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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 22:38
Pernambouc-Guadeloupe-Pernambouc deux voyages inattendus

Après un long silence dû à la rédaction de plusieurs articles pour et dans l'ordre: US Naval Academy, préparer la publication pour Terre-Neuve, préparer celle pour Octobre et Novembre prochains. Alors un petit extrait de mon travail présenté en public à l'occasion de la Fête du Crabe, 2014 à Morne-à-L'Eau.

...

L’apport amérindien de notre culture a ici, l’odeur et la saveur des crabes de terre, ou de mangrove. C’est également le goût et la saveur de l’enfance pour beaucoup de Guadeloupéens nourrit avec une bonne crème de dictame. La plante que nous connaissons sous le nom de dictame ou de giniara n’est pas indigène de la Guadeloupe. Sur les pirogues, il a été transporté par les Amérindiens depuis le plateau des Guyanes et du nord du Brésil actuel. Cet aspect sera évoqué à travers l’exposition que l’association a mise en place autour de la route maritime empruntée par le dictame (l'exposition n'est plus visible actuellement).

Une autre proposition de voyage concerne plus spécifiquement le Pernambouc à travers deux voyages inattendus. Le hasard va faire l’histoire avec l’arrivée inopinée de migrants Hollandais chassés du Brésil sur les côtes de Guadeloupe en février 1654. Le second voyage inattendu concernera une croisière d’un bâtiment corsaire français au large de l’archipel de Fernando de Noronha inclus administrativement dans le Pernambouc.

La représentation que nous nous faisons de notre histoire est souvent limitée à la sphère française. Les apports des autres puissances coloniales, qu’elles soient espagnole, britannique ou néerlandaise à notre histoire sont moins connus.

Le Pernambouc est un état brésilien dont le lien avec la Guadeloupe est l’un des plus anciens. En 1654, chassé par l’arrivée des catholiques portugais de Recife (capitale actuelle de l’état du Pernambouc), des Hollandais protestants et juifs sont chassés du Brésil et trouvent refuge en Guadeloupe. Parmi ces familles, les Melse dont un des fils sera le premier colon né à Marie-Galante. En 360 ans les Melse se sont durablement installés en Guadeloupe. Le nom de famille est encore porté de nos jours.

Près d’un siècle plus tard, des corsaires français sont armés en Guadeloupe durant la Révolution Française et le Premier Empire. Certains prennent la route de Fernando do Noronha, ile au large de Recife. Car bien que l’esclavage soit officiellement aboli, en 1794, certains corsaires viennent y capturer des bâtiments négriers et pas dans le but de libérer leurs cargaisons de Bois d’Ebène.

En rouge, l'état du Pernambouc

En rouge, l'état du Pernambouc

Ancienne carte du Brésil
Ancienne carte du Brésil

1-Pernambouc-Guadeloupe : les Hollandais chassés du Brésil.

L’année 1654 marque un tournant dans l’histoire des Antilles françaises. Avant cette date, tous les efforts faits par les colons français pour fabriquer du sucre à partir de la canne à sucre ont été vains. Les colons français souhaitent imiter l’exemple brésilien car dans la région du Pernambouc, les colons portugais et hollandais ont réussit à produire du sucre en quantité et à le vendre sur le marché européen. Ils ont non seulement compris la façon de fabriquer le sucre mais aussi créer une méthode de production de la canne et du sucre basé sur le travail forcé d’esclaves africains. Ces esclaves vont pouvoir être transporté depuis l’Angola devenu colonie hollandaise en 1648.

Le Pernambouc a d’abord été connu, en Europe, pour ses productions tinctoriales. Une belle couleur rouge est tirée d’un arbre local le Pernambouc, appelé aussi le pau-brazil, l’arbre brésil. Cette nuance de rouge fera la notoriété de cette colonie sud-américaine et va donner son nom à la région toute entière : le Brésil.

Nous connaissons mieux le Brésil comme colonie portugaise, moins comme colonie espagnole, française ou néerlandaise. L’histoire des Hollandais au Brésil est celui d’une tentative avortée. L’expérience hollandaise débute non pas au Pernambouc mais à Salvador de Bahia en 1624. En 1629, la Compagnie Hollandaise des Indes Occidentales la W.I.C conquière des terres au Pernambouc et installe à la tête de cette nouvelle colonie Jean-Maurice de Nassau. C’est lui qui va favoriser le voyage de Frans Post, peintre paysagiste hollandais, entre 1637 et 1644 pour faire mieux connaître la colonie en Europe.

Fans Post, paysage à Olinda (Brésil)/ View of Olinda, Brazil, Frans Jansz Post, 1662  oil on canvas, h 107.5c

Fans Post, paysage à Olinda (Brésil)/ View of Olinda, Brazil, Frans Jansz Post, 1662 oil on canvas, h 107.5c

Si Frans Post est bien originaire de la province de Hollande, tous les Hollandais du Brésil ne le sont pas. Une partie des colons viennent des autres provinces néerlandaises comme la Zélande (Flessingue). Pour les Français du XVIIème siècle, la Hollande qui épouse l’ensemble des Pays-Bas c’est donc très logiquement qu’ils désignent les colons néerlandais et leurs esclaves comme des Hollandais. C’est sous la plume du père Jean-Baptiste du Tertre que les premiers éléments de ce voyage prennent formes.

Il explique dans le chapitre 17 de son livre « Histoire générale des Antilles occupée par les Français », les conditions d’arrivée des Hollandais dans l’archipel français. Les Hollandais viennent de « Récife et d’autres places du Brésil ». Il cite l’île de Tamarica, Pareïba et bien sur Récife. Les Hollandais se sont installés au Pernambouc à partir de 1630, la ville de Récife a été fondée à partir d’un simple village de pêcheurs. Elle n’est pas encore la capitale de la capitainerie de Pernambouc, c’est Olinda la ville la plus connue. Elle a été conquise par les Hollandais le 10 Février 1630. (Histoire générale des voyages, Antoine François Prévost, Didot 1758. Page 168).

Tamarica est mieux connue aujourd’hui sous le nom de Itamaricá. C’est une île qui fait partie de la région métropolitaine de Recife. Elle abrite les vestiges d’un ancien fort hollandais, le Fort Orange. L’Ile de Itamaricá, huitième capitainerie portugaise est séparée du continent que par un mince canal. Proche de la ville d’Olinda, les Hollandais vont grâce à l’établissement du Fort Orange prendre l’avantage sur le fort portugais situé un peu plus loin, mais ce succès ne sera durable.

La ville de Pareïba est située à l’embouchure du fleuve Paraiba, sur un ancien site mis en valeur par les Portugais. Toute cette région après avoir prospérer grâce au commerce de bois brésil, est désormais tournée vers le sucre. Des sucreries et des moulins rythment le paysage au moment de l’expulsion des Hollandais en 1654.

Ce sont plusieurs bâtiments Hollandais qui se présentent début 1654 en Martinique puis en Guadeloupe. Leur venue en Martinique est une aubaine, l’historien Armand Nicolas la présente ainsi :

« A la Martinique avant 1654, tous les efforts ont abouti à l’échec et aucune sucrerie ne fonctionne. On n’obtient qu’une sorte de bouillie noirâtre.

Il faudra l’arrivée en Martinique en 1654 des Hollandais (juifs surtout), chassés du Brésil par les Portugais, pour qu’ils apportent le secret de fabrication et de raffinage du sucre ainsi que les moules où le sucre se cristallise. Ils sont accompagnés d’esclaves noirs qui sont déjà expérimentés dans ce domaine.

Les Hollandais sollicitent Du Parquet d’être accueillis en Martinique.

Du Parquet est prêt à faciliter leur installation, d’autant plus que ce sont les Hollandais qui viennent de tirer la colonie d’un mauvais pas. C’est en effet grâce aux canons de leurs navires que peut se briser l’encerclement de Saint-Pierre(*) par une coalition de Caraïbes et de nègres marrons. La situation de Saint-Pierre était critique : l’intervention hollandaise la sauva. Les Caraïbes furent repoussés.

Mais le Supérieur des jésuites de l’île, hostile à l’installation de ces protestants hollandais, fait pression sur Du Parquet qui est obligé de s’incliner. »

Les Hollandais arrivent alors en Guadeloupe, où Houël n’a pas les mêmes difficultés que Du Parquet à les accepter. Le 28 février 1654, un premier bâtiment hollandais se présente en Guadeloupe. Ce sont des Hollandais de Itamarica, ils sont accompagnés de leurs esclaves. La nuit suivante, deux autres bâtiments ont un bateau hollandais et une prise anglaise atterrissent au mouillage. Trois autres bâtiments hollandais vont atterrir peu après. C’est dont une escadre de cinq bâtiments hollandais qui vont transporter près de 1200 personnes qui vont arriver de l’ancienne Nouvelle Hollande ou Nouvelle Néerlande, libres et esclaves mais ces nouveaux Un dernier bâtiment avec près de 300 personnes va aborder plus tardivement en Martinique où cette dernière tentative sera accueilli plus favorablement par Du Parquet en dépit des manœuvres des jésuites. Il va leur donner des terres : « le grand cul de sac Royal » qui est mieux connu aujourd’hui sous le nom de baie des Flamands autour de laquelle s’élève actuellement la ville de Fort-de-France.

Frans Post. Engenho de Pernambuco

Frans Post. Engenho de Pernambuco

Les registres de catholicité ou paroissiaux de la Guadeloupe vont témoigner de ce nouvel apport. Jean Melse apparait dans plusieurs actes de baptêmes, de mariages et même de décès. Il est nommé ainsi : Jean Melse dit le Flamand. Des sources complémentaires, lui donne comme lieu de naissance Flessingue, actuel Pays-Bas. C’est un port de la région de Zélande. Sa première épouse Marie Fernande est notée simplement native du Brésil sans plus de renseignements. Ce n’est pas parce que cette immigration est dite hollandaise que l’ensemble des nouveaux venus soit réellement originaire de Hollande, ils partageaient simplement tous le fait d’avoir vécu dans la Nouvelle Néerlande.

De leur voyage vers les Antilles françaises, nous avons peu de détails. Le père Du Tertre rapporte que les Hollandais ont capturé une riche prise anglaise à la hauteur de la Barbade. Or cette île colonie anglaise a des liens commerciaux avec la colonie hollandaise de Recife. Maurice Burac nous explique dans son livre "La Barbade: les mutations récentes d'une île sucrière" (p23) que:dès 1637, Pieter Blower introduisit la canne à sucre du Brésil à la Barbade. Il poursuit en disant: "La plante servit d'abord à la production de rhum, puis à partir de 1642 de sucre. Toute la technologie fut importée du Brésil. Même la main-d'oeuvre allait être offerte par les Hollandais, à savoir des Noirs esclaves en provenance d'Afrique de l'Ouest et transitant par Curaçao." (Presses universitaires de Bordeaux, 1993).

Mais revenons aux Antilles françaises. Nous avons donc une indication sur la route Nord empruntée par l’escadre Hollandaise et une explication sur le second lieu d’atterrage : la Martinique puis la Guadeloupe. La perte de Recife date du 26 janvier 1654, les bâtiments hollandais vont mettre environ 1 mois pour rejoindre les Antilles françaises.

La conséquence la plus connue de l’arrivée des Hollandais est bien sur le développement de la production de sucre. La méthode de fabrication nous a été décrite en détail par un autre prêtre catholique : le père Labat. L’arrivée des Hollandais est aussi la date de l’arrivée massive de deux minorités religieuses dans la colonie : des protestants partis des actuels Pays-Bas mais aussi des juifs originaires d’Espagne, du Portugal et des Provinces Unies dont Amsterdam.

Rue des Juifs (Recife, Pernambouc).

Rue des Juifs (Recife, Pernambouc).

Eloignée, physiquement du pouvoir royal, la colonie de la Guadeloupe peut accueillir ces minorités, mais elles ne peuvent pas totalement échapper à la politique royale. Les minorités vont disparaître rapidement. Les abjurations prennent la forme d’acte de baptême catholique. Les plus connus sont ceux de Capesterre-Belle-Eau.

En Guadeloupe, il y aura deux recensements évoquant des propriétaires protestants et rien sur les juifs. Or il y avait bien des juifs parmi les Hollandais. Le père Du Tertre en signale sept ou huit dans le convoi qui s’installe en Martinique.

Dans la ville de Mauritsstad, actuellement celle de Recife, ont vécu durant la Nouvelle Néerlande, des communautés protestantes et juives. La plus vielle synagogue du Nouveau Monde y sera bâtie. L’harmonie entre différentes communautés religieuses ne va pas de soi dans une colonie française et catholique.

Le Brésil hollandais

Le Brésil hollandais

Dans les royaumes européens catholiques, les minorités religieuses ont subi nombre de vexations, persécutions voir des massacres dont celui de la Saint-Barthélemy française, le 24 août 1574 est sans doute l’exemple le plus connus. En France, l’édit de Nantes de 1598 a reconnu aux huguenots une liberté de culte très encadrée par le pouvoir royal et limité territorialement à certaines villes. Catholiques comme protestants ne seront pas entièrement satisfait par sa signature mais jusqu’à sa révocation par Louis XIV, les relations entre protestants et catholiques apparaîtront apaiser de façon formelle au niveau de l’état. Dans la réalité individuelle, les zones de tensions entre catholiques et protestants ne vont pas disparaître si facilement.

Pour les juifs, la vie dans le royaume de France n’est pas plus facile. Le royaume de France prononça leur expulsion officiellement en 1394 mais dans les faits, les juifs ne seront pas chassés de l’ensemble du territoire que nous connaissons actuellement sous le nom de France, comme cela sera le cas dans le Dauphiné et en Alsace. Pour les colonies françaises d’Amérique, leur histoire officielle débute en 1654 avec l’arrivée des migrants du Pernambouc en Martinique.Cependant les travaux de l’historien Gérard Lafleur montre que l’immigration juive s’est limitée uniquement à la Martinique.

Extrait des registres des Saintes (Terre de Bas)

« Le même jour (23 octobre 1692) Jean Melse dit le flamand âgé d’environ septante ans est décédé et enterré dans l’église paroisse de Saint Nicolas de la Terre de Bas des Iles des Saintes. Il est mort en fort bon chrétien ayant reçu tous ses sacrements et donné des marques d’un bon catholique. »

Jean Melse est probablement arrivé en 1654. Il y avait selon le père Du Tertre 1200 hommes dont 900 vont mettre pied à terre à Basse-Terre. Il compte également 300 soldats, 300 esclaves et 200 femmes. C’est un apport important car la population de la colonie de la Guadeloupe était estimée à environ 15 000 personnes.

Grâce aux actes de baptême de ses enfants nous savons que Jean Melse dit le Flamand et son épouse Marie Fernande vont vivre un temps à Marie-Galante avant de s’installer durablement à Terre de Bas. Leur fils : Toussaint Melse est né à Marie-Galante. Il est inscrit sur son acte de naissance premier colon de Marie-Galante. Mais l’essentiel des actes paroissiaux vont concerner les Saintes, Terre de Bas puis Terre de Haut.

C’est un acte dressé par le père Boniface, de l’ordre carme qui l’a dressé. Ce qui attire c’est la mention « il est mort en fort bon chrétien… » Jean Melse a probablement abjurer sa foi protestante. Il est d’ailleurs inhumé en terre consacrée, directement dans l’église. Cependant deux de ses enfants vont s’allier à des familles protestantes comme c’est le cas de Pierre probablement né à Terre de Bas qui va se marier à Dina Esther Valette fille de Jacques Valette, hollandais il est selon la formule de l’époque : « habitant sucrier à Vieux Fort l’Olive. »

Pour se fondre dans la population de la Guadeloupe, il est bon pour les protestants d’abjurer leur ancienne foi. Cependant, toutes ses conversions ne sont pas forcément d’authentique conversion catholique. Jean Melse a-t-il abjuré sa foi réformée ou bien est-ce une simple façade ?

Le recensement nominatif de 1671 mentionne un Jean le Flamand ou dit Jean Melse propriétaire d’un magasin à Basse-Terre. Son épouse Marie Rodriguez et lui sont également présent aux Saintes (Terre de Bas ?) où ils ont 3 garçons, 3 filles, 3 nègres et 1 négresse.

A lire d’autres documents Jean Melse et les siens sont bien devenu de bon catholiques. Dans les actes de baptême de Capesterre Belle Eau on trouve en date du 14 octobre 1657 le baptême d’Innocent fils de Jean Flamand et sa femme. Ce Jean Flamand est protestant mais l’enfant catholique avec un parrain et une marraine qui devront être attentif à élever ce dernier dans la foi catholique. Cependant nous n’avons aucun document disant que ce Jean Flamand soit Jean Melse dit Le Flamand.

Intéressons-nous à l’épouse de Jean Melse, Marie Fernande ou Marie Rodrigues, ou suivant la tradition portugaise Maria Fernandez-Rodriguez. Nous n’avons aucun renseignement sur sa religion sauf qu’elle n’est pas catholique puisqu’aucun acte la concernant ne parle de sa paroisse de naissance. Est-elle protestante ou juive ?

Les doutes sur la religion de Marie Fernandez-Rodriguez sont légitimes car elle est née au Brésil. Elle fait partie de l’immigration portugaise plus ancienne que l’immigration hollandaise. Or une partie des juifs fuyant l’Inquisition espagnole, s’est établi au Portugal et certains se sont installés au Brésil. Si l’on examine la liste officielle établi en 2014 par le gouvernement espagnol concernant la naturalisation des juifs séfarades chassés par l’Inquisition en 1492, les noms de famille : Fernandes et Rodriguez sont mentionnés. De plus les chercheurs brésiliens comme José Antoni o Gonsalves de Mello, répertorie également dans son dictionnaire des juifs résidents dans le Nordeste entre 1630 et 1654 Fernandes ou Rodrigues…

Un fait est sûr. Il y a eu des juifs en Nouvelle Néerlande. Certain seront sur les bateaux des Hollandais venu en Martinique, pour la Guadeloupe les chercheurs considèrent que non, mais ils se sont focalisés sur les hommes. Les femmes ont moins retenu l’attention. Parmi les juifs venus aux Antilles françaises aucun n’aura destin plus singulier que Benjamin Andrade d’Acosta. En Martinique, il fondra la première sucrerie efficace de Saint-Pierre puis quittera la Martinique pour s’installer à Curaçao avec ses plants de cacao rapporté du Venezuela. Il avait déjà fait pousser des plants en Martinique vers 1660 comme l’atteste le père Labat. La petite communauté juive de la Guadeloupe va devoir quitter les colonies françaises à la promulgation du Code Noir qui va leur donner trois mois pour quitter le territoire.

Carte géographique de Recife hollandais (Pernambouc)

Carte géographique de Recife hollandais (Pernambouc)

Nous avons identifié grâce au père Du Tertre que les Hollandais sont arrivés sur 6 bâtiments en Guadeloupe et Martinique. Cependant, les sources brésiliennes évoquent le départ de 16 bâtiments suite à la perte de Recife. Les autres bâtiments ont atterri dans d’autres sites dont Amsterdam et la colonie néerlandaise de la Nouvelle Amsterdam, future New-York.

Les Hollandais qui vont rester en Guadeloupe vont se fondre dans la population générale. Dès la deuxième génération, les Melse comptent un conseiller au Conseil Souverain de l’archipel. Par un jeu d’alliance, nous les trouvons rapidement en Dominique où ils sont alliés à la famille Bioche qui a laissé leur nom à un village dans la paroisse de Saint-Peter.

Les Melse vont également se répartir dans les communes de Guadeloupe, au sud Basse-Terre, à Marie-Galante et à Sainte-Anne où une anse a très longtemps porter le nom d’Anse Melse avant de devenir les Galbas. Puis nous retrouvons leur nom durant Révolution Française, où un Antoine Melse sera capitaine de corsaire. Désormais, les Melse sont des colons français et catholiques..." (à suivre).

Je précise que je suis moi-même une descendante de Jean Melse et de Maria Fernandes-Rodriguez...Surprenant n'est-ce pas?

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Published by Myriam Alamkan - dans Août 2015
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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 15:31
29 Juillet 2015: rencontre autour de "Vous irez porter le fer et la flamme" à Basse-Terre, Guadeloupe

Le mercredi 29 Juillet 2015 à 18h30, la Mairie de Basse-Terre et la Maison du Patrimoine et l'association Trésors du Patrimoine vous invite à une rencontre littéraire autour de l'ouvrage de Myriam Alamkan "Vous irez porter le fer et la flamme", éditions Ibis Rouge, 201.

Découvrez ou redécouvrez l'histoire des corsaires français durant la Révolution Française et le Premier Empire.

C'est avec grand plaisir que nous revenons à Basse-Terre après avoir animer ses rues avec notre spectacle: "Basse-Terre, souvenirs corsaires" du 8 Novembre 2014.

Une séance de dédicace clôturera notre manifestation.

Possibilité d'achat du livre sur place, prix de vente 20€

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En souvenir de cet événement, je vous remets le programme du 8 novembre 2014. A la question mainte fois posée, vous aller le refaire? Pour l'instant notre troupe héroïque de comédiens est en vacances (Atelier théâtre de l'Université des Antilles, de la ville de Petit-Bourg et de l'Artchipel) et puis il faut trouver des partenaires financiers alors je ne manquerais pas de vous prévenir, mais oui nous souhaitons le refaire.

Merci à tous et encore bravo à nos comédiens.

29 Juillet 2015: rencontre autour de "Vous irez porter le fer et la flamme" à Basse-Terre, Guadeloupe
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Published by Myriam Alamkan - dans Juillet 2015
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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 11:56

Je serais à Port-Louis, Guadeloupe pour vous présentez mon dernier livre autour d'une petite causerie dès 9h30, le samedi 11 juillet 2015 à la médiathèque de Port-Louis.

A bientôt,

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Published by Myriam Alamkan - dans Juin 2015
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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 07:09

Chaque année entre les mois de mai-juin se déroule la traversée sacrée maya entre les sites de Xcaret, la Riviera Maya et Cozumel. Un de mes amis a réalisé ce petit film et m'a autorisé à vous le diffuser.

Pour ceux qui sont observateurs oui, la pirogue est pointue aux deux extrémités et elle est enduite. Je ne sais pas en quelle matière mais elles sont clairement enduites. Cet enduit empêche l'eau de s’infiltrer. Le fond de la pirogue est plat sans que soit nécessaire de lester la structure avec des pierres supplémentaires. Et pour ceux qui ont été voir des "kanawa" version Guadeloupe et Martinique vous pourrez encore relever plusieurs différences significatives.

Bon visionnage.

Et oui, ce sont des vues réalisées à l'aide d'un drone.

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Published by Myriam Alamkan - dans Juin 2015
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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 05:23

C’est à l’occasion d’une permission que j’ai appris la terrible nouvelle de l’AVC qui a conduit Patrick Forbin à être hospitaliser lundi dernier. Je profite de ma sortie de l’hôpital (je vous rassure, je subis des examens tous les 6 mois pour contrôler l’avancée de ma maladie et pour l’instant ça va pas trop mal) pour évoquer Patrick Forbin qui est une figure de la voile de la Guadeloupe.

Patrick Forbin, fondateur du chantier naval Forbin et amateur de voile traditionnelle, se bat pour sa vie au CHU de Pointe-à-Pitre. Il est temps de consacré quelques mots à la tradition de construction navale en Guadeloupe.

Comme beaucoup de Guadeloupéens, mon premier souvenir liés aux Forbin emprunte les rythmes de « Oh hé oh hé oh hé Angélina joli bateau, Angélina joli bateau, bel bato-là qui en la rad’-là Angélina remporté la victoire ». Je ne suis pas d’accord avec la version d’Angélina chanson politique dédiée à Victor Schœlcher présentée par Wikipédia. Pour moi, Angélina c’est une chanson du carnaval hommage au bateau Angélina construit par le père de Patrick Forbin et qui s’est illustré dans les régates organisées localement.

Notre tradition maritime ne se limite pas à la saintoise de pêche ou le modèle adapté au sport. Au début du 19ème siècle, les constructeurs navals étaient capables de reproduire à l’identique une goélette…mais cette tradition a disparu, reste celle liée aux petits canots ou boats.

Les petites embarcations de pêche ou de navigation au bornage ont été utilisée dès la période préhispanique par les Amérindiens dans toute la Caraïbe insulaire. En Guadeloupe, la pirogue sera également adoptée par les Européens puis des canots hybridant les origines des populations présentes en Guadeloupe. A la fin du 19ème siècle, les canots à membrures voisinaient avec les canots dits à semelle. On disait littéralement : « canot monté sur semelle ».

Dans les années 1940, vous pouviez voir des gommiers, des boats, des canots franc-bord. Certains pouvaient être exceptionnellement pontés. Le gommier disposait d’un grand mat à voile livarde et d’un foc, d’un mat et une voile de tape-cul. Le boat avait un gréement à voile latine avec foc. Tous avaient des avirons à bord. C’est à la pratique sportive que le canot dit saintois doit d’avoir été conserver.

Alors que les régates du prochain tour de la Guadeloupe en voile traditionnelle se rapprochent, rappelons-nous de la richesse de notre histoire de construction navale dans laquelle la famille Forbin et bien d’autres ont leur place. Fos pou Patrick Forbin.

Mise à jour: Patrick Forbin est décédé le 23 juin 2015. Fos et courage à la famille Forbin

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Published by Myriam Alamkan - dans Juin 2015
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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 12:35
Encre de marine: premier Prix des marins-pêcheurs de Guadeloupe

C'est pas une fantaisie dues à ma dyslexie, je ne me suis pas trompée en écrivant encre de marine pour saluer la création du Prix des marins-pêcheurs de Guadeloupe. C'est une action menée par la jeune association "Paroles de Grande-Terre" née en mai 2014 qui porte ce projet qui casse la vision élitiste des prix littéraires. Car, le jury est composé par d'authentique marins-pêcheurs.

La politique culturelle a tendance à s'adresser à un public déjà sensibilisé qui a l'habitude de pousser les portes des médiathèques, aller aux conférences, visiter les musées. C'est donc une belle initiative de sensibiliser d'autres public.

Je n’assisterai malheureusement pas à cette première édition. Je vais devoir quitter ma Guadeloupe pendant quelques semaines. Mais je souhaite bon vent à cette initiative qui se déroulera du 12 au 14 juin 2015, à Port-Louis avec pour premier président le poète et écrivain Max Jeanne.

Voici la liste des livres sélectionnés:

-Sale eau de Montreuil, Karl Dazin (ed. La Baleine)
- 31 février, Hafid Aboulahyane (ed. Plon)
- La chaise brisée, Clément Ewouedje (ed. L'Harmattan)

Et le programme:

Encre de marine: premier Prix des marins-pêcheurs de Guadeloupe
Encre de marine: premier Prix des marins-pêcheurs de Guadeloupe
Encre de marine: premier Prix des marins-pêcheurs de Guadeloupe

Vous pouvez également faire comme moi et soutenir financièrement cette jeune équipe qui organise ce prix, en participant à la cagnotte.

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Published by Myriam Alamkan - dans Juin 2015
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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 01:35

Les Présidents des Conseils de la Culture, de l'Education et de l'Environnement (CCEE) de Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, Réunion, réunis en Conférence permanente annuelle à Paris du 24 au 27 février dernier ont convenu de cette déclaration lors de l'inauguration du Mémorial ACTe en Guadeloupe.

"Les présidents des CCEE de Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique et Mayotte saluent la haute ambition internationale de ce projet qui ouvre assurément une porte sur une nouvelle fraternité.

En effet, nos populations, nichées dans l’Océan Indien, dans les Caraïbes et sur le Continent sud- américain doivent beaucoup à l’Afrique, aux Indes et à l’Indochine, territoires à partir desquels ont été déportés leurs ancêtres pour rejoindre des exploitations économiques fondées sur le travail servile et forcé.

Ce Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage portera témoignage de notre émergence au monde moderne par la médiation d’une infrastructure matérielle de grande facture. Il mettra à la disposition d’un large public des informations et des savoirs par le biais d’une diversité de supports de diffusion. Il convient aussi de saluer sa vocation scientifique axée autour, notamment, de la recherche sur la traite occidentale et le commerce triangulaire, la traite orientale, la traite intra-africaine, ainsi que de leurs abolitions. "

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Published by Myriam Alamkan - dans Evenement
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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 12:42
J'ai lu "Libres et sans fers"

Mes chers lecteurs, depuis quelques jours j’ai pratiqué avec ferveur le « matébis ». J’ai donc sacrifié à l’école buissonnière en faisant tout autre chose que travailler sur mes articles pour le blog ou pour les conférences, je le sais bien que le temps va me rattraper et que j’aurais du mal à tous finir à temps mais qu’il est bon de rien faire quelque fois.

J’en ai profité pour débuter ma lecture de mes sélections du dernier salon du livre de Paris. J’ai donc choisit de commencer par « Libres et sans fers, paroles d’esclaves français », Frédéric Régent, Gilda Gonfier, Bruno Maillard. Fayard Histoire 2015

Mon intérêt pour ce livre est né de la présentation faite par messieurs Régent et Maillard et de la citation d’une affaire que je connais un peu celle d’Amé-Noël, libre de couleur accusé d’avoir fait mourir un de ses esclaves par la torture. Le nom d’Amé-Noël m’est familier car il apparait comme armateur de corsaire durant la période de la Révolution Française et du Premier Empire.

Mais « Libres et sans fers » n’est pas une chronique judiciaire. Le but de nos trois auteurs et de tenter de comprendre le monde colonial au travers des témoignages produits lors d’affaires judiciaires où les esclaves déposent en tant que témoins, accusateurs ou défenseurs. Cependant nous ne saurons rien des circonstances dans lesquels la justice intervient pour briser la justice privée sur les habitations. La justice privée est celle du maître, les punitions également, tout comme le sont les nombreux cachots privés construits sur de nombreuses plantations.

Il y a beaucoup d’ironie dans ce titre « Libres et sans fers » car il n’y a pas de parole réellement libre lorsque l’esclave témoigne pour infirmer les déclarations de son maître il s’expose à des mesures de rétorsions. (Pages 34 à36).

Comme dans les procédures judiciaires modernes le font actuellement, les interrogateurs de l’époque, reformulent en bon français la parole des personnes qui s’expriment en créole laissant un doute sur la compréhension des sujets par l’interrogé tout comme pour l’interrogateur (pages 21/22).

Ce livre sera très utilise au-delà des historiens pour ceux qui étudient l’histoire de l’art mais aussi les écrivains ou cinéastes par les descriptions du quotidien des esclaves des Antilles et de La Réunion. Ce qui m’a le plus intéressé est une phrase : « Au regard de certains maîtres, il est manifestement aussi incongru de vêtir un mulet qu’un « nègre de houe » ou un noir de pioche » (p 164).

Je me suis alors questionner sur les représentations du corps porter en cela par les réflexions entendues lors du dernier congrès des écrivains de la Caraïbe qui s’est tenu en Guadeloupe la semaine dernière. Bien plus puissante que les livres d’histoire, les écrivains de fiction ont patiemment construit une mémoire de l’esclavage à travers leurs livres. C’est ainsi que les quelques lignes rédigées par Auguste Lacour sont devenus sous la plume de Simone et d’André Schwarz-Bart, la mythique mulâtresse Solitude. C’est d’ailleurs Frédéric Régent qui a fait une présentation lors du Salon du Livre de Paris sur le futur prix des écrivains de la Caraïbe 2015 : l’ancêtre en Solitude, André et Simone Schwarz-Bart, Le Seuil.

Mais je suis encore plus sensible aux représentations picturales. Je vous propose donc de redécouvrir une peinture du XVIIIème siècle : danse d’esclaves attribué à Augustin Brunias. Observez bien le tableau en mode plein écran, puis à partir de la grille de lecture issue de « Libres et sans fers » interrogeons l’œuvre: "Danse d'esclaves".

Rien hormis le titre n’indique dans la peinture que les sujets représentés sont des esclaves. Il n’y a pas de fers, ils ne sont pas occupés à travailler. C’est le temps de la danse et de la musique, un espace de convivialité arraché à un quotidien marqué par un travail long et éprouvant.

Mais qui est représenté ? « Libres et sans fers » nous explique que la nudité ou la quasi nudité était chose commune aussi bien aux Petites Antilles françaises qu’à La Réunion, pour les « nègres de houe » c’est-à-dire pour les esclaves chargés des travaux agricoles. En revanche les esclaves relevant du travail domestique pouvaient être habillé et même richement parés (pages 168-169). La femme à la jupe bleue semble avoir des pendant d’oreilles, leur tenues sembles à tous assez complet : chapeaux, chemises, mouchoirs de tête, jupes ou pantalons … mais ceux dont on peut voir les pieds sont pieds nus. Existe-il une différence entre la pratique des maîtres pour l’habillage des esclaves entre les îles françaises et anglaises ?

Les instruments de musique sont aussi intéressants car je ne connais aucune musique traditionnelle des Petites Antilles françaises ou anglaises qui mêle le tambour, les grelots et ce qui ressemble à un luth et qu’Yves Bergeret décrit comme étant un anzarka. C’est un instrument à cordes pincées dont le manche possède des clés.

Yves Bergeret prête attention aux visages et aux regards et en déduit qu’il s’agit peut-être d’une incantation aux ancêtres ou aux esprits. Faisons alors attention à la couleur blanche des vêtements du joueur de tambour (pages 165 et 230-231), couleur dont se revêt plusieurs esclaves qui se suicident. La couleur est ici associée au deuil.

Les fruits et légumes (pages 130-131) présent dans la corbeille où l’on peut reconnaître un ananas, un corossol, des pommes-cajou (fruits de l’anacardier), des abricots-pays, une pomme-cannelle, sapotes et même un coco sec (je pense aussi à des pommes-cythère ben quoi je suis guadeloupéenne ! )... Une illusion d’abondance car les esclaves anglais ou français sont mal nourris et même pour ceux qui peuvent cultiver les jardins personnels sur le site des plantations (p 137). Leurs corps en portent les traces jusque dans leurs tombes où les archéologues démontrent que beaucoup d’entre eux sont porteurs de tuberculose osseuse.

Un tableau qui semble dire « qu’ils sont mieux ici qu’en Afrique » et conforter un discours connus de propriétaires d’esclaves qui se dédouanent ainsi de toutes questions morales ou légales sur la possession d’être humain. Mais dont les regards qui ne fixent pas le spectateur et aussi une préservation de leur qualité d’humain en dépit du système qui les asservit (p 244), une culture est en train de naître ce que nul n’avait prévu et débouche actuellement sur la reconnaissance du gwo-ka de Guadeloupe, du séga tipik de l’île Maurice et du mayola à La Réunion comme faisant partie du Patrimoine immatériel mondial par l’UNESCO (p245).

Bonne lecture à tous !

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Published by Myriam Alamkan - dans Mars 2015
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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 13:53
Soirée: Vous irez porter le fer et la flamme à la médiathèque du Lamentin

"Vous irez porter le fer et la flamme"

Myriam Alamkan

Editions Ibis Rouge.

"Une épopée! L'histoire des corsaires français en Amérique durant la Révolution française et le Premier Empire a tout d'un récit d'aventures. des succès si nombreux que la presse française à l'époque les a qualifiés "d'ordinaires". Ils ont profondément marqué l'histoire de la Guadeloupe. Ils ont également été présents à Saint-Domingue, à la Martinique et en Guyane française. Et pourtant rien d'ordinaire dans les succès des corsaires français contre les Anglais. les Espagnols et contre l'alié américain qui pour défendre son commerce a dû créer l'US Navy.

En pirogues, en balaous, en brigs, en goélettes...une flottille hétéroclite prend la mer au nom de la République française. Deux capitaines de corsaires seront même distingués par l'Empire et deviendront officier de la Légion d'Honneur. Tous ont pris la la mer en suivant les ordres de Victor Hugues alors à la tête de la Guadeloupe, seule colonie française des Petites Antilles en 1794, car oui, le temps était venu de porter le fer et la flamme en Caraïbe, et même au-delà..."

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Published by Myriam Alamkan - dans Evenement
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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 10:36

Enfin disponible chez mon éditeur:

http://ibisrouge.com/livre.php?ref=450

Sur Amazon mais pas à la F...c! :

http://www.amazon.fr/Flamme-Corsaires-Fran%C3%A7ais-Volution-Premier/dp/2844504507/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1426675083&sr=8-1&keywords=myriam+alamkan

Dans vos librairies de quartier

Et du 20 au 23 mars au Salon du livre de Paris stand D29, je serais en dédicace dès vendredi 20 mars de 10h30 à 12h30.

Bonne lecture à tous

Commandez vos exemplaires: Vous irez porter le fer et la flamme
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Published by Myriam Alamkan - dans Mars 2015
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