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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 14:07

Je vous transmet cette invitation reçue du président Daniel Matias:

"L'aventure continue ! Les pêcheurs guadeloupéens sont toujours là pour désigner le meilleur roman francophone de l'année. Ils ont choisi le Tunisien Mohamed Bouregat pour son roman Les Fiers (L'Harmattan) sur un village sans monument aux morts qui se cherche un cadavre de poilu. Malheureusement, il ne pourra pas être des nôtres car il met en scène Les Misérables au même moment.

Mais d'autres passagers ont embarqué à la rencontre de mondes inconnus. Portés par notre volonté de démocratiser la culture, nous avons créé un nouveau prix attribué par des lycéens professionnels. Le Prix Charles-Henri Salin. Pendant plusieurs mois, 26 élèves de 2de Esthétique et de 2de Systèmes électroniques numériques ont planché sur des BD reportage, les entrainant sur les routes de l'Afghanistan, du Mexique ou encore de l'Algérie.Ils viennent de choisir Arraigo, une BD des Belges Van Linthout et Fischer (éditions La boite à bulles).

Le nom du prix est un hommage à un lycéen guadeloupéen tué sans raison par un gendarme en 1985.

Notre festival du 8 au 12 juin à Port-Louis et Morne-à-l'Eau pour l'essentiel sera aussi l'occasion de transporter l'école dans la rue. Une dictée populaire en plein air permettra aux petits et aux grands de se laisser porter par le courant des langues françaises et créoles.Ce sera le samedi 11 juin en plein air à Port-Louis

Amateurs de culture et de rencontres, ou simples curieux, tout le monde est le bienvenu sur les quais à l'occasion de la 2e édition du Prix des marins-pêcheurs guadeloupéens.La culture peut être riche et populaire à la fois.

Les lauréats du Prix Charles-Henri Salin seront eux bel et bien là. L'un d'eux, Georges Van Linthout, a participé à l'aventure de Spirou magazine.

Les lectures en mer et la cérémonie de remise des prix auront lieu le vendredi 10 juin à Vieux-Bourg (Màl'Eau). "

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Published by Myriam Alamkan - dans Mai 2016
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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 16:29

La dernière fois que je suis allée à la Pointe Simon, c’était pour voir d’un peu plus près la Tour Lumina ou la tentative de Fort-de-France de se doter d’un immeuble d’acier, de verre, et de béton qui détonne dans le paysage. Je suis peu sensible aux immeubles modernes. Et de toute façon, je préfère les bateaux donc, je voudrais évoquer avec vous le bac de la Pointe Simon.

Aujourd’hui la Pointe Simon abrite un appontement de 300 mètres dévolu à l’accueil des bateaux de croisières mais cela n’a pas toujours été le cas. En 1813, la Pointe Simon servait au petit cabotage avec le centre-ville de Fort-de-France.

Voici un extrait du Code de la Martinique du 25 novembre 1813 :

« Ce bac étant une propriété particulière ainsi que le chemin auquel il conduit, et les dépenses qu’il occasionne se trouvant à la charge des propriétaires, il est juste que ceux qui voudrons profiter de l’agrément que procure cette embarcation, au lieu de se servir du chemin royal et public, dédommagent les propriétaires dudit Bac en satisfaisant au péage suivant le tarif ci-après, que nous avons approuvé et approuvons pour être exécuté sous les peines de droit par toutes personnes de quelque qualité et condition qu’elles puissent être et qui se serviront du Bac sous quelques prétexte que ce soit.

TARIF

Un cavalier avec son cheval, (à chaque passage) 4 sous marqués.

Un blanc à pied, à chaque passage 2 sous marqués.

Un homme de couleur libre, 1 tempé.

Pour 1 esclave, 1 sous marqué.

Ceux qui le préféreront feront leur abonnement séparé avec les propriétaires.

Mandons aux officiers de justice et de police, de tenir la main à l’exécution du présent ordre. Donné au Fort-Royal, le 25 novembre 1813. »

Les sous marqués ont laissé quelques souvenirs dans le créole guadeloupéen. Le soumaké (Senna bicapsulairis) a ses feuilles qui rappelle la forme de la pièce dite « sous marqué ». C’est peut-être pas la seule explication à ce nom mais elle est, reconnaissons-le, est fort à propos.

Après cet intermède botanique et la découverte de la chaîne youtube du Conseil Général de la Guadeloupe que je découvre aujourd’hui grâce à vous retour à l’histoire monétaire des îles. La Martinique tout comme la Guadeloupe avait des difficultés pour faire l’appoint et payer les petites transactions. Le même phénomène se rencontrait au Canada français.

En Guadeloupe, la pièce de 2 sols soit 24 deniers était connu sous le nom de sous marqué et voilà ce qu’en dit Alain Buffon dans son ouvrage « Monnaie et crédit en économie coloniale : contribution à l’histoire économique de la Guadeloupe 1635-1919 (Société d’histoire de la Guadeloupe, 1979):

« Edit d’octobre 1738, fabrication pour le royaume de pièces de double sols de 24 deniers ; cette pièce circule aux Antilles au cours de 2 sols 6 deniers et sous le nom de marqué ou noir où noir où elle servit pendant de nombreuses années à couvrir les besoins en menue monnaie.

Edit de janvier 1763 : « lesdites espèces (de juin 1721 et de décembre 1730) se trouvant presque entièrement épuisé, et nos colonies ayant besoin plus que jamais de menues monnaies qui puissent fournir aux appoints de petits détails », S.M ordonne la réformation de 600.000 espèces de billon « pour faciliter davantage le commerce et procurer plus de soulagement aux pauvres ». Ces petites espèces connurent un très gros succès aux Antilles, où elles circulèrent sous le nom de tampé (estampé= poinçonné). Pour en empêcher la sortie, une ordonnance locale du 15 juin 1764 en avait fixé la valeur à 2 sols 6 deniers. Ces précautions n’ayant pu en arrêter entièrement l’exportation, l’ordonnance du 31 mars 1765 en porte la valeur à 3 sols 9 deniers. En vain, elles circulèrent dans la plupart des petites Antilles et sur les côtes de l’Amérique du sud. » ( p 51/52).

Quel beau voyage avons-nous fais ensemble grâce au bac de la Pointe Simon: de l'histoire maritime, un peu de botanique et d'histoire monétaire!

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Published by Myriam Alamkan - dans Février 2016
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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 14:06
A bord le navire étant sur le pont: présentation du CD de Chants de Marins de la Guadeloupe

Si vous ne connaissez pas les premières couplets de ce classique des chants de marins de Guadeloupe, c'est l'occasion d'une cession de rattrapage pour être au point pour les célébrations du 15-Août, fête de la Vierge et des marins dans différentes communes du département.

Rendez-vous ce vendredi à Saint-François pour la présentation du CD de chants de marins de La Désirade et de Saint-François, à la Rotonde à 19h.

Non, je ne chanterais pas. Je le fais à l'occasion dans mes conférences mais là ce sont les marins et leurs familles qui serons à l'honneur. Je viendrai faire une petite présence vue mes autres engagements. J'ai modestement participé à ce projet et vous pouvez faire un tour sur le site officiel qui est consacré au CD pour ceux qui veulent en savoir plus.

"La Ville de Saint-François, Repriz (Centre des musiques et danses traditionnelles et populaires de Guadeloupe), la Chorale du Levant de Saint-François et l'Office de Tourisme de Saint-François, ont le plaisir de vous inviter à la présentation du double CD "Chants Marins en Guadeloupe : La Désirade & Saint-François".

Cette présentation se déroulera le Vendredi 22 Janvier 2016 à 19h00 au Foyer Central du Bourg de Saint-François.

Ce CD est un nouveau support qui participe à l'effort de sauvegarde du patrimoine maritime de la Guadeloupe qui atteste du travail de longue haleine entrepris par les marins eux-mêmes et par le Centre Rèpriz pour pérenniser une tradition qui compte parmi les plus anciennes de Guadeloupe.

Venez nombreux découvrir une autre facette de notre culture." (extrait de la publication de Commune de Saint-François sur Facebook, du 18 janvier 2016)

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Published by Myriam Alamkan - dans Janvier 2016
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 22:19

Ginette, une de mes lectrices, m’a posé des questions sur Pongol la semaine dernière. Donc j’ai décidé de publier ce texte plus long sur la pratique de la fête de Pongol. C’était la seule fête inscrite dans le contrat des engagés indiens qui leurs accordaient ainsi 4 jours de célébrations. Pongol est une fête non confessionnelle bien qu’en Guadeloupe elle est souvent perçue comme hindouiste. La confusion entre Indien/hindou est un raccourci rapide car tous les immigrants indiens n’étaient pas tous hindouistes. Dès le 19ème siècle, Pongal est à la fois une fête des récoltes et d’action de grâces. Elle est tombée en désuétude en Guadeloupe durant le 20ème siècle avant d’être de nouveau célébrée durant le 21ème siècle. Cependant, Pongal est toujours célébrée en Inde sous divers noms.

Lorsque ce texte paraît dans l’Ami de la Religion et du Roi en 1855, l’immigration indienne a débuté en Martinique en 1853 et en Guadeloupe en 1854. Ce texte s’intitule « les Indiens idolâtres de la Martinique » mais il est repris d’un journal local le Moniteur de la Martinique et rien n’indique que ce titre était celui de l’article original. Cependant, ce texte est intéressant car il montre le regard de la société coloniale de la Martinique sur une tradition des nouveaux immigrants indiens. Il va paraitre dans divers journaux français en Europe sous des titres divers dont « la Fête de Pongol ». Il sera ensuite cité par le chercheur géographe, Singaravélou dans « les Indiens de la Guadeloupe » (1975).

La fête actuelle de Pongal célébrée par le CGPLI (Conseil Guadeloupéen pour les Langues Indiennes) est une nouvelle manière de célébrer cette fête des moissons. Elle n’est pas fermée sur les « Indiens de Guadeloupe » mais bien ouverte à tous. Vous pouvez d’ailleurs réserver votre colombo traditionnel en ligne cette année. La fête actuelle est différente dans son déroulement et vous pourrez noter toutes les différences entre la fête de 1855 et sa version actuelle.

Pongol en Martinique 1855

« C’est le premier de l’an que les Indiens, ont commencé, à la Martinique, leur fête de Pongol ; fête qui doit durer quatre jours. Au lever du soleil, plusieurs d’entre eux, désignés dès la veille, vont chercher des branches vertes pour recouvrir la charpente d’une grotte élevée dans l’enceinte d’un ancien manège converti en moulin à vapeur. L’emplacement est grandiose et se prête au développement de la fête. La grotte, artistement travaillée, est surmontée d’arcades en verdure ornées de guirlandes et de fleurs, et la porte, de forme cintrée, est beaucoup plus petite. Au fond une grotte s’élève un petit tertre, où sera placée la pagode qui présidera à toute la fête. Cette espèce d’autel se compose presque entièrement de bouse de vache. On connaît le respect des Indiens ont pour cet animal. Ils ont une singulière vénération pour les cendres de ces excréments ; et leur principale espérance du bonheur futur consiste à pouvoir mourir dans le Gange, fleuve sacré, en tenant un de ces quadrupèdes par la queue.

Pendant que ces préparatifs s’achèvent, les Indiens, armés de morceaux de verre bouteille fort tranchants, se rasent réciproquement le menton et la tête, ne respectant que la longue touffe de cheveux qui doit servir à l’ange présidant à leur destinée à les transporter au ciel. Après ces premiers soins donnés à leur toilette, ils se rendent au bord de la mer, et, à un signal, ils se précipitent vers les flots. Ils font de nombreuses ablutions et procèdent à la purification des objets qui serviront à la cérémonie et au sacrifice. Ceux qui doivent remplir les rôles principaux se revêtent de costume qu’ils ont eu soin de préparer.

Pendant ce temps le maître des cérémonies préside à la formation de la pagode. Il dresse, dans un vase de cuivre apporté de l’Inde, une pyramide formée de feuilles de manguier et il la recouvre entièrement de guirlandes de fleurs. Au sommet se trouve un beau citron jaune figurant une petite boule d’or.

La pagode est placée sur un tapis de feuilles de bananier, et c’est alors que commence véritablement la fête. L’Indien qui doit porter l’idole à la grotte s’avance ; son air est grave, sa démarche est lente, ses longs cheveux entrelacés de fleurs sont relevés au sommet de sa tête ; c’est le trône destiné à la pagode pendant la procession. Le haut du corps est nu, mais enduit d’une couleur jaune représentant assez habilement, au moyen de tatouages, une cote d’armes. Le reste du corps est entouré d’écharpes de diverses couleurs produisant un joli effet.

L’aide des cérémonies, après avoir brulé de l’encens et brûlé des cocos dont l’eau est rependue sur les fruits placés au pied de l’idole, donne un signal. A ce signal, chacun se prosterne et vient, en rampant, adorer le symbole de son culte. Plusieurs paraissent inspirés ; des chants se font entendre.

Le silence se rétablit bientôt, et le maître des cérémonies soulève la pagode avec respect et la place sur la tête de l’Indien à qui est réservé l’honneur de la porter à la grotte. Celui-ci, ayant à ces côtés deux hommes armés de coutelas, s’avance gravement, précédé de deux autres Indiens portant des lances ornées de citrons jaunes. Au devant des licteurs et à quelques pas de distance, on voit deux autres hommes revêtus de costumes bizarres, tenant des longs bâtons dans chacune de leurs mains. Ils combattent tout en marchant : on dirait un bon et un mauvais génie, Oromaze et Arimane.

Pendant le trajet, des cris sauvages se font entendre. Arrivé dans la grotte, celui qui porte la pagode hésite ; il avance, il recule, il semble saisit de convulsions ; chez lui l’exaltation religieuse est à son comble.

Et cependant il ne peut franchir l’entrée de la grotte. Mais un Indien paraît ; son costume est celui d’un guerrier ; il est armé d’un long coutelas ; il s’élance, il combat, il triomphe. Le visage du porteur de la pagode s’épanouit aussitôt, il fait entendre un cri de joie et, radieux, va déposer l’idole sur le tertre au fond de la grotte. Des chants et des danses commencent à l’instant même, pour ne cesser qu’avec la fête.

Pendant tous les divertissements, des fruits de toute espèces, des cocos et figues surtout, du pain et des boissons sont déposés au pied de la pagode. L’encens brûle et sert à la purification des mets.

La scène change. On dresse devant la grotte un fourneau, sur lequel on fait cuire du riz avec du lait dans un vase neuf, pour tirer les augures de façon à ce que le lait bout. Dès qu’on aperçoit les premières ébullitions, les Indiens crient Pongol ! qui veut dire il bout. Le riz est présenté d’abord à l’idole ; après quoi tous les assistants en mangent un peu.

Après cette cérémonie le sacrifice commence. On met sur l’autel des cendres sacrées de bouse de vache. Chaque Indien s’en frotte le front, la poitrine et les deux épaules, afin de se purifier de tous ses péchés. Deux innocents agneaux, don du propriétaire, sont amenés face à la grotte. Ils sont parés de fleurs. Le maître des cérémonies, aidés de quatre Indiens, verse sur eux de l’eau lustrale, leur en fait boire et les parfume avec l’encens. Cependant, les aides les saisissent aux extrémités, et le guerrier qui a mis en fuite le mauvais génie reparaît et d’un seul coup de cimeterre abat la tête des victimes. Des cris d’allégresses retentissent, et les agneaux sont emportés pour servir au repas du lendemain.

Pendant le reste de la fête, les Indiens se reposent la journée et se livrent le soir à des danses de caractère qui ne manquent pas d’originalité. Vers le soir de la quatrième journée ils enlèvent la pagode et vont en cérémonie la jeter à la mer. » Source: "L'Ami de la religion et du Roi : journal ecclésiastique, politique et littéraire", pages 495 à 497, 02/27/1855.

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Published by Myriam Alamkan - dans Janvier 2016
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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 12:20

Nous connaissons peu l’histoire des Acadiens aux Antilles ou en Guyane car l’essentiel de l’enseignement en histoire met principalement l’histoire européenne en valeur. Or c’est bien une histoire américaine qui permet de découvrir nos liens avec les Acadiens. Ce peuple d’origine française (bien qu’aujourd’hui, il existe aussi des Acadiens anglophones) est installé en Amérique du Nord et particulièrement dans la région connue actuellement comme les Provinces Maritimes canadienne.

Découvrir l’œuvre de Maxime Arseneau : Théotiste Bourgeois une histoire des Acadiens au 18ème siècle

A partir de 1604 les Acadiens ont connu une histoire particulière dans l’histoire coloniale française en Amérique du Nord. Les rivalités entres Anglais et Français se sont régulièrement soldés par des changements d’allégeances de leurs colonies respectives. Ainsi les nombreux changements qui ont touché les Antilles n’ont jamais conduit à la déportation de la population d’origine européenne des îles.

Cependant les Anglais ont déporté les populations amérindiennes de l’île de Saint-Vincent en 1796 vers l’île de Roatan au large du Honduras. Mais le précédent fut bel et bien la déportation organisée des Acadiens français en 1755 par Charles Lawrence. Cette déportation est connue sous comme étant le « Grand Dérangement ». Nous connaissons mieux l’ex Acadie française sous leurs noms anglais : la Nouvelle Ecosse, l’Ile du Prince Edouard, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et le Labrador car en 1713, ces territoires sous administration française vont devenir Anglais.

Découvrir l’œuvre de Maxime Arseneau : Théotiste Bourgeois une histoire des Acadiens au 18ème siècle

C’est à Maxime Arseneau, historien et romancier, que je vais laisser vous raconter une partie de cette histoire qui est décrite dans son œuvre de fiction retraçant l’histoire de Théotiste Bourgeois.

Découvrir l’œuvre de Maxime Arseneau : Théotiste Bourgeois une histoire des Acadiens au 18ème siècle

Myriam Alamkan : Bonjour Maxime et merci d’avoir accepté de répondre à cette interview. Nous nous sommes rencontrés à Saint-Pierre et Miquelon où j’ai assisté à votre conférence. Théotiste Bourgeois, n’est pas uniquement un personnage de roman, pourriez-vous nous la décrire ?

Maxime Arseneau : Théotiste Bourgeois, avant d'être un personnage de roman, est d'abord une jeune acadienne qui vécut au XVIII ième siècle. Elle est née en 1742, elle avait donc une douzaine années au moment de la Déportation des Acadiens. Malgré qu'une grande partie de la famille, du côté de sa mère, fût embarquée sur les navires venus de Boston pour être déportée dans les colonies anglaises de la côte américaine, notre héroïne, orpheline de père, fut en mesure de fuir la déportation en se cachant dans les bois. C'est alors que débuta une vie d'errance et de misère. On peut l'imaginer, avec sa mère veuve, avec ses frères et sœurs, avec ses grands-parents, aidé par leurs amis les Micmacs, fuyant les soldats anglais. Jamais ils ne perdront espoir et beaucoup de vieillards et d'enfants périront durant ce long exil. Une longue marche qui durera des années. D'abord la guerre qui ne finit plus... Théotiste se mariera à l'aube de ses dix-neuf ans à Pierre Arseneau dit Bénéry...deux semaines à peine après la dernière bataille entre les Français et les Anglais en Amérique, avant la Conquête et la cession de la Nouvelle-France à L'Angleterre. Ils sont à Restigouche. Ils auront une petite fille au moment où le jeune couple, avec le clan des Vigneau, rejoindra à Miquelon ceux venus de Boston. Pourquoi Miquelon? Parce que la France n'a conservé que cet archipel dans l'Atlantique Nord, essentiellement pour des raisons ayant traits à la pêche... Théotiste et les siens n'y trouveront pas nécessairement la paix... deux autres déportations, cette fois vers la France, à La Rochelle, les attendront. La dernière, à cause de la guerre d'indépendance américaines.(1776-1783) Une vie de réfugiés. Théotiste perdra cinq de ses huit enfants... puis, en 1780, ce sera son mari...

Rien ne l'arrêtera! Elle reviendra à Miquelon avec les enfants qui lui restent et recommencera pour ième fois à reconstruire sa maison, son jardin, sa vie... jusqu'à ce que la Révolution française les chasse de nouveau vers les îles-de-la-Madeleine. C'est là qu'elle finira ses jours, entourée de ses enfants et petits-enfants...

Myriam Alamkan : Quand on choisit de décrire un personnage féminin, on s’intéresse généralement au quotidien. Comment avez-vous pu reconstituer les éléments du quotidien pour le rendre crédible ?

Maxime Arseneau :En fouillant, cherchant à découvrir comment vivaient mes ancêtres Acadiens en Amériques avant la déportation, puis comment vivaient les Micmacs, leurs amis qui furent pour beaucoup dans leur survivance... récits de voyage, descriptions d'architecture de maisons, alimentation, et finalement toutes les facettes de la vie. Les seuls aspects qui sont romancés sont en réalité les différents moments de la vie: naissances, mariages, sépultures. Comme tous les personnages, historiques ou de la généalogie des Acadiens, sont de vrais personnages, le fait de romancer ces événements me permit d'ajouter, à un fond historique, des sentiments...

Myriam Alamkan : Nous sommes assez dépourvus de documents familiaux anciens comme des lettres personnelles, des journaux pour décrire le quotidien des populations françaises du 17ème ou du 18ème dans les Antilles françaises et la Guyane. Il ne nous reste que des témoignages de voyageurs comme les prêtres missionnaires. A partir de quelles sources documentaires avez-vous pu travailler ?

Maxime Arseneau : J'ai d'abord accordé une place importante à la trame historique. Puis, pour être certain de respecter la ligne de vie de mes personnages, je me suis assuré de vérifier le plus possible avec les recensements. Il s'agit d'un des outils parmi les plus faciles d'accès. Ainsi, ce sont les recensements qui décidaient de la vie et la mort des personnages... Les différents registres fournissent aussi des indications du temps qu'il fait, des évènements importants se déroulant... Internet est maintenant une source d'information illimitée, avec de la patience et de l'imagination!

Myriam Alamkan : L’histoire de Théotiste Bourgeois est aussi celle d’un très long voyage depuis Beaubassin en Acadie jusqu’aux îles de la Madeleine au large de la Gaspésie, dans la province de Québec où elle va finalement s’installée. Quels sont les grandes étapes de son « Grand dérangement » personnel ?

Maxime Arseneau :Naissance:1742

Incendie de son village, Beaubassin: 1750

Déportation des Acadiens demeurant en Nouvelle-Écosse: 1755

Son mariage à Restigouche: Juillet 1760 (Après une décennie exil)

Naissance de sa première fille, Marie-Scholastique Arseneau: 1761, à Chédabouctou.(Nouvelle-Écosse)

Arrivée À Miquelon, où elle fera baptiser sa fille : 1764.

Première déportation vers la France: Automne 1767.

Découvrir l’œuvre de Maxime Arseneau : Théotiste Bourgeois une histoire des Acadiens au 18ème siècle

Naissance de son fils Pierre (elle avait déjà perdu un bébé à Miquelon): à La Rochelle: printemps 1768.

Retour à Miquelon: été 1768. Elle aura quelques enfants durant les années suivantes... dont un autre fils qui portera le prénom de Charles).

Deuxième déportation en France: Automne 1778, à La Rochelle.

Décès de son mari et de plusieurs de ses enfants en bas âges: 1779-1780.

Retour à Miquelon: 1784.

Les Acadiens sont chassés de Saint-Pierre et Miquelon par la Révolution française: 1793-1793.

Théotiste arrive aux Îles avec ses trois enfants: 1793.

Décès de Théotiste Bourgeois aux Îles-de-la-Madeleine: 1826.

Myriam Alamkan : Quels étaient les conditions de vie lors de l’arrivée des Acadiens aux îles de la Madeleine ?

Maxime Arseneau : Ils rejoignaient des leurs, des membres de leurs familles... Ils étaient peu nombreux à l'époque. Essentiellement, les Acadiens vivaient de la pêche. Aux Îles-de-la-Madeleine, ils avaient pratiqué la chasse à la vache-marine pour le bénéfice du colonel Richard Gridley... mais l'espèce est pratiquement exterminée au moment où les Acadiens de Miquelon les rejoignent. La pêche fut de tout temps l'activité principale des habitants. L'agriculture de survivance était obligatoire, mais peu intéressante à cause de l'incertitude quant à la propriété des terres, puisque les Îles furent cédées au sieur Isaac Coffin en 1798, comme une seigneurie... Cette situation ne fut pas sans causer beaucoup de soucis aux Acadiens. Cent ans après le Grand Dérangement, une partie de ces Acadiens doit quitter de nouveau vers la Côte Nord du Golfe Saint-Laurent...

Myriam Alamkan : L’histoire de Théotiste Bourgeois va se décliner en une trilogie, que couvre-t-elle ?

Maxime Arseneau :

Tome I: Théotiste Bourgeois, Le Drame de Beaubassin. (Période historique qui couvre la Déportation)

Tome II : Théotiste Bourgeois, Les enfants du Roy. (Période historique couvrant la Guerre de sept ans, la guerre d'indépendance américaine.)

Tome III : Théotiste Bourgeois, Il existe un coin charmant. ( Titre provisoire, couvrant le traité de Paris 1783 et la Révolution française )

(Maxime Arseneau 21 décembre 2015)

N'hésitez pas à commander vos exemplaires!

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Published by Myriam Alamkan - dans Janvier 2016
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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 22:13

Jean-Claude Degras consacre une nouvelle biographie à un personnage historique: Eugénie Tell-Eboué après avoir consacré un ouvrage à Camille Mortenol.

Nouveauté à découvrir: Eugénie Tell-Eboué, histoire d'une passion

Plus que simplement l'épouse du gouverneur Félix Eboué. Eugénie Tell a eu une réelle carrière politique qui la conduisit à être la première femme de l'outre-mer français à être élue députée en 1945. Elle siégea au Palais Bourbon en tant que députée de la Guadeloupe, elle qui été née à Cayenne, en Guyane française, en 1891. Pour mieux connaître le destin de cette femme exceptionnelle, rendez-vous chez vos libraires:

Eugénie Tel-Eboué, histoire d'une passion. Jean-Claude Degras. Editions Rymanay. 20,00€

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Published by Myriam Alamkan - dans Décembre 2015
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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 11:52

Pour les habitués du blog, il faut savoir que je consacre mon mois de décembre à faire des bûches de Noël au dictame, mais quelque fois l'actualité fait que je quitte ma cuisine. Donc, je vous fais part de l'invitation envoyée hier par le port de Guadeloupe, Port-Caraïbes.

Si vous vous étonner que le port n'est "que" 40 ans c'est que l'anniversaire qui est ici célébré est celui de la création de l'entité administrative du port autonome de la Guadeloupe en 1975. Mais bien sûr l'activité portuaire de l'archipel est bien antérieure.

Show nautique exceptionnel: les 18 et 19 Décembre 2015, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe)

La darse est un témoin privilégié de l'ancien port colonial né lorsque les Anglais vont débuter la mise en valeur du site abritant la Pointe-à-Pitre au 18ème siècle. Officiellement, la ville de Pointe-à-Pitre est fondée soit 1763 ou 1764 après le retour de la colonie sous administration française. Ville américaine par excellence, Pointe-à-Pitre est une ville en damier.

Je retourne à mes préparations de bûches de Noël! 

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Published by Myriam Alamkan - dans Décembre 2015
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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 11:09
Clap de fin sur les langues de l'Inde dans ses diasporaClap de fin sur les langues de l'Inde dans ses diaspora

Je vous écris depuis le Canada. Je suis levée de bonheur mais mon cerveau est lui toujours à l'heure de la Guadeloupe et ne se préoccupe pas du changement d'heure officiel au Québec. Donc, il est tôt et je suis devant mon écran.

Merci aux organisateurs et au public d'avoir participer au succès de la manifestation et puisque vous n'étiez pas tous là dans l'audience. Un petit extrait de ma conférence avant publication des actes l'an prochain.

"L’immigration indienne en Guadeloupe : la création du poste d’interprète au sein du service d’émigration.

Les récits de voyage des immigrants indiens en Guadeloupe sont généralement portés par les marins qui ont vécu au plus près des immigrants et non des immigrants eux-mêmes. Ces textes offrent un point de vue différents de celui de l’administration coloniale qui dans un premier temps ne conçoit l’immigration indienne que du simple point de vue de la force de travail.

Pour la société coloniale de Guadeloupe, après la promulgation de l’abolition de l’esclavage de 1848 il faut remplacer les anciens esclaves par d’autres travailleurs qui ne peuvent qu’être que des émigrés. Or aucun propriétaire d’esclaves n’a pris en compte les langues parlées par ces derniers et ne semblent pas s’en préoccuper pour les futurs immigrés dont ils comptent encourager le recrutement, qu’ils proviennent d’Europe comme les Madériens, d’Afrique comme les Congo, ou d’Asie comme les Chinois ou les Indiens.

Ils n’ont que le système esclavagiste français et les expériences d’immigration anglaises comme références dans leur façon d’accueillir l’autre. Or pour les esclaves nul besoin de reconnaître leur langue, leur religion, leur nourriture. Tous seront forcés d’intégrer de force la société créole. Et en une génération, les Africains deviennent des esclaves « créoles » sans aucune référence aux nations africaines, ni marques tribales, une perte de leurs langue au profit du créole local mais la société guadeloupéenne ne peut accueillir des immigrés de la même façon que les anciens esclaves.

Une réponse administrative se met progressivement en place et nous trouvons ainsi des postes d’interprète à partir de 1861 au sein du service d’émigration. Ceux–ci sont spécifiquement interprète en « langue indienne » à l’exclusion de toutes autres.

C’est pour examiner ce cas particulier que nous nous pencherons sur les raisons qui ont conduit à la création de deux postes d’interprète de « langue indienne » par la colonie de la Guadeloupe et les conséquences que cela va avoir sur le recrutement, le régime disciplinaire ou la prise en compte des maladies : comment prendre en compte l’homme et non seulement le travailleur indien ?"

Oui le service d'émigration est une curiosité parce que c'est ainsi que le désigne les documents anciens lorsqu'ils évoquent les interprètes embauchés en Inde pour accompagner les migrants originaire de l'Inde sous domination anglaise.

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Published by Myriam Alamkan - dans Novembre 2015
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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 11:37

Lieu: club de lecture de la MGEN, à Grand-Camp aux Abymes (Guadeloupe).

A partir de 14h30, je serais là pour vous faire découvrir mon dernier livre autour des corsaires français de Guadeloupe et de la Caraïbe. Une lecture animée autour d'un diaporama vous replongera dans l'ambiance de l'époque. Une odeur de poudre et quelques bruits de sabres qui s'entrechoquent, accompagnerons la présentation de "Vous irez porter le fer et la flamme"! Une occasion pour faire dédicacer vos exemplaires et me poser des questions en direct.

Le club est ouvert aux non-adhérents le lundi.

Rendez-vous au club de lecture de la MGEN le 28 septembre 2015
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Published by Myriam Alamkan - dans Septembre 2015
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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 15:16

A l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, les 19 et 20 septembre 2015 je vous invite à découvrir deux bateaux qui sont des symboles de l’histoire maritime des Antilles Françaises en vous proposant deux visites.

La première est celle du trois-mâts goélette « Le Toumelin » en Martinique. Vous pouvez le visiter durant tout le week-end suivant les horaires indiqués ici :

Le Toumelin est une réplique de Terre-Neuvas donc un bateau à la Grande Pêche pour la pêche à la morue. La morue est un ingrédient incontournable de la gastronomie antillaise dont la recette la plus connue demeure les incontournables accras de morue, légers et croustillants, pardons de vous donner faim en quelques lignes, je sais il y a dans ma maison comme une douce odeur d’accras en sandwich pour un didico avec une petite salade de concombres…Vous ne connaissez pas le didico ? Le didico était le premier repas de la journée de beaucoup de travailleurs. Repas salés pris vers 10h du matin pour les travailleurs comme les élèves qui débutaient leur journée de travail le ventre vide depuis, le petit-déjeuner s’est largement rependu bien que beaucoup d’élèves continuent à venir à l’école le ventre vide. Mais si les visites du Toumelin ne drainent pas un public aussi important que l’Hermione-Lafayette c’est parce que l’histoire de cette dernière est bien plus connue et surtout synonyme de l’indépendance pour les Etats-Unis.

Je vous propose la lecture d’un article de mon collègue Larrie D. Ferreiro qu’il a publié dans le New York Times du 3 juillet 2015. C’est une occasion de découvrir l’importance de l’Hermione originale dans l’histoire des jeunes Etats-Unis d’Amérique. C’est ma première traduction, soyons indulgents, je peux faire des erreurs :

"L'alliance qui a sauvé les jeunes Etats-Unis d’Amérique.

A New-York, nous célébrons ce 4 juillet en nous remémorant l’alliance qui a garantie le futur de l’Amérique.

Une réplique à l’identique du navire Hermione, la frégate qui a conduit le Marquis de La Fayette à Boston en avril 1780, est arrivée à New-York pour la fête du 4 juillet et prendra part à la parade Lafayette dans la baie de New-York. Cette réplique qui a mis 20 ans à être construite, a visité des ports de la côte est des Etats Unis pendant l’été.

L’histoire cachée derrière l’Hermione est celle de la survie de la jeune république américaine.

Les colonies ont débuté leur soulèvement armé contre la domination britannique tout en étant incapables de mener cette lutte seules, agissant ainsi comme des adolescents fuyant leurs maisons sans un sous vaillant en poche. Elles n’avaient pas de marine, presqu'aucune artillerie, une armée disparate et une milice dépourvue de l’ingrédient le plus élémentaire à une guerre moderne : la poudre à canons.

Peu de temps après la bataille de Bunker Hill, Benjamin Franklin nota que « l’armée n’avait pas cinq mesures de poudre par homme. Le monde se demandait pourquoi nous étions si avare de coups de canons, c’est parce que nous ne pouvions nous le permettre. »

L’Amérique avait désespérément besoin d’impliquer à leurs côtés les adversaires historiques de l’Angleterre, la France et l’Espagne, les seules à disposer d’une puissance militaire comparable aux Britanniques.

Ni la France ni l’Espagne ne souhaitaient prendre part à une guerre civile anglaise. Les Etats-Unis devaient démontrer qu’ils étaient une nation distincte, combattant un ennemi commun : le Royaume-Uni.

Comment convaincre le roi Louis XVI et le roi Charles III d’Espagne d’aider les colonies américaines assiégées ? Le Second Congrès Continental confia à Thomas Jefferson la charge de rédiger un texte en ce sens.

La déclaration qui naquit sous la main de Jefferson, indiquait clairement que « ces Colonies Unies sont et ont le droit d’être des Etats libres et indépendants ». Ce fut en réalité une invitation faite à ces deux nations de les rejoindre dans l’alliance contre la Grande-Bretagne.

L’homme qui a proposé en premier cette déclaration, Richard Henry Lee originaire de Virginie, l’expliquait clairement : « ce n’était pas un choix mais une nécessité d’appeler à l’indépendance car c’était le seul moyen d’obtenir une aide étrangère. »

Ce document fût approuvé par le Second Congrès Continental le 4 Juillet et immédiatement envoyé en Europe, avec l’espoir que cette alliance viendrait bientôt. Ce texte fut connu, bien entendu, comme la Déclaration d’Indépendance, mais il aurait pu être également l’être comme la « Déclaration que nous dépendons de la France (et de l’Espagne également) ».

Gilbert du Motier, le marquis de Lafayette, devient un des symboles les plus puissants de l’alliance découlant de la Déclaration d’ Indépendance. Le jeune aristocrate de 19 ans qui arriva aux Etats-Unis en juillet 1777 comme volontaire bénévole est rapidement devenu un des officiers favoris de George Washington.

Comme beaucoup de ses compatriotes français qui s’engagèrent comme volontaires, il prouva sa dévotion à la cause américaine à de nombreuses reprises durant les batailles de Brandywine, Monmouth et à Valley Forge.

En 1778, la France signe le traité d’alliance avec les Etats-Unis, qui les implique dans la bataille contre les Anglais. L’Espagne les suivit dans la bataille l’année suivante, ce qui signifie que les Anglais devaient désormais envoyer leurs troupes loin des Etats-Unis pour défendre ses possessions en Floride et en Caraïbes et même sur ses propres côtes.

Cependant, les Américains ne parvenaient toujours pas reporter une victoire décisive contre l’armée anglaise. Lafayette retournât en France en 1779 pour obtenir plus d’aide de Louis XVI. Le souverain français promis des bateaux et 6 000 hommes de troupes sous le commandement du général Rochambeau pour combattre aux côtés de Washington.

En avril 1780, Lafayette arrive à Boston à bord de la frégate Hermione avec des bonnes nouvelles, Rochambeau arrive à Newport, Rhode Island, trois mois plus tard. Alors que les combats continuaient dans le Sud, l’Espagne reconquit la Floride passée aux mains des Anglais et ainsi enleva une menace majeure contre les Etats-Unis, les généraux français et américains organisaient leur campagne.

En octobre 1781, après une épique marche conjointe, ils acculèrent le général Cornwaliss à Yorktown et le contraignit à la reddition.

Le gouvernement anglais capitulât rapidement après. L’indépendance de l’Amérique était désormais assurée. »

Larrie D. Ferreiro est l’auteur d’un ouvrage à paraître « Brothers at Arms : France, Spain and the Men Who Saved American Independence » (Alfred A. Knopf).

L’histoire de l’Hermione a des échos dans celle des Antilles et de la Guyane Française. C’est ainsi que que le général Jean-Baptiste Donatien de Vimeur de Rochambeau a donné son nom à l’aéroport de Cayenne. Edifié pendant la Seconde Guerre Mondiale par les Américains, l’aéroport de Rochambeau a été rebaptisé aéroport Félix Eboué en 2012. A cette époque, le nom de Rochambeau était le plus souvent associé à la période sombre de l’histoire de l’indépendance haïtienne Donatien Marie-Joseph de Vimeur vicomte de Rochambeau fils du vainqueur de Yorktown s’est fait connaître pour sa férocité envers les rebelles haïtiens.

Il faut encore souligner qu’une partie des Français ayant participé à la guerre d’Indépendance des Etats-Unis étaient des coloniaux venus des colonies américaines de la France dont un certain nombre venus de Saint-Domingue comme l’a rappelé Jean-Louis Donnadieu dans son « Toussaint Louverture »(Belin, 2014).

Le corps de « Chasseurs volontaires de Saint-Domingue » incorporait des blancs et des gens de couleur libres. Parmi les 800 « indigènes » nous trouvons Janvier Dessalines, gendre de Toussaint Bréda futur Louverture ou encore Henri Christophe futur roi d’Haïti. Le mulâtre André Rigaud en fut également membre. En 2007, un monument fut érigé à Savannah (Géorgie) en l’honneur des « Chasseurs volontaires de Saint-Domingue » qui ont combattu lors du siège de la ville le 9 octobre 1779.La Guadeloupe envoyât un régiment qui perdit officiellement trois de ses membres durant le siège de Savannah (1779, voire p 46) tout comme les régiments de Port-au-Prince (10 morts) ou du Cap (3 morts). Signalons également que des troupes de Martinique participèrent à la guerre d’indépendance des colonies anglaises d’Amérique.

Bonnes journées européennes du patrimoine. (Remercîments, Larrie D. Ferreiro et Jean-Louis Donnadieu).

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Published by Myriam Alamkan - dans Septembre 2015
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