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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 12:48

Beaucoup s'imaginent le monde colonial comme une succession de plantations juxtaposées,W-Hastings.jpg isolées les unes des autres et isolées du monde. La lecture des journaux d'époque nous montre une Guadeloupe s'intéressant aux nouvelles du monde et notamment de l'Inde avant la vague d'immigration massive de la fin du 19ème siècle.

 

La finesse des informations disponibles en Guadeloupe va permettre aux équipages et armateurs du corsaire guadeloupéen la Dame Ernouf d'obtenir la validation de la prise du Brutus, bâtiment américain transportant des marchandises anglaises originaires de  l'Inde, le 11 septembre 1808.

 

Pour comprendre la nature des réseaux d'informations mis en oeuvre pour l'affaire du Brutus nous évoquerons également le procès de Warren Hastings vu de la Guadeloupe, du récit du cyclone du 20 mai 1787 sur la Côte de Coromandel.

 

 

 

Conférence-Débat :Vendredi 22 Juin 2012 à 19heures au CGLI, 53 rue du Chemin-Neuf, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe. Entrée libre et gratuite

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 15:13

Le madras est très souvent associé à la tenue traditionnelle des Antilles françaises et de la Guyane. Un des plus anciennes chansons créole le fait rimer avec les foulards et les colliers choux.


P1000527.JPG

« Adieu foulard, adieu madras… » est généralement attribuée au Marquis de Bouillé, ancien gouverneur de la Guadeloupe à la fin du 18ème siècle…Mais l’imaginaire populaire lit durablement tissu madras et immigration indienne de la fin du 19ème siècle !

Un raccourci historique qui occulte en fait une très jolie histoire. Le madras tissé en Inde était un tissu à chaine de soie et à trame de coton (voire Grand Larousse Encyclopédique). Il est différent des

madras actuellement connus en Amérique qui

s’en sont inspirés.

 

(Photo@Myriam Alamkan, au premier plan: les Aînés du Lamentin. En arrière plan M. J Gillot, président du Conseil Général de Guadeloupe, M. J Toribio, Maire du Lamentin) Remarquez les coiffes traditionnelles en madras.


En 1802, Moreau de Jonnès notait :  « Je dirais seulement qu’on avait fait de nombreux envois de bonnets de femmes, ignorant qu’on en avait jamais fait usage aux Antilles, où les dames ne se servent que de chapeaux de paille, et les femmes de couleur de mouchoirs bariolés des Indes dont elles font coiffure des plus coquette (page 172,  tome 2. Alexandre Moreau de Jonnès. Aventures de guerre au temps de la République et du Consulat. Pagnerre, 1858.)

BRUNIASA020310.jpgL’expression « mouchoirs bariolés des Indes » ne doit pas faire croire que les cotonnades portées aux Antilles provenaient effectivement d’Inde.

 

(Brunias A. The Negroes dancing inthe island of Dominica circa 1780) Remarquez les tissus à carreaux.

 


En réalité, les Européens vont faire tisser et teindre le coton chez eux. Bien loin de l’Inde, le tissu madras est produit dans la campagne française autour de la ville de Rouen en Normandie. C’est à cette ville que l’on associe généralement les indiennes qui désignent des étoffes de coton peintes ou imprimées vendue en France dès le XVIIIème siècle bien que la production ne s’est pas limité à cette ville.

Un auteur rapporte que la ville des Sainte-Marie aux Mines (Haut-Rhin) se distinguait pour la fabrication de ses « madras et guingamps » (page 724, tome 1er.  Dictionnaire du commerce et des marchandises, sous la direction de M. Guillaumin, Guillaumin éditeur 1841). Aux Antilles et en Guyanes, le tissu Guingamp n’a pas laissé de souvenir mais c’est, tout comme le madras, un tissu à carreaux ou à rayures cependant son coton est plus fin et lustré.

 

Qu'est ce que le madras?: 

« Madras (étoffe). On nomme madras une étoffe légère portant une demie aune, deux-tiers et jusqu’à trois quart d’aune, et servant le plus ordinairement aux femmes pour fichu de tête ou petit mouchoir du cou. Les plus beaux madras remplacent aussi quelques fois  les foulards pour hommes, dont ils imitent assez l’éclat et le brillant. Les madras sont des tissus de coton, uni, ras, imprimé ordinairement à carreaux ; le tissage en est fait à la mécanique. Le nom de madras vient que les premiers nous sont parvenus de Madras, villes des Indes, situé sur la Madras-vers-1861.jpgCôte de Coromandel, et où se faisait un grand commerce de ces sortes d’étoffes. C’était jadis sous le nom de madras que s’exportait tous les produits de Masulipatnam, Pondichéry, Karikal et autres villes voisines.

 

(Photo: Madras vers 1861)

 

Aujourd’hui, ces étoffe se fabrique en abondance en France, mais plus particulièrement à Rouen ; on en tire aussi beaucoup de l’Alsace. De tous les madras de France, les meilleurs sont ceux de Rouen. Ce fut M. Talon qui apporta dans cette ville l’invention de cette étoffe, et il dut à la fabrique qu’il y établit une rapide et brillante fortune. Il est vrai alors que les madras à cause de leur rareté se vendaient très cher, et que M. Talon n’avait pas à lutter contre la concurrence. Maintenant, les madras sont très communs. Il en est bien peu qui nous arrive directement des Indes. On vend des madras depuis 20 et 25 sous jusqu’à 3 et 4 francs ; ceux de 20 et 25 sous se déteignent et sont d’une bien faible qualité. Les madras font parties des diverses toiles de coton peintes et imprimées ; mais dans le madras, le trait seul est imprimé, et tout l’intérieur est fait au pinceau. Plusieurs de nos fabriques sont presque parvenues à  la ténacité des couleurs de l’Orient, ce qui dépend principalement des préparations que reçoit le tissu et de la nature des mordants qui y sont appliqués. A Paris, il se fait grand débit de madras chez les marchands de rouenneries, de nouveautés, et même dans les boutiques dites de mercières. Parmi les gens de la campagne, l’humble madras, c’est le cachemyr superbe de la ville. C’est à tort que l’on donne souvent le nom de madras au gros de Naples à carreaux, dit gros de Naples écossais ; il n’y a rien de commun entre ces étoffes que leur ressemblance extérieure, car tandis que les madras sont en coton, le gros de Naples est un tissu de soie dont la chaîne et la trame sont beaucoup plus forte. E. Pascallet. » (Page 199-200, Dictionnaire de la conversation et de la lecture, tome XXXVI. Belin-Mandar, 1833)


(Photo: coiffure de la Martinique, l'Illustration daté du 17 mai1902)

LIL0902222.jpg

 

 

Nous sommes près de 20 ans avant l’arrivée de l’Aurélie aux Antilles avec ses premiers immigrés indiens…Le madras tissu né en Inde a été copié et reproduit en Normandie et en Alsace est devenu un élément de la tradition antillo-guyanaise. Dans mon placard, j’ai mon carré de madras comme beaucoup de femmes de ma région, il a fait un long voyage d’Inde à l’Europe et de l’Europe aux Antilles où il est désormais un des symboles de l’identité antillaise.

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 12:42

19107787les-salines-jpg-saint-martin.jpgLes guadeloupéens ont été touché par la pénurie alimentaire lors du "Tan Sorin" (administration du gouverneur Sorin 1939-1943). L'essentiel des produits de première nécessité alimentaire n'était pas produit localement: la farine, le riz, les huiles comestibles, les graises, les légumes secs, le savon, le lait condensé et la morue étaient importés. Il a fallu trouver des substituts locaux à de nombreux produits. L'époque du "baye coco pou savon" débutait. Le coco était transformé en savon, localement.  Les pêcheurs locaux fournissaient la demande intérieure en poissons frais. Et pour le poisson salé, bien que ne remplaçant pas la morue, il existait aussi des solutions locales.

 

Les communes des îles du Nord de l'archipel guadeloupéen, Saint-Martin et Saint-Barthélemy vont contribuer à l'effort guadeloupéen pour la recherche de l'autosuffissance alimentaire. Saint-Martin disposait des uniques salines exploitées de l'archipel. En 1940, la production saint-martinoise est estimée à 80.000 barils par an (1 baril valant 115 kg) (1). La colonie pourrait également remettre en production les salines de Saint-Barthélemy, de Saint-François ou de la Désirade mais je n'ai pas trouvé de document attestant d'une réelle volonté. 

 

Un  témoin de ses années nous rapporte plusieurs annectodes sur le sel en Guadeloupe à cette époque. Il nous dit que le gouveneur Sorin avait décidé de réquisitionné le sel de M. Fleming à Saint-Martin et de lui imposé un prix d'achat inférieur à celui demander par Fleming. Ce dernier dès que Sorin avait quitté Saint-Martin, avait entrepris d'entreposer le sel de la partie française à la partie hollandaise de l'île et remettre de l'eau de mer dans les bassins. Inutile de dire qu'au retour du gouverneur Sorin, il n'y avait plus de sel disponible! Une tentative de fabrication de sel par l'usine sucrière de Marquisat fut aussi ordonnée pour être abandonnée rapidement, le sel produit était vert en raison de l'oxydatation des tubes en cuivre de l'usine! Restait aux guadeloupéens à se procurer le sel à partir d'eau de mer bouillie. (1)

 

Avec le sel saint-martinois, les saint-barthélemiens pouvaient continuer à exploiter leur propre circuit de production de poissons salés locaux qu'ils vendaient bien avant le conflit, sur les marchés de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre.  Un rapport signale l'existance d'une usine de conserves de poisson à Sain-Martin (2). 

 

Sur leurs petites îles, les saint-martinois et saint-barthélemiens vont contribuer à rompre l'îsolement commercial de notre archipel en utilisant leur caboteurs. A l'époque navigait encore des voiliers entre la Guadeloupe et les îles du Nord pour le transports des marchandises et quelques fois de personnes. Un ouvrage, nous  dit que :"Les voiliers de Saint-Barthélémy et de Guadeloupe poursuivent leurs voyages entres les Iles du Nord, la Guadeloupe et la Martinique: Bernadette, Inses II, Marie Emile, Maris Stella, Mary, Nina II, Potick ... Ils transportent des cigarettes, des pneus, du sucre, du rhum du sel de l'huile et d'autres produits alimentaires" (3).

 

Le 20 mai 1943, le voilier Inès II, de Saint-Martin, avec un chargement de poisson salé. Si le bateau vient de Saint-Martin, il transporte du poisson salé de Saint-Barthélemy pour le compte des exportateurs R. de Haenen et H. Genin. Malheureusement, le vétérinaire du service d'Agriculture de la colonie a examiné les poissons "de sa propre initiative" (sic). Et il a prononcé la saisie de cinq caisses de poissons sur les seize caisses car imporpre à la consommation.

Or le dr Bougenot et un membre du service des échanges commerciaux et ravitaillement de la Guadeloupe, ont un avis contraire et demande au gouverneur de lever la saisie et de mettre en vente les poissons salés! Heureusement toutes les introductions de poissons salés ne sont pas aussi problèmatique et le  29 mai 1943, la Nina II arrivait de Saint-Barthélemy à Basse-Terre avec quatre caisses de poissons salés consommables sans aucunes restrictions.

L'administration ne nous détaille pas les espèces locales consommées salées (4). Aujourd'hui nous trouvons encore du congre salé vendu dans les salaisonneries locales. La salaison des espèces  locales ne sont faites que de façon artisanale dans les familles de marin-pêcheur sans traçabilité. 

Les guadeloupéens salaient toutes sortes de  poissons  avant la généralisation du réfrigirateur. Vous trouviez en plus du congre également du requin et du cailli salé.

 

 

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Sources:

(1). Enregistrement d'association Trésors du Patrimoine.

(2.) BLANCHE, Lenis. La pêche maritime en Guadeloupe. Décembre . Archives Départmentales de la Guadeloupe, INC 940.

(3). Page 101. Fédération Nationale du Mérite Martitime et de la Médalille d'honneur des marins coordonné par Roger Jaffray. Les transports maritimes aux Antilles et en Guyane Françaises depuis 1930. L'Harmattan, 2009.

(4). Archives Départmentales de la Guadeloupe, INC 135.

 

L'image d'illustration viens du site :http://www.museesaintmartin.com/album/diaporama/2

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 01:26

Vous êtes déjà venu en avion en Guadeloupe? Vous avez probablement noté cette curiosité. Le code international de l'aéroport de la Guadeloupe est PTP (si, si essayez sur les sites de réservations en ligne). PTP, ça veux dire Pointe-à-Pitre. De toute façon, les nombreuses annonces du personnel de bord, en plusieurs langues,  vous auraient permis de conclure facilement que PTP c'est Pointe-à-Pitre. Votre arrivée à Pointe-à-Pitre est prévue quand? Cher visiteurs: bienvenue à Pointe-à-Pitre!

 

La majorité des voyageurs aériens atterrissent en Guadeloupe, à l'aéroport Pole Caraïbes. Et l'aéroport c'est un fait indéniable est situé sur la commune des ... Abymes! Pour quelques croisiéristes, l'aéroport sera dit  "Terminal Sud". C'est en fait, l'ancien aéroport de la Guadeloupe dit aussi aéroport de Pointe-à-Pitre Le Raizet. Ce dernier est aussi situé aux Abymes. Pour les autres, il existe des pistes d'aérodromes aux Saintes, à Marie-Galante et à Saint-Français et  aucun à ... Pointe-à-Pitre.

 

Pointe-à-Pitre, actuellement sous-préfecture de la Guadeloupe, est en fait une très petite commune avec peu de réserve foncière, au contraire des Abymes, la plus grande des communes de l'archipel. Et puisque vous êtes arrivé à Pointe-à-Pitre Pole Caraïbe, vous allez visiter la ville que nous appelons tous Lapwènt (La Pointe).

Prenez donc la route qui mène à Lauriscisque, petit port de pêche pointois. Côté mer, vous pouvez voir les installations du Port Autonome de la Guadeloupe. Et si vous ne voyez que cela, c'est parce que c'est ici qu'est dissimulé le secret de Pointe-à-Pitre, aéroport de Guadeloupe.

Je dis aéroport mais je dois être plus précise. C'est une base d'hydravions civile qui y avait ses pontons.

 

20

En 1927, le premier et peut-être bien le seul avion qui a atterrit à Pointe-à-Pitre, s'est posé sur la Place de la Victoire débute l'ère de l'aviation de la colonie. Le gouverneur de la Guadeloupe publie un arrêté du 11 mai 1928 rendant applicable dans la colonie les dispositions de la loi du 21 mai 1924 relatif à la navigation aérienne. (1). En 1928, une petite compagnie régionale états-unienne, débute ses rotations entre la Floride et Cuba, la Pan American ariways était née. Poursuivant son développement, elle met en place une liaison aérienne entre Miami et l'Amérique Latine en 1934 à l'aide des hydravions type Sikorsky S-42 (2). Des escales seront nécessaires dans les Petites Antilles et la Guyane française (3).

 

En Guadeloupe, le développement de la liaison aérienne s'organise pour aboutir à la création officielle d'une base civile d'hydravion dans la baie du Petit-Cul de Sac Marin, le 14 Novembre 1939 au lieu dit "Jarry". Un rectangle de 1 800 mètres de long sur 250 mètres de large est balisé:

"-Le grand côté Est du rectangle est déterminé par une ligne imaginaire partant de la Pointe Morne à Savon et orientée à 148°.

Une balise de 5 mètres de hauteur avec voyant circulaire, posée à la Pointe Morne à Savon et une balise de 2 mètres de hauteur avec voyant circulaire, posée à l'est du Banc Provençal fixeront la direction de ce côté.

-Deux balises de 5 mètres de hauteur avec voyant circulaire, posées dans l'Est de l'Ilet à Boissard, fixeront, dans le Sud la limite en longueur du plan d'eau.

-La largeur de 250 mètres est comptée normalement au grand côté ci-dessus dans l'ouest.

-La  direction du grand côté Ouest du rectangle sera fixée au moyen d'une balise de 5 mètres de hauteur avec voyant circulaire posée à 250 mètres de la Pointe Morne à Savon et orientée à 238° et dans une balise de 5 mètres de hauteur avec voyant circulaire, posée dans le nord du Banc Rose" (3).

 

55.jpg


Officiellement, cette base d'hydravion prend la dénomination de :"base civile d'hydravions Pointe-à-Pitre-Jarry." A l'époque, Jarry n'est pas encore urbanisée comme elle est aujourd'hui. C'est une zone de mangrove. La Pointe Jarry abrite quelques maisons mais rien de comparable avec Pointe-à-Pitre. A l'usage, les habitants finissent par oublier Jarry et ne parle plus que de la base d'hydravion de Pointe-à-Pitre.  Car c'est du côté pointois que sont les premiers bâtiments de la base d'hydravion. Maintenant, vous savez qu'en continuant de nommer l'aéroport Pole Caraïbe par l'expression aéroport de Pointe-à-Pitre Pole Caraïbe, nous contribuons à rendre un homage aux pionniers de l'aviation civile et particulièrement aux pilotes d'hydravions de la baie du Petit Cul de Sac: bienvenue à Pointe-à-Pitre!

 

 

 

(1) Arrêté portant création d'une base civile d'hydravions ouverte à la circulation publique dans le Port de la Pointe-à-Pitre, 14 Novembre 1939. Fonds de l'Incendie de 1955, carton 1. Archives départementales de Guadeloupe.

(2) http://www.clipperflyingboats.com/pan-am/sikorsky-s42

(3) Page 14. Fédération nationale du Mérite maritime et de la Médaille d'honneur des marins, coordoné par Roger JAFFRAY. Les transports maritimes aux Antilles et en Guyane françaises depuis 1930. L'Harmattan, 2009.

(4) Article 1. Arrêté portant création d'une base civile d'hydravions ouverte à la circulation publique dans le Port de la Pointe-à-Pitre, 14 Novembre 1939. Fonds de l'Incendie de 1955, carton 1. Archives départementales de Guadeloupe.

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 01:50

J'ai reçu la semaine dernière un lien concernant un groupe de baleine à bosse males actif au large de la Guadeloupe. C'est l'occasion de parler non seulement de leur présence dans la Caraïbe mais également de leur impact sur l'histoire maritime de nos îles.

Ci-dessous: Dauphin et baleine 

 

antique-picture-of-whales-400

 J'ai volontairement limité ce premier exemple à la pêche au large de la Guadeloupe et de la Martinique mais elle a été pratiqué dans l'ensemble de la Caraïbe, ce qui vaut à l'ensemble des pays de la zone d'être membre de la Commission baleinière internationale.

 

La pêche à la baleine se pratiquait en Caraïbe. Depuis le moratoire de la Commission baleinière internationale de 1986, elle est pratiquée uniquement par le Japon, l'Islande et la Norvège. La pêche à la baleine n'est plus pratiquée sur les côtes françaises des Antilles où se pratique désormais des observations scientifiques et touristiques. Je vous propose l'extrait d'un texte évoquant cette pêche au large de la Guadeloupe et de la Martinique.   


 

"...Dans les Antilles, la pêche à la baleine par des navires américains remonte à une époque assez reculée. Le maréchal de Castries, ministre de la marine, par une dépêche d'aout 1787, insérée page 50 du 4e volume du Code de la Martinique, publié par M. Durand-Molard, sous-commissaire des colonies, prescrivait aux administrateurs généraux de s'entendre avec le commandant de la station, pour empêcher des bâtiments des Etats-Unis de l'Amérique de faire, sur les côtes de nos îles, la pêche à la baleine et du souffleur (1), comme ne pouvant pas avoir d'autre but que le commerce interlope.


Pêche baleine

 

Les Américains la recommencèrent en 1804, puis en 1816, lorsque les colonies furent rendues à leur métropole. Les hostilités, auxquelles ils prirent part, la leur firent suspendre; et pendant l'occupation de ces colonies par les Anglais, la séverité de leur lois prohibitives de cette nation sur l'approche de leurs côtes par les étrangers, a entièrement interrompu cette pêche.

 

 

 

 

Ci-dessus: Bâtiments américains à la pêche à la baleine.

Kendal Whalling Museum

 

Vers la fin 1818, un brig américain, l'Industry, du port de cent vingt tonneaux, parti de West-port (2), dans le New Bedford, ayant quatorze hommes d'équipage, vint faire, sur les côtes de la Martinique, la pêche à la baleine: il avait pris, pendant sa croisière, huit cétacés, dont deux du nombre de ceux que les Américains appellent sperma-ceti whale (3), qui sont, je crois, les vraies baleines, dans la tête desquelles seules se trouve l'adipocire ou substance graisseuse qui donne l'huile dite sperma-ceti (4), et la matière qui sert à la fabrication de bougie, appellée blanc de baleine. L'huile retirée du corps de cette espèce de cétacé est une qualité inférieure à celle qu'on extrait de la substance graisseuse de la tête.

Baleen whale, dolphin, seals and whalin boats from Hanselma

...

L'autre fut harponnée près de la Guadeloupe, à la sortie du canal des Saintes; elle avait soixante à soixante-dix pieds de long : sa tête donna environ soixante barils de la substance dont il vient d'être parlé, et, son corps, près de vingt-cinq barils d'huile.

L'Industry ne prit devant la Martinique que deux cétacés, mais de ceux nommés par les Américains fineblack whale (5), que l'on croit le cachalot proprement dit.

...

Les quatres autres cétacés dont l'Industry  parvient à s'emparer, étaient de ceux appelés par les Américains, common whale, que l'on croit être le souffleur, espèce abondante dans ces mers.

...

Ci-dessus, baleine, dauphin, phoque et bateaux de pêche.

 

Sa croisière commença par le grand-banc de Terre Neuve; puis il fut près des Açores, de là aux îles du Cap-Vert, et vint ensuite s'établir depuis le canal de Sainte-Lucie jusque devant le port des Haies (4), à la Guadeloupe..."Dépeçage baleine

 

Ci-contre, dépeçage baleine

 

Source: pages 397 à 403. Annales maritimes et coloniales, partie 2, volume 5. 1820.

 

Commentaires: 

(1): Le dauphin souffleur, Tursiops truncatus.

(2):Westport probablement Westport, Massachussets. http://www.westporthistory.com/whaling/

(3): Le cachalot, Physeter macrocephalus.

(4): Le rorqual, Balaenoptera physalus.

(5): actuellement la commune de Deshaies, Guadeloupe.

 

link Vidéo du groupe de baleines.

 

 


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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 16:09

Ci-joint le programme de la conférence-débat coorganisée par le CRDP et le Rectorat de la Guadeloupe

Nos intervenants:

 

M.Stephan MARTENS, Recteur de l'académie de la Guadeloupe: "Insérer l'école dans son territoire"


·  Mme Myriam Alamkan, Chercheure en histoire maritime des Petites Antilles: L'héritage des corsaires et pirates de la Caraïbe

·  Mme Lydia Barfleur, directrice de l'Institut de Coopération Franco-Caraïbe: L'illettrisme en Haïti: les actions menées par les programmes internationaux

·  M. Julien Merion, CORECA : "La Guadeloupe et la Coopération caraïbe : mariage d'amour ou mariage de raison ?"

· M. Eric Nabajoth, Maître de conférence en sciences politiques, UAG: La place da la mer des Caraïbes dans la construction d'une géopolitique régionale.

 

Rendee-vous le 26 avril 2012 au CRDP à 14h30.

carton conference debat mer caraibe2 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 12:30

Le Conseil Guadeloupéen Pour les Langues Indiennes
Vous invite Cordialement

à la
Conférence de l'Historien Jacques Adélaïde Merlande

sur le thème : 
l'Immigration Indienne dans la Caraïbe et les Guyanes

Vendredi 20 avril 2012 à 19h00 (précises)
Au Siège du CGPLI : 53 Chemin-Neuf, Pointe à Pitre

Entrée libre
Réservez S.V.P. : 0590 82 12 97 ou cgpli@orange.fr 

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 20:12

carton conference debat mer caraibe2Je participe aux côtés d'Eric Nabajoth, Lydia Barfleur et Julien Mérion à la conférence-débat organisée par le Rectorat de la Guadeloupe et le CRDP de la Guadeloupe, le 26 avril 2012, à 14h30.

 

Accèssibilité: la salle est de plein pied, j'y ai veillé!

 

 

 

 

Ma conférence a pour thème "Héritage des pirates et corsaire de la Caraïbe". Je vais tenter de faire mentir la devise pirate: dead men tell no tales! (les morts ne racontent pas d''histoire".

 

Extrait de ma présentation: "Pirates et corsaire ont précédé les colons en Amérique et aux Caraïbes. Ils ont été des découvreurs autant que des voleurs, pilleurs et autres assassins."  Voici leurs histoires! Oui je sais ça fait un peu New York Unité Spéciale mais c'est de rigueur. Pour découvrir le lien entre les pirates, flibustiers et corsaires avec New York, c'est simple, venez m'écouter la semaine prochaine. 

 

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 00:57

J'ai été invitée au vernissage de l'exposition Rohner à l'Artchipel (Basse-Terre, Guadeloupe). Je n'ai pas pu m'y rendre mais il y a quelques jours j'ai enfin pu admirer les toiles de Rohner. L'accès n'était pas facile à cause des travaux menés dans le parking mais des ouvriers du chantier aux agents de l'Artchipel, tous ont aidé à me rendre accessible la salle d'exposition. Si vous venez en fauteuil roulant, téléphonez pour préparer votre venue, ce sera plus facile. La visite est commentée. Merci à Mlle Crâne qui m'a reçu.

 

 

Georges Rohner a peint la Guadeloupe au moment où la colonie s'apprêtait à fêter le Tricentenaire de son rattachement à la France en 1935. Il a fait son service militaire au Camp Jacob à Saint-Claude. C'est un peintre figuratif appartenant au courant "Forces Nouvelles" et s’il m'intéresse, c'est qu'il a représenté des bateaux dans ses toiles guadeloupéennes.

 G Rohner 2

 

Nos "boats" car ce n'est que récemment, que l'expression "saintoise" a détrôné l'appellation "boat" de notre créole régional tout comme dans notre français régional, sont présentés dans leurs diversités.

G Rohner

 

Dans sa toile "Les Pêcheurs des Saintes" nous avons représenté à l'arrière-plan, un canot à rames et un autre à voile unique, triangulaire.


(ci-contre, détail de la voilure.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l'aquarelle ci-dessus, "Personnages et voiliers guadeloupéens"; le bateau à rames est au premier plan et les voiliers au second plan sur l'eau.


  "G-Rohner-4.JPG

Dans les Pêcheurs II", un canot à voile est aussi en arrière-plan. Il présente une voilure différente. Un foc et une grand-voile. (A gauche)

 

 

 Regardez maintenant des voiliers lors d'une course de boats à Pointe-à-Pitre. 

(Ci-dessous)

112

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plusieurs types de gréements ont coexisté en Guadeloupe durant le XXème siècle.    

Poursuivons  notre examen des canots dans "Pêcheurs devant Basse-Terre" et remarquez le marin à gauche porte un salako, chapeau aux allures indochinoises adoptés par les pêcheurs vivants dans le micro archipel des Saintes.


G Rohner 3

 

A la droite, il y a un marin représenté de dos avec une marinière bleue et blanche et un chapeau de paille. Regardez la position des pieds des deux marins: ils sont tous les deux à "plat". Les canots de pêche représentés sont tous deux à fond plat.


 

Canots pêche Vieux Fort

Tous les boats guadeloupéens ne sont pas à fond plat comme le montre cette carte postale ancienne de canots de pêche à rames de Vieux Fort.

 

 

 

Les charpentiers de marine ont mis au point le canot type "saintoise" moderne. Ils se sont appuyé sur une connaissance fine de leur environnement et des besoins des pêcheurs de l'archipel guadeloupéen.


 

 

 

 

Où sont les saintoises guadeloupéennes dans les tableaux de  Rohner? Rohner a immortalisé ce qu'il a vu. Plusieurs années ont été nécessaires pour mettre au point le bateau dit actuellement "saintoise". Le bateau utilisé pour la compétition sportive est encore une nouvelle adaptation qui a été normalisé par le  Comité Guadeloupéen de Voile Traditionnelle.


En l'absence de documentation écrite, les charpentiers de marine ont fait évoluer les canots pour devenir progressivement un des meilleurs voiliers de pêche des Petites Antilles. Je suis, personnellement, admirative de ce travail .Merci à Georges Rohner de nous permettre de découvrir aux détours de ses toiles des détails importants de l'histoire de la construction maritime de la Guadeloupe.

 

A l'Artchipel, Basse-Terre jusqu'au 5 mai 2012

Gerges Rohner et la Guadeloupe 1934-1936, éditions Jasor, 2011.

 

 

 

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 23:21

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Les Journées d'Histoire de la Grande Pêche nous donnent rendez-vous le 18 et 19 mai 2012 au théâtre Le Passage, 54 rue Jules Ferry, à Fécamp.


Colloque organisé par la Société française d’histoire maritime,
le Musée des Terre-Neuvas de Fécamp et le Musée du Vieux-Granville
avec le soutien de la Ville de Fécamp,
de l’Association Fécamp-Terre-Neuve,
du Pôle maritime de la maison des sciences humaines
de l’université de Caen-Basse-Normandie,
du Service historique de la Défense à Cherbourg,
de l’Institut Français de la Mer,
et du G.I.S. d’histoire maritime.

 

Ouvert au public. Entrée gratuite. Pré-inscription avant le 15 avril auprès du Musée de Fécamp.

 

Nous sommes particulièrement fiers de participer à nouveau aux Journées de l'Histoire de la Grande Pêche. Je présenterai une communication sur "Le French Colonial Supply Mission, la Mission des Colonies et la réorganisation du l'approvisionnement en morue de la Guadeloupe entre 1943 et 1945", samedi 19 mai à 15h00.

 

Je remercie personnellement M. Eric Barré de m’avoir convaincu de revenir. Il a su avec l’aide du personnel du Musée de Fécamp,  organiser la prise en charge de mon invalidité pour qu'elle ne soit pas un obstacle à ma participation.

 

Je vous mets également un lien vers le programme général  http://issuu.com/fecamp/docs/programme_colloque13-04-2012 19;21;32

 

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Published by Myriam Alamkan - dans Evenement
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