Pointe à Pitre, ville d’art et d’histoire (Monum, éditions du patrimoine, 2006) :

« L’origine de Pointe-à-Pitre s’est longtemps cantonnée à une extrapolation linguistique. Il proviendrait de pointe à Peter, du nom du pêcheur hollandais installé au XVIIe s. sur une pointe faisant face à l’îlet à Cochons. Cette explication est aujourd’hui largement remise en cause. La carte de l’ingénieur François Blondel, de 1667, mentionne certes un « morne de Pitre », un « marigot de Pitre » ; sur d’autres cartes figure un « îlet à Pitre » ou une « rivière à Pitre ».

Notre Peter résidait-il à la fois sur un morne, sur un îlet et dans un marigot ? Le mot Pitre serait plus conforme à une toponymie se référant aux caractéristiques naturelles du milieu. La pite (pitera en espagnol) est une sorte de corde tirée d’un agave, le karata (« langue de bœuf »), assimilée au chanvre par les Européens. Cet agave, répartie sur des îlets, des pointes et autour du marigot attire, dès le XXVIe s., les Espagnols dans la baie. Une ville y naîtra deux siècles plus tard. »

Dans le dictionnaire de marine à voiles des capitaines de vaisseau Pâris et de Bonnefoux, réédité en 1999 (édition du Layeur), on trouve encore ce mot pite ou pitte comme étant un cordage fait à partir « d’une pièce d’aloès, et qui comme le bastin, a la propriété de flotter ». Nous pouvons juste dire que le mot pitre semble désigner une réalité pour le monde francophone des Antilles car en plus de la Guadeloupe, on trouve une Anse-à-Pitres commune d’Haïti, ancienne colonie française de Saint-Domingue. Ce serait intéressant que les lecteurs haïtiens nous fassent part de leur explication sur l’origine du mot pitre. On pourrait alors comparer nos expériences, mais pour l’instant retour en Guadeloupe.

Dans le « Petit atlas maritime, recueil des cartes et plan des quatre parties du monde » volume 1 édité par ordre du duc de Choiseul, par S. Belin en 1764, il n’y a pas mention d’une pointe à pitre ni d’une ville portant ce nom. A la place il y a une grande paroisse nommée : paroisse des Grandes et Petites Abimes (sic). Le Fort Louis s’élève sur une pointe presqu’à la frontière avec la paroisse du Gosier, tout à l’est.

Il faut consulter cette deuxième carte pour voir apparaitre le toponyme ilet à Pitre, la ville Pointe-à-Pitre n’apparaît pas mais on voit nettement un bourg qui comprend quelques maisons et une église autour d’un port.

En matière nautique une pointe est : « un sorte de cap, langue de terre ou suite de rochers qui se prolonge vers la mer » (Dictionnaire de la marine à voiles, Pâris et de Bonnefoux). C’est le cas pour l’îlet à Pitre, qui va devenir ainsi « Pointe-à-Pitre », l’originelle.

Cet îlet n’existe plus maintenant mais en face de l’îlet à Cochon, il existe de nos jours une  langue qui marque l’entrée de la passe pour se rendre au port de Pointe-à-Pite derrière le Village Viva. Cette langue de terre est parfois indiquée comme étant « la digue » par référence aux travaux de la Marina qui été construite dans l’ancien étang.

Voici quelques photos anciennes du quartier de Bas du Fort qu'on traverse encore aujourd'hui pour se rendre au Village Viva. 

Les vues modernes ont été faite derrière le Village et depuis la Pointe Fouillole. C'est tout ce qui reste de la Pointe-à-Pitre originelle. Et pour le Carénage rendez-vous à un autre article.

Repost 0
Published by Myriam Alamkan - dans Février 2017
commenter cet article
21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 11:12

Bonne année 2017. Je suis à Paris pour quelques jours durant cette petite vague de froid qui me fait regretter chaque jour mes tropiques. A Paris,ce matin -8° brrrr.  Bientôt, je serai à la maison. Donc après ce long silence pour raison de santé. Je vais mieux bien que glacée et donc je reprends mon activité de vulgarisation de l’histoire maritime des Antilles.

C’est le 13 février 1805, que le brik américain la Favorite quitta le port de Boston, dans le Massachussetts, chargé de 130 tonnes de glace pour Saint-Pierre en Martinique qu’il aborde le 5 mars 1805.

C’est une grande première que cette arrivée d’une cargaison de glace en Martinique qui va permettre le développement de ce commerce particulier en accordant par arrêté du 5 nivôse an XIV (26 décembre 1805) un privilège de 10 ans pour la vente de glace à messieurs W. Tudor et J. Savage dans la colonie.

Si l’on signale bien la construction d’une glacière à Saint-Pierre à partir des années 1819, je ne connais pas son emplacement. Il n’y a pas de glacière concervée au titre des monuments historiques en Martinique. En revanche, en Guadeloupe, la glacière de Basse-Terre (Guadeloupe) qui a été inscrite et conservée.

A partir de ces glacières implantées dans les villes portuaires, les plus riches ont pu refroidir leurs boissons et les aliments. En 1880, la première fabrique de glace artificielle s’implante à Pointe-à-Pitre (voir Saint-Pierre du Matouba, à l’origine de la commune de Saint-Claude, Gérard Lafleur, Edition Karthala2014). L’accès à la glace se démocratisera progressivement dans l’ensemble des communes de la Guadeloupe.

Dans les années soixante, mon papa achetait de la glace à Cofrigo aux Abymes dans une « goélette » Renault pour vendre de la glace et des boissons gazeuses à Petit-Canal et à Port-Louis durant les petites vacances scolaires et les week-ends.

Cette nouvelle façon de conserver la nourriture conduira également à l’importation des premiers réfrigérateurs, mais aussi à la naissance de deux incontournables des bonnes sorties de plage : le sorbet au coco et le sinobol (glace râpée au rabot surmontée de sirops de grenadine, de menthe ou d’orgeat). Voilà tout a commencé par des pains de glace venus du Massachussetts.

Repost 0
Published by Myriam Alamkan
commenter cet article
17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 13:37

Saint-Martin n’est pas qu’un centre commercial à ciel ouvert. De son riche passé historique, il reste encore quelques vestiges comme le Fort Amsterdam. Il a été construit par les Hollandais en 1631 près de Philipsburg en partie néerlandaise. Il n’est pas uniquement le plus ancien fort construit par les Hollandais dans la Caraïbe mais il a aussi une histoire particulière car ce fort est dans les documents officiels français l’équivalent d’un bateau corsaire français.

Cette histoire de corsaire débute avec  la capture d’une goélette américaine la Sally durant la Révolution française.

« La Sally, goélette, capitaine James McGregor. Port d’attache Savannah. Sortie de Saint-Thomas en 1799. Capturé par un corsaire français au environ du 1er mai et emmener à Saint-Martin. Le bâtiment et sa cargaison ont été jugés de bonne prise en Guadeloupe le 2 Messidor an 7 (20 juin 1799). Cependant sa perte a également été signalée à Saint-Barthélémy. » (Extrait de "The French assault on American shipping, 1793-1813. Greg H. Williams", McFraland. Page 316).

Lorsque vous lisez les archives françaises, l’histoire est un peu différente. La Sally a été capturée non pas par un corsaire mais par les canons du Fort Amsterdam. Le 2 Messidor an 7 (20 juin 1799), le tribunal de Guadeloupe conclue un procès débuté le 9 Prairial an 7 (26 mai 1799). Toute la phase d’investigation a été faite par le délégué français de la Guadeloupe à Saint-Martin, monsieur Dormoy. Le bâtiment et la cargaison ont été validés comme prise parce que les Français n’ont pas retrouvé de documents officiels tels que la charte-partie ou le connaissement. A cause de ce jugement, la France a pu considérer que les canons du Fort Amsterdam étaient une personne morale à l’image des bateau corsaire disposant d’une lettre de marque française parfaitement légale tout en demeurant un fort hollandais qui ne pouvait faire de demande officielle de lettre de marque auprès l’administration française. Une « personne » qui a reçu une gratification pour sa prise et qui apparaît dans les documents officiels français comme un capteur et pour découvrir les autres aventures des corsaires français de la zone, vous pouvez lire ou relire « Vous irez porter le fer et la flamme », mon dernier ouvrage sur le sujet.

Repost 0
Published by Myriam Alamkan - dans Décembre 2016
commenter cet article