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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 10:53
Poinsettia ou Six-mois Rouge
Poinsettia ou Six-mois Rouge

Alors que dans l’atelier de fabrication de ma mère les premières bûches de Noël de dictame vont bientôt régaler les gourmands et les gourmets, je prends quelques minutes pour évoquer les cantiques de Noël qui sont entonnés un peu partout en Guadeloupe, mais aussi en Martinique, en Guyane…

Les Chanté Nwel sont affaires de l’époque nommée en créole, le « tan lontan ». Et le temps longtemps en histoire maritime et en histoire coloniale peut être daté du moins en ce qui concerne les chants de Noël.

Dans notre cas, le cantique le plus ancien toujours chanté dans nos veillées est "Les Anges dans nos campagnes" ! Chanson connue depuis le XVIème siècle en Europe, ce cantique est originaire du Languedoc, il existe en plusieurs versions pour le répertoire catholique et une version pour le culte protestant. Nous nous intéresserons qu’à celles de l’Amérique Francophone.

Dans les colonies françaises d’Amérique, les colons sont majoritairement catholiques. C’est également la religion qu’ils vont imposer à leurs esclaves. La religion catholique repose sur les prêtres qui sont à la tête de chaque paroisse qui deviendra une commune après la Révolution Française. Mais comment les cantiques de Noël sont venus en Amérique Francophone ? Très simple ils ont suivi les colons et les prêtres catholiques sur les bateaux.

Le cantique a tout d’abord quitté son Languedoc natal pour devenir populaire dans la France entière. Je vous propose la version connue à Bayeux (Calvados) pour texte de référence pour notre démonstration:

The Adoration of the Shepherds with Saint Catherine of Alexandria Cigoli (Ludovico Cardi)  (Italian, Castello di Cigoli 1559–1613 Rome)
The Adoration of the Shepherds with Saint Catherine of Alexandria Cigoli (Ludovico Cardi) (Italian, Castello di Cigoli 1559–1613 Rome)

Version Calvados (1850) : « L’écho des montagnes de Bethléem ».

1) Les anges dans nos campagnes,
Ont entonné l’hymne des cieux ;
Et l’écho de nos montagnes
Redit ce chant mélodieux :
Gloria in excelsis Deo (bis)

2) Bergers, pour qui cette fête ?
A qui s’adressent tous ces chants ?
Quelle nouvelle conquête
Signalent ces cris triomphants ?
Gloria in excelsis Deo (bis)

3) Ils annoncent la naissance
Du Libérateur d’Israël ;
Et dans leur reconnaissance,
Les bergers répondent au ciel.
Gloria in excelsis Deo (bis)

4) Allons tous de compagnie.
Sous l’humble toit qu’il a choisi
Voir l’adorable messie
A qui nous chanterons aussi
Gloria in excelsis Deo (bis)

5) Cherchons tous l’heureux village
Qui l'a vu naître sous ses toits.
Offrons-lui le tendre hommage
Et de nos cœurs et de nos voix
Gloria in excelsis Deo (bis)


6) Dans l’humilité profonde
Où vous paraissez à nos yeux,
Pour vous louer, Roi du monde,
Nous redirons ce chant joyeux.
Gloria in excelsis Deo (bis)

7) Toujours remplis du mystère

Qu’opère en aujourd’hui votre amour,
Notre devoir sur la terre
Sera de chanter chaque jour
Gloria in excelsis Deo (bis)

8) Déjà les bienheureux Anges
Les Chérubins, les Séraphins,
Occupé de vos louanges
Ont appris à dire aux humains
Gloria in excelsis Deo (bis)

9) Bergers, loin vos retraites,
Unissez-vous à leurs concerts ;
Et que vos tendres musettes
Fassent retentir dans les airs.
Gloria in excelsis Deo (bis)

10) Dociles à leur exemple,
Seigneur, nous viendrons désormais,
Au milieu de votre temple,
Chanter avec eux vos bienfaits.
Gloria in excelsis Deo (bis)

Chantez cantiques, joyeux Noël!

​En zone Amérique, liens maritimes au départ de la France se sont maintenus avec la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane qui sont demeurées colonies françaises jusqu’en 1946. Saint-Pierre et Miquelon est également toujours française et a des liens commerciaux avec la France et les Antilles et la Guyane pour acheminer de la morue.

Maintenant que vous pouvez visualiser les liens commerciaux, nous allons pouvoir voyager en compagnie des « Anges dans nos campagnes ». A la fin du XIXème siècle, le titre n’est pas encore définitif, nous trouvons donc des versions intitulés "les Anges dans nos campagnes" et "l’écho des montagnes de Bethléem".

En 1907, Ernest Myrand publie « Noëls anciens de Nouvelle-France » au Québec. Dans cet ouvrage il explique « qu'en 1842, l’abbé Louis Lambillotte publie à Paris « Un choix de cantiques sur des airs nouveaux, pour toutes les fêtes de l’année », spécialement dédié aux maisons d’éducation. On y trouve "Les anges dans nos campagnes". Myrand ne l'a trouvé dans aucun des cinq recueils les plus anciens conservés au Québec. L'abbé Migne, dans son « Dictionnaire de noëls et de cantiques », le signale fort ancien. Il serait contemporain des noëls de Pellegrin (1706). Cependant, des vieillards consultés par Myrand disent vers que vers 1840, ce chant leur était tout nouveau et inconnu dans leur jeunesse. On peut en déduire que même chanté en France, il n'était pas nécessairement connu en Nouvelle-France. » (Merci à Michèle Arbour, depuis le Québec pour ces renseignements complémentaires). Ce cantique du Québec de 1907 et celui de la Guadeloupe de 1962 ne proposent que le titre "les Anges dans nos campagnes ". Quand « les Anges dans nos campagnes » ont-ils supplanté « l’écho des campagnes de Bethléem » ?

En tout cas, c’est encore le titre qui est proposé dans un manuel à destination des soldats, édité à Paris en 1862. Et il y a de nouveaux changements : « Quelle conquête » devient « Quel vainqueur, quelle conquête… ». Cette version est commune aux versions Québécoises et Guadeloupéennes. Donc, « Les Anges » que nous chantons viendrais peut-être de Paris vers 1862. Mais le titre n’est toujours pas « Les Anges… » , il reste "l’écho des montagnes de Bethléem".

Les paroles du cantique ont connu de grandes modifications. Deux couplets ont disparu, le couplet n°4 et n°9, d’autres changements soulignés en gras et en italiques apparaissent dans les couplets.

La Nativité, POERSON Charles ; POERSON le Père (dit)
La Nativité, POERSON Charles ; POERSON le Père (dit)

Version militaire Paris (1862) : « L’écho des montagnes de Bethléem ».

1) Les anges dans nos campagnes,
Ont entonné l’hymne des cieux ;
Et l’écho de nos montagnes
Redit ce chant mélodieux :
Gloria in excelsis Deo (bis)

2) Bergers, pour qui cette fête ?
A qui s’adressent tous ces chants ?
Quel vainqueurs quelle conquête ?
Méri
tent ces chants triomphants ?
Gloria in excelsis Deo (bis)

3) Ils annoncent la naissance
Du Libérateur d’Israël ;
Et dans leur reconnaissance,
Chantent en ce jour solennel

Gloria in excelsis Deo (bis)

5) Cherchons tous l’heureux village
Qui l'a vu naître sous ses toits ;
Offrons-lui le tendre hommage,
Et de nos cœurs et de nos voix
Gloria in excelsis Deo (bis)

6) Dans l’humilité profonde
Où vous paraissez à nos yeux,
Pour vous louer, Roi du monde,
Nous redirons ce chant joyeux.
Gloria in excelsis Deo (bis)

7) Toujours remplis du mystère
Qu’opère en aujourd’hui votre amour,
Notre devoir sur la terre
Sera de chanter chaque jour
Gloria in excelsis Deo (bis)

8) Déjà les bienheureux Anges
Les Chérubins, les Séraphins,
Occupé de vos louanges
Ont appris à dire aux humains
Gloria in excelsis Deo (bis)


10) Dociles à leur exemple,
Seigneur, nous viendrons désormais,
Au milieu de votre temple,
Chanter avec eux vos bienfaits.
Gloria in excelsis Deo (bis)

La version québécoise contemporaine est proche de la version de 1862 sans en être une copie parfaite. Le couplet n°7 a cette fois ci disparu et le n°9 est maintenu. On peut donc estimer que cette version a fait le voyage entre Québec et la France entre 1850 et 1862. Gardons à l’idée que la France a cédé le Québec aux Anglais en 1763.

Michèle Arbour, nous explique que « dans la tradition anglo-saxonne, ce serait, selon mes lectures, à partir de la St-Thomas, le 21 décembre, que l'on irait chanter de maison en maison les carols [cantiques] pour quêter en faveur des démunis.

Au Québec, on a banni les noëls des églises vers 1805. Ils étaient trop profanes. Il y aurait même eu, je ne sais plus à quel moment, interdiction de chorales. Seuls les chantres et enfants de chœur avait le droit de chanter en latin à l'époque. »

Et en Guadeloupe ? Je ne trouve pas de livres sur cet aspect spécifique. Si vous en connaissez, n’hésitez pas à m’écrire via la feuille de contact du blog. Par avance merci.

Version québécoise contemporaine : « Les Anges dans nos campagnes. »

1) Les anges dans nos campagnes,
Ont entonné l’hymne des cieux ;
Et l’écho de nos montagnes
Redit ce chant mélodieux :
Gloria in excelsis Deo (bis)

2)Bergers, pour qui cette fête ?
Quel est l'objet de tous ces chants ?
Quel vainqueur, quelle conquête
Mérite ces cris triomphants ?
Gloria in excelsis Deo (bis)

3) Ils annoncent la naissance
Du Libérateur d’Israël ;
Et pleins de reconnaissance,
Chantent ce jour si solennel.
Gloria in excelsis Deo (bis)

5) Cherchons tous l’heureux village
Qui l'a vu naître sous ses toits.
Offrons-lui le tendre hommage
Et de nos cœurs et de nos voix
Gloria in excelsis Deo (bis)

6) Dans l’humilité profonde
Où vous paraissez à nos yeux,
Pour vous louer, Roi du monde,
Nous redirons ce chant joyeux.
Gloria in excelsis Deo (bis)

8) Déjà par la bouche de l’ange,
Par les hymnes des chrétiens,
Les hommes savent la louange
Qui se chante aux parvis
divins.
Gloria in excelsis Deo (bis)

9) Bergers, quittez vos retraites,
Unissez-vous à leurs concerts ;
Et que vos tendres musettes
Fassent retentir dans les airs.
Gloria in excelsis Deo (bis)

10) Dociles à leur exemple,
Seigneur, nous viendrons désormais,
Au milieu de votre temple,
Chanter avec eux vos bienfaits.
Gloria in excelsis Deo (bis)

Si la version québécoise demeure proche des modèles français d’Europe, en Guadeloupe d’autres transformations existent. La version de 1962 est réduite à six couplets, celle de 1996 éditée par l’association Drakkar n’a plus que quatre couplets. Elle est un intermédiaire entre la version québécoise et les versions anciennes françaises donc elle est arrivée en Guadeloupe entre 1850 et 1862. L’apparition dans la version guadeloupéenne des chérubins rappelle celle de 1850. La présence de la phrase « chantent ce jour si solennel » évoque la version québécoise. Mais des détails en font une version bien différente le « Saint Rédempteur d’Israël » remplace le « libérateur d’Israël » et « la terre sait la louange ».

En Guadeloupe, le texte des « Anges dans nos campagnes » serait inspiré de la France et du Québec ? En tout cas en matière maritime c’est tout à fait possible que des interprétations ou des livres de cantiques ont emprunté les routes du commerce illégal d’alcool. Durant la Tempérance canadienne et la Prohibition états-unienne, la Guadeloupe a fourni du rhum en quantité durant la première moitié du XXème siècle à Saint-Pierre et Miquelon, au Canada, et aux Etats-Unis.

Bûche de Noël de dictame à la Groseille-Pays
Bûche de Noël de dictame à la Groseille-Pays

Version Guadeloupe (1962) : Les Anges dans nos campagnes.

1) Les anges dans nos campagnes,
Ont entonné l’hymne des cieux ;
Et l’écho de nos montagnes
Redit ce chant mélodieux :
Gloria in excelsis Deo (bis)

2) Bergers, pour qui cette fête ?
Quel est l'objet de tous ces chants ?
Quel vainqueur, quelle conquête
Mérite ces cris triomphants ?
Gloria in excelsis Deo (bis)

3) Ils annoncent la naissance
Du Saint Rédempteur d’Israël ;
Et pleins de reconnaissance,
Chantent ce jour si solennel.
Gloria in excelsis Deo (bis)

6) Dans l’humilité profonde
Où vous paraissez à nos yeux,
Pour vous louer, Roi du monde,
Nous redirons ce chant joyeux.
Gloria in excelsis Deo (bis)

8) Déjà par la voix de l’ange,
Par les hymnes des chérubins,
La terre sait la louange
Qui se chante aux parvis
divins.
Gloria in excelsis Deo (bis)

10) Dociles à leur exemple,
Seigneur, nous viendrons désormais,
Au milieu de votre temple,
Chanter avec eux vos bienfaits.
Gloria in excelsis Deo (bis).

Version Guadeloupe (Association Drakkar, 1996) Les Anges dans nos campagnes.

1) Les anges dans nos campagnes,
Ont entonné l’hymne des cieux ;
Et l’écho de nos montagnes
Redit ce chant mélodieux :
Gloria in excelsis Deo (bis)

2)Bergers, pour qui cette fête ?
Quel est l'objet de tous ces chants ?
Quel vainqueur, quelle conquête
Mérite ces cris triomphants ?
Gloria in excelsis Deo (bis)

6) Ils annoncent la naissance
Du Saint Rédempteur d’Israël ;
Et pleins de reconnaissance,
Chantent ce jour solennel.
Gloria in excelsis Deo (bis)

10) Dociles à leur exemple,
Seigneur, nous viendrons désormais,
Au milieu de votre temple,
Chanter avec eux vos bienfaits.
Gloria in excelsis Deo (bis)

Il y a matière à réflexion sur ce que nous datons comme « An tan lontan » en Guadeloupe. Notre première hypothèse est que cette époque daterait du XVIème siècle, origine connue du cantique primitif venu du Languedoc. Mais l’examen dans le détail ferait remonter le « tan lontan » à la seconde moitié du XIXème siècle.

C’est à cette époque que Philippe Delisle nous rapporte que « les structures de diffusion du catholicisme se consolident très nettement … Le manque de réussite du programme d’évangélisation des Noirs suscite en effet de nombreux projets de réorganisation du clergé colonial» (Delisle : 2000). En 1848, la seconde abolition de l’esclavage est accompagnée par l’ouverture des écoles primaires aux anciens esclaves. C’est donc très logiquement que la France va faire appel aux sœurs de Saint-Joseph de Cluny et aux frères de Ploërmel déjà présents dans les colonies pour ouvrir des classes.

« L’ordonnance de 6 novembre 1839, met à la disposition du ministre secrétaire d’Etat de la Marine et des colonies une somme de 650 000 francs, pour l’augmentation du clergé, des instituteurs primaires, des magistrats du ministère publique, de la Guadeloupe, de la Guyane française et de Bourbon.» (Max Didon : 2012) Car dans ces colonies, le culte catholique n’est pas dans le périmètre du ministère de l’intérieur… Max Didon écrit également que les livres utilisés dans le culte catholique seront commandés pour accompagner le renouveau catholique du début du XIXème siècle : « on assiste également, depuis la reprise en main de l’Eglise, à un engouement s’en (sic) précèdent pour l’achat de livres. Au fur et mesure (sic) que les édifices prennent forme ce type de commandes se multiplie » (Didon : 2012).

L’abolition de l’esclavage autorise également à tous les habitants de se déplacer librement sans autorisation préalable sur le territoire. On peut rendre visite à sa parentèle ou à des amis éloignés de la plantation, quelque fois, il faut prendre le bateau pour aller à Basse-Terre ou à Pointe-à-Pitre depuis les communes, bien que le transport des passagers apparaisse comme une activité annexe au transport des marchandises.

Et à l’image de la tradition de Noël, anglo-saxonne, des groupes de chanteurs iront bientôt de maison en maison pour chanter les cantiques durant la période de l’Avent. De nos jours, les chanté Nwèl sont toujours itinérant mais de façon différente. Ce sont des groupes organisés qui sillonnent l’archipel avec une structure ressemblant aux concerts et invitant à la danse.

L’histoire de la religion catholique est donc également celle de la Marine pour les anciennes colonies d’Amérique et de l’Océan Indien. Un particularisme qui conduit, notre association à travailler avec des associations chargées de conserver le patrimoine immatériel de notre archipel. C’est ainsi que nous avons collaboré avec Repriz pour faire une petite présentation historique des chants de marins de l’archipel.

Les cantiques de Noël sont entonnés partout, si familiers que nous ne nous rendons pas compte qu’ils sont également en danger car les versions les plus anciennes et les cantiques plus difficiles en latin comme "Adestes fideles" disparaissent des répertoires et avec eux une partie de la richesse de notre patrimoine. Nous ne souhaitons pas brider la créativité des chanteurs mais que lorsque nous déciderons de chanter des chansons du « tan lontan » nous devrions pouvoir retrouver la mélodie et les paroles qui ont été chanté pour de bon chez nous.

Je vous laisse, les premières bûches de Noël doivent être décorées…Ah une dernière question, quand la bûche de Noël est-elle arrivée dans nos traditions ? Car nous n’avons pas besoin d’alimenter de feu de cheminée ici…

A suivre...

Michèle Arbour est membre de la société d’histoire des Iles Percées (Québec, Canada).

A lire : Philippe Delisle « Histoire religieuse des Antilles et de la Guyane françaises, des chrétientés sous les tropiques ? 1815-1911. Karthala, 2000.

Max Didon « Histoire religieuse de la Guadeloupe au XIXe siècle, 1815-1911. L’Harmattan, 2012.

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Published by Myriam Alamkan - dans Décembre 2014
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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 14:55
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Published by Myriam Alamkan
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 16:37

J'emprunte le post l'émission

"Dans le 188ème numéro de 7 Actu, dimanche 7 décembre à 18h00 sur Guadeloupe 1ère, Jacky Massicot reçoit :
- Eddy Nedelkovski, pour son billet d'humeur.
- Nalin Rastogi, directeur de recherches à l'Institut Pasteur de la Guadeloupe:
La Guadeloupe centre de référence mondial pour la tuberculose, la maladie qui fait son retour.
- Me Félix Cotellon, avocat, fondateur du Festival de gros-ka de Sainte-Anne, initiateur de l'inscription du gros-ka au Patrimoine immatériel de l'Humanité:
Le combat pour capitaliser l'Histoire et se projeter dans l'avenir est-il terminé ?
- Myriam Alamkan, historienne maritime:
Le riche passé maritime de la Guadeloupe, d'hier à aujourd'hui.
- Fred Deshayes, pour la Minute civique."

Le riche passé maritime de la Guadeloupe est de mieux en mieux connu depuis ma première publication "Histoire maritime des Petites Antilles XVIIème et XVIIIème siècles, de l'arrivée des colons à la guerre contre les Etats-Unis d'Amérique" en 2002 et la fondation de l'association Trésors du Patrimoine.

Mon intérêt pour la mer n'était pas née en 2002 mais bien plus jeune quand j'ai appris à naviguer à l'A.V.P.P, à Lauricisque (Pointe-à-Pitre). J'avais comme moniteurs notamment Claude et Jean-Marie Thélier... Et j'ai été impressionnée par les ruines de l'îlet Cochon et mon désir de savoir plus m'a lentement conduite à devenir historienne maritime. Mes connaissances maritimes de base m'ont été précieuses pour mon travail d'historienne bien que je ne puisse plus naviguer en mer, je sais encore lire une carte marine et lire la naissance d'un grain sur l'eau.

J'ai beaucoup voyagé pour confronter mes travaux à l'expertise de mes collègues. J'ai été en Inde, aux Etats-Unis, en France et au Canada grâce à la solidarité de mes concitoyens, à l'aide du Rotary club de Jarry, du CTIG, d'entrepreneurs privés et de la mairie du Lamentin.

Cette participation aux colloques internationaux a permis une meilleure connaissance de l'histoire maritime des Antilles là où elle est généralement peu documentée et connue. Il n'y a pas beaucoup de chercheurs de haut-niveau sur le bassin Caraïbes en histoire maritime. Il faut pouvoir se confronter à l'élite mondiale. C'est la raison pour laquelle, j'ai postulé à US Naval Academy History Symposium, qui est ouvert à tous mais dont la sélection ne repose pas sur notre CV de recherche mais sur la qualité de l’article proposé et la sélection est ardue! Plus de trois cents demandes pour une centaine de communication au final.

Mes recherches s'articulent principalement autour de trois thèmes:

- Le monde de la pêche. J’interroge ainsi beaucoup de marins-pêcheurs sur l'ensemble de la Guadeloupe. Merci à tous ceux qui m'ont donné la chance d'écouter leur souvenirs de pêche et qui me donnent ainsi l'occasion de documenter des sites de pêche sur près de quatre siècles. La communauté des pêcheurs de la Guadeloupe m'a très gentiment accueillie et aider depuis des années. Je suis également historienne de la Grande Pêche:

La tropicalisation de la consommation de la morue, l’exemple de la Guadeloupe. Colloque Journées de la Grande Pêche (Granville, France) Société Française d’Histoire Maritime, octobre 2009.

Le French Colonial Supply Mission, la Mission des Colonies et la réorganisation de l’approvisionnement en morue de la Guadeloupe pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ve Journées de la Grande Pêche (Fécamp, France) Société Française d’Histoire Maritime, mai 2012.

Une brise tropicale des îles de Guadeloupe sur le commerce de la morue avec Terre Neuve et Saint-Pierre et Miquelon 1635-1946.

Colloque « La présence française à Terre-Neuve d’hier à demain ». Memorial University (Terre-Neuve, Canada) août 2013.

-Les corsaires français. J'ai principalement écrit sur la Révolution Française et le Premier Empire, mes collègues américains disent que je suis experte pour cette période. J'ai suivi mes corsaires à travers plusieurs siècles. Cela vous surprend? Je vous prends l'exemple que j'ai évoqué la semaine dernière à Bologne. Jean-Antoine Amé-Noël né homme de couleur libre a d'abord été pêcheur avant de devenir propriétaire de Bologne en 1830 grâce à l'agent tiré des armements corsaires.

L’affaire du Brutus, une illustration des réseaux d’information Inde-Guadeloupe au début du 19ème siècle. Colloque international « Inde du Sud et le Français », Université de Paris 8 (Vincennes, Saint-Denis) et Pondicherry University, Pondichéry (Tamil Nadu, Inde), août 2006.

Naval fighting in the early 19th century through a painting by the French naval painter Jean-Baptiste Henry Durand-Brager. Naval History Symposium, US Naval Academy (Annapolis, Maryland, Etats-Unis d’Amérique), septembre 2007.

L’ex Canada français et les colonies françaises d’Amérique à travers l’étude des corsaires français d’Amérique durant la Révolution Française et les guerres Napoléoniennes (1793-1810), colloque du Centre de Recherche Nautique du Canada, (Québec, Canada) août 2008.

Guadeloupe, Santo Domingo’s relationship with the colonies allied to France in the Caribbean through the example of the French privateers, 1794-1810 (Naval History Symposium, US Naval Academy (Annapolis, Maryland, Etats-Unis d’Amérique), septembre 2011.

-Le patrimoine maritime et me voilà loin des archives, dans les musées, les cimetières, les églises, dans les fêtes maritimes, les chants de marins...

La Guadeloupe face à son patrimoine maritime. Colloque « Les enjeux du tourisme au XXIème siècle ». Université des Antilles et de la Guyane (Gosier, France), décembre 2009.

Et sinon, j'écris quelques livres:

Les conditions du voyage des immigrants indiens en Guadeloupe au XIXème siècle à travers le témoignage des marins. Les Editions du Balaou, 2012.

Le Mystère de la Dame Ambert corsaire Guadeloupéen devenu l’espace d’un tableau corsaire de Bordeaux, the Mystery of the Dame Ambert a Guadeloupean privateer painting at the Art Museum of Bordeaux. Les Editions du Balaou, 2013.

Certains en collaboration:

Guide de Pointe à Pitre, ville d’art et d’histoire, Monum, Editions du Patrimoine, Paris 2006.

Dictionnaire des Ministres de la Marine, SPM Edition, sous la direction de Jean-Philippe Zanco 2011.

La mer, trait d’union entre les peuples de la Caraïbe, CRDP Guadeloupe, sous la direction de Paulette Jno-Baptiste, 2012.

Et des articles universitaires

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Published by Myriam Alamkan - dans Décembre 2014
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 16:09

Le Comité des 160 ans de présence indienne en Guadeloupe organise samedi 6 Décembre 2014, au port de pêche (L’Autre Bord), Le Moule à partir de 14h00, un spectacle en costumes d’époque autour de l’arrivée du premier bateau d’engagés indiens.

Commémoration de l’arrivée des premiers engagés indiens en Guadeloupe : samedi 6 Décembre 2014.

Petit rappel historique. Le 24 décembre 1854, l’Aurélie atterrit en Guadeloupe à Pointe-à-Pitre. Elle transportait trois-cent quarante-quatre engagés recrutés dans l’empire français, sur un bâtiment français avec un armateur français Blanc qui avait déjà eu une expérience similaire en Martinique en mai 1854.

Cette évocation de l’arrivée des premiers engagés n’est pas une reconstitution historique formelle. Le choix du site, Le Moule à la place de Pointe-à-Pitre, les moyens techniques modernes, l’absence des témoignages des immigrés ou des différents témoins directs établis à l’époque dans la colonie laissent, l’auteur face à des sources uniquement issues de l’administration coloniale. Ces difficultés historiques n’autorisent qu’une évocation bien que les organisateurs ont voulu être au plus près de leur sujet en faisant appel à une costumière de talent : Mme Rollé. C’est tout le défi d’Arlette Minachy-Bogat et de ses acteurs.

Nous avons déjà consacrés un petit fascicule à l’immigration indienne reprenant le texte de la conférence du 3 décembre 2011, organisée par deux associations membres du Comité des 160 ans : l’Association des Amis de l’Inde et le Conseil Guadeloupéen Pour les Langues Indiennes (CGPLI).

Le madras est bien souvent associé à l’arrivée des engagés indiens mais il s’est invité très tôt dans l’histoire de la Guadeloupe :

 

Quand nous pensons à l’Inde, une odeur de colombo emplit l’air autour de nous. Il est donc légitime de se poser la question sur la provenance des épices qui forment aujourd’hui le mélange associé au colombo guadeloupéen. Certaines plantes ont-elles accompagné les Indiens durant la période d’engagement ?

Cette thématique a été étudiée par Mme Lou Kermarrec pour son Master 2 (Museum National d’Histoire Naturelle, Agro Paris Tech), sous le titre « Les plantes introduites par les Indiens en Guadeloupe depuis 1854. Usages et jardins. Etats des Lieux » en 2013.

En voici le résumé :

« Les plantes cultivées actuellement dans les jardins de case témoignent de provenances diverses et de différentes périodes d’introductions de végétaux en Guadeloupe. Les Indiens arrivés en tant que travailleurs contractuels dans l’île entre 1854 et 1889 ont ainsi contribué à l’enrichissement végétal de cet espace cultivé à des fins alimentaires et thérapeutiques. Cette recherche propose de répertorier les plantes que les Indo-guadeloupéens disent avoir « héritées de leurs ancêtres » et qui ont encore aujourd’hui des usages culturels typiquement indiens et fortement identitaires dans les familles d’origine indienne. La méthode d’investigation est fondée sur la visite des jardins familiaux au moyen d’entretiens semi-directifs. L’objectif étant de comprendre si les plantes dites « introduites par les Ancêtres » confèrent une caractéristique particulière aux jardins des familles d’origine indienne. Parallèlement au processus de créolisation, la pérennisation du culte religieux hindou et de ses valeurs a permis la transmission de savoirs et de symboliques caractérisant l’usage des plantes et l’espace domestique au sein de ces familles. Cependant, la régression des jardins créoles dans l’île et l’adoption d’un mode de vie occidentalisé depuis la départementalisation de 1946, a entraîné la raréfaction de certaines de ces espèces portant un nom créole « indien ». Plusieurs de ces plantes mériteraient aujourd’hui d’être réinsérées dans les jardins familiaux. Les contacts qui s’établissent actuellement avec l’Inde et sa diaspora créole entrainent l’introduction de nouvelles espèces « indiennes » inconnues en Guadeloupe. Ces introductions récentes font émerger une nouvelle dynamique d’appropriation des savoirs liés à l’usage « indien » de ces espèces qui sont intégrées aux structures traditionnelles héritées du XIXe siècle.

Mots clés : Indo-guadeloupéen, « plantes indiennes », usages alimentaires, religieux et médicinaux, propriétés familiales, hindouisme créole, chapelle, Moringa oleifera, Azadirachta indica, Curcuma longa, Piper betle. »

Célébrer l’arrivée des Indiens est aussi un moment important pour se rappeler les autres histoires des travailleurs libres sous contrats venus d’Afrique, d’Europe et d’Asie (Chine et même du Japon !) et d’y associer également nos compatriotes venus de Syrie, du Liban, d’Italie durant le 19ème siècle ainsi que pour tous ceux pour qui le colombo est indiscutablement notre patrimoine gastronomique commun.

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Published by Myriam Alamkan - dans Décembre 2014
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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 11:28

Le premier texte datant du 3 mai 2012, nous avons choisit de le réactualiser et de faire un clin d’œil à la programmation de 7 Actu du dimanche 30 novembre 2014 (18h00, Guadeloupe la Première) qui recevra Simon Hayot, pilote aéronautique, pour évoquer notre passé aéronautique. Si vous ne voyez pas le lien entre histoire maritime et histoire de l'aviation c'est que vous avez oublié l'épopée des voyages transatlantiques en hydravion. Alors voici un petit rappel.

Pour ceux qui n'ont pas cliqué au dessus, (oh pas bien), nous rappelons donc que le code international de l'aéroport de la Guadeloupe, physiquement localisé aux Abymes reste PTP (Pointe-à-Pitre) rappelant à tous la filiation entre l'aéroport et la base des hydravions de la Guadeloupe située elle à...Pointe-à-Pitre.

La première liaison commerciale française transatlantique en hydravion a été opérée en 1935 par le Latécoère 521, "Ville de Paris". Le 8 décembre 1935, le Latécoère 521 quitta Biscarosse, pour Dakar, puis le Sénégal et le Brésil. Il atterrira en baie de Fort-de-France le 22 décembre après 26 heures de vol.

Les transatlantiques opérés par compagnie Air France débutent le 26 juillet 1947 avec des Latécoère 631.

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Published by Myriam Alamkan - dans Novembre 2014
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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 11:32

Nous avons eu le plaisir d'être reçu à la Distillerie Bologne le samedi 8 Novembre 2014 afin d'évoquer l'histoire d'un homme singulier né libre de couleur, ancien pécheur, devenu en 1830 propriétaire de la plantation de Bologne.

Aujourd'hui, sa tombe a été conservée par les propriétaires successifs. Elle est toujours sur le site de la Distillerie. Un destin singulier que celui d'AméNoël qui est devenu riche en achetant des parts sur les bateaux corsaires de la Guadeloupe. Corsaires!

Pour évoquer son histoire, la Distillerie de Bologne recevra une petite équipe de l'association Trésors du Patrimoine, eh oui la corsaire aux jupons roses, sera aux côtés des Balisiers et Karmélo pour faire de la prochaine visite une expérience historique et ludique.

Samedi 29 Novembre 11h à 12h30

Tickets en vente à la Boutique de la Distillerie: pré vente 8,50€, le jour même 10€

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Tombe d'Amé-Noël.

Tombe d'Amé-Noël.

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Published by Myriam Alamkan - dans Novembre 2014
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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 17:28

J'ai choisi de reprendre in-extenso le titre de France-Guyane du 20 Novembre 2014. Je vous encourage à le lire avant de tenter de comprendre pourquoi "Cayenne, c'est une image" est très loin d'être anodine et puisque le maire d'Yerres n'a pas choisi de citer une autre ville de l'Essonne.

Passé un moment de sidération, je pense que nous devons faire quelques pas à rebours dans l'histoire de France.

L'histoire des bagnes en France est ancienne. Nous nous intéresserons uniquement au moment où les bagnes maritimes continentaux français vont être transférés de Toulon, Cherbourg, Brest et Rochefort vers Cayenne (Guyane, 1852) et Nouméa (Nouvelle Calédonie, 1869).

Officiellement, c'est le décret du 8 décembre 1851 qui créait une colonie pénitentiaire à Cayenne: " Le Président de la République sur proposition du ministre de l’Intérieur. Considérant que la France a besoin d’ordre, de travail et de sécurité, que depuis un trop grand nombre d’années la société est profondément inquiétée et troublée par les machinations de l’anarchie, ainsi que les tentatives insurrectionnelles des affiliés aux sociétés secrètes et repris de justice toujours prêts à devenir des instruments du désordre; Considérant que, par de constantes habitudes de révolte contre toutes les lois, cette classe d’hommes, non seulement compromet la tranquillité, le travail, l’ordre public, mais encore autorise d’injustes attaques et de déplorables calomnies contre la saine population ouvrière de Paris et de Lyon; Considérant que la législation actuelle est insuffisante, et qu’il est nécessaire d’y apporter des modifications, tout en conciliant les devoirs d’humanité avec les intérêts de la sécurité générale, décrète :

  • Article 1 : Tout individu placé sous la surveillance de la haute police et qui sera reconnu coupable de rupture de ban, pourra être transporté, par une mesure de sûreté générale dans une colonie pénitentiaire, à Cayenne ou en Algérie. La durée de la transportation sera de cinq années au moins et de dix ans au plus."

Le gouvernement de Louis Napoléon-Bonaparte n'a pas mis longtemps à choisir ses lieux de détentions. Les colonies françaises ont bien souvent servi pour envoyer loin du pouvoir central des personnes dérangeantes. Durant un temps ce sont les prostituées, les cadets de familles gênants qui vont être envoyés dans les colonies mais Cayenne va être rapidement distinguée comme particulièrement appropriée dès la Révolution Française.

Car les colons européens ne survivent pas longtemps à Cayenne, dans son livre: "Les Bagnes: Rochefort". (Gagniard de 1830), vous pouvez lire: "Il y a soixante-quatre ans, sur douze mille émigrés, la plupart Lorrains, gens honnêtes, paisibles et laborieux, qui s'embarquèrent pour la Guiane, trois mille seulement échappèrent à la mort. Le nom de Cayenne est encore environné de terreurs populaires. Lorsque le Directoire déporta une longue liste de proscrits en moins de deux mois, dit l'un des plus illustres de ces déportés, M. Barbé-Marbois, la moitié avait cessé de vivre."

En s'appuyant sur le décret de 1851, puis sur celui de mars 1852, la France ouvrit donc le bagne à Cayenne. La législation nationale sera complétée en 1854.

Alors "Cayenne, c'est une image"? Oui, certainement le reflet de la politique pénitentiaire française de l'époque coloniale.

En tout cas durant la Seconde Guerre Mondiale, le fils de la colonie pénitentiaire de Guyane, Félix Eboué est gouverneur du Tchad: "Il fait connaître au général de Gaulle dès le 29 juin 1940 la volonté des Français du Tchad de continuer la guerre. Eboué prépare les esprits. Son action pacifique permet le ralliement du Tchad le 26 août 1940, un choix d'autant plus courageux que ses enfants sont encore en métropole et font figure d'otages" (Extrait du catalogue de l'exposition "L’Outre-mer français dans la guerre 39-45". Paris Musées, 2011).

Alger, ancienne colonie pénitentiaire, deviendra en 1943 capitale de la France Libre.

Nouméa, où ont été emprisonnés les Communards, deviendra le camp d'entraînement du célèbre bataillon du Pacifique, connu aussi sous le nom de "Bataillon des Guitaristes" créé le 21 avril 1941, avec les volontaires Tahitiens, Calédoniens, et autres français des Nouvelles-Hébrides. Ils iront combattre bien loin de leurs terres à Bir Hakeim.

Cayenne, sera comme les Antilles, placée sous l'autorité de Vichy. La Guyane française se ralliera à la France libre en 1943. Les militaires Etats-uniens y battirent à l'époque un aéroport auquel ils souhaitèrent donner le nom de Jean-Baptiste Donnatien de Vimeur, comte de Rochambeau qui combattit durant la Guerre d'Indépendance des Etats-Unis aux côtés des Etats-uniens. Cet aéroport porte désormais le nom de Félix Eboué.

Nous reconnaissons au moins que M. Dupont-Aignan a été mis au courant de l'indépendance de l'Algérie, reste donc Cayenne pour répondre aux souhaits de sécurité de M. Dupont-Aignan. En attendant celui qui proposera de rouvrir la léproserie de La Désirade pour les djihadistes malades.

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Published by Myriam Alamkan - dans Novembre 2014
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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 03:58

Mercredi 5 j'ai été reçue par Eric Leferve pour son émission radio "Hier et Ailleurs" sur Guadeloupe 1ère A écouter ici:

Interview de Myriam Alamkan par Eric Lefevre
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Published by Myriam Alamkan - dans Novembre 2014
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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 12:44

Alors que les concurrents de la Route du Rhum 2014 sont partis avec pour rejoindre la Guadeloupe décidé de vous écrire quelques mots au sujet de cette course.

Pour moi le "Rhum" est toujours synonyme de mes aventures avec mes amis les Palasset dont le père Jacques a été le premier Guadeloupéen à s'aligner sur le Champagne Delafon en 1978. Il a fini 24ème et dernier classé en: 34j 08h30’00”.

Je garde encore une très jolie photo de l'Olympus Photo barré par Mike Birch bien que son jaune ne soit plus aussi éclatant que dans mon souvenir.

Quelques années plus tard, j'ai eu l'honneur de lui remettre en personne un exemplaire de mon livre: "Histoire maritime des Petites Antilles XVIIème et XVIIIème siècle" Editions Ibis Rouge, 2002. C'était à la marina de Pointe-à-Pitre, il venait de faire à nouveau la Route du Rhum.

Moi petite fille, j'ai découvert les bateaux et appris à naviguer à Lauricisque à Pointe-à-Pitre, deux jeunes moniteurs nous encadraient: Jean-Marie et Claude Thélier. Claude participera à la course en 2008. Avec nos optimists nous naviguions sur le plan d'eau de Pointe à Pitre. Je me souviens d'avoir saouler nos moniteurs de questions à propos des ruines de l'îlet Cochon, premières interrogations d'historienne?

L'histoire est un questionnement permanent. C'est donc un moment très important de notre travail de nous confronter à nos pairs lors des colloques universitaires et au public. Ma thématique débutée il y a plusieurs années sur les représentations de l'histoire maritime par les artistes y sera exposé vendredi 7 Novembre.

Samedi 8 Novembre

Le CREDDI-LEAD et l’association Trésors du Patrimoine

Dans le cadre du colloque international

« Dynamique maritime et patrimoine des Pays Insulaires

en Développement Touristique International »

Vous convient à leur visite commentée, en costumes d’époque autour du thème :

« Basse-Terre, Souvenirs Corsaires »

Samedi 8 Novembre 2014

14h-18h

1ère escale : Les marches du Lycée Gerville-Réache

Six saynètes racontant l’histoire de la ville entre 1793 et 1810.

Texte de Myriam Alamkan, historienne maritime.

Mise en scène par José Jernidier et Eddie Arnell.

L’Atelier Théâtre du service Culturel du Pôle Universitaire Régional de Guadeloupe.

Les élèves de l’Atelier Théâtre de l’Artchipel.

Les élèves de l’Atelier Théâtre de Petit-Bourg.

Au son du groupe carnavalesque VIDIM

Avec la participation de Michel Rogers, généalogiste amateur

Entrée libre et gratuite

Relations presse : An tout sòs / Kareen Fleming 06 90 18 29 99

Route du Rhum 2014: découvrir la mer en Guadeloupe au-delà du sport
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Published by Myriam Alamkan - dans Novembre 2014
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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 22:21

Ce week-end j'ai reçu une présentation de ce livre, écrit par Edouard Glissant, traduit en créole par Rodolphe Etienne. Edition Mémoires d'Encrier.

Je ne l'ai pas encore lu. Mais c'est une curiosité car, Toussaint Louverture qui parlait volontiers créole devant ses hommes, avait lui choisit d'écrire en français à sa femme dans une lettre citée par Jean-Louis Donnadieu dans sa biographie de Toussaint Louverture que nous avions évoqué il y a quelques temps.

Ma curiosité est donc piquée pour savoir comment Rodolphe Etienne, marchand dans les pas de Glissant, va a choisir un vocabulaire adapté qui sonne juste dans notre monde contemporain ? Cette nouvelle vision, plus poétique, qu'historique, emprunte t-elle un vocabulaire créole ancien?

Reste à découvrir l'oeuvre.

Parution: Monsieur Toussaint - Misyé Tousen
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Published by Myriam Alamkan - dans Octobre 2014
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