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Ravine-Chaude : le trésor du Lamentin (Guadeloupe) à la fin du 19ème siècle

Pour une fois, nous quittons le monde maritime pour saluer la renaissance des piscines d’eaux chaudes de ma ville d’adoption : Lamentin.

Plus jeune, mon frère, ma sœur et moi demandions régulièrement à maman, 5 francs pour aller nous baigner à Ravine-Chaude. C’était un grand plaisir pour nous d’aller prendre un bain chaud et relaxant dans les piscines de la commune. Comme tous les Lamentinois, nous avons une affection particulière pour notre Ravine-Chaude, mais je ne pense pas que beaucoup d’entre nous connaissent les histoires liées à ce lieu.

Comment a-t-on découvert les vertus curatives de cette source ? Une légende est rapportée dans un texte de Sainte-Luce Banchelin en 1924 dans « Les colonies françaises d’Amérique ». Il rapporte une légende selon laquelle, ce serait à un chien qui aurait permis la découverte des vertus des eaux de Ravine-Chaude.

« Son maître était désespéré ; voyant l’animal dépérir de façon étonnante et y tenant beaucoup, il tâcha de le distraire en l’emmenant à la chasse avec lui : ce chien avait perdu sa maîtresse et était d’une tristesse qui le faisait mourir. Il était déjà couvert de gale ; le savon noir ni le soufre ne faisait aucun effet sur lui ; il avait les jambes tordues.

Après plusieurs parties de chasse, le gentleman remarqua que son chien reprenait à la vie. Il crût d’abord que c’était l’exercice et la distraction qui lui faisait du bien. Mais un jour, en passant près de la Ravine qui, en ce moment, coulait dans un tapis de curage, il remarqua que son chien prenait plaisir à s’y jeter et y restait fort longtemps. Il voulut savoir pourquoi l’animal se trouvait si bien dans cette eau. Il fut surpris en y plongeant la main de trouver cette eau tiède et fut charmé de sa limpidité.

Il se rendit compte que la métamorphose de son fidèle compagnon qui se traînait à peine quelques jours auparavant. Son chien s’était guérit de trois maladies dans ses eaux merveilleuses : 1° de la tristesse ; 2°du rhumatisme ; 3° de la gale. »

Ravine-Chaude : le trésor du Lamentin (Guadeloupe) à la fin du 19ème siècle

En tout cas, les habitants de la zone n’ont pas attendu la construction du premier centre thermal vers les années 1960 pour profiter des eaux de Ravine-Chaude. Dès la fin du 19ème siècle, ils utilisaient des piscines. M Cuzent, pharmacien de marine (hé oui, les marins ne sont jamais loin même quand nous évoquons les eaux de sources) publie en 1864 « Eau thermale du Lamentin (Guadeloupe) » dans lequel il écrit que des analyses ont été faites en 1842 par « M. Dupuy, pharmacien de marine et chef du service pharmaceutique de la Guadeloupe ». Il évoque aussi des analyses plus anciennes de 1822. Le site de Ravine-Chaude est également associé, selon le même auteur, à la révolte des noirs remis brutalement en esclavage en 1802. Ils auraient attaqués la maison Juston. Mais revenons, aux eaux chaudes de la ravine.

Pour se baigner dans l’eau des aménagements ont été nécessaire. Les bains ne sont pas municipaux mais privé. Les cartes postales du début du 20ème siècle ne me semblent pas très éloignées du témoignage de M. Cuzent :

«…transversalement placée sur le bassin que je viens de décrire, s’élève la maison de bain longue de 16 mètres et large de 4 mètres 60 centimètres.

Divisée au milieu par une cloison qui isole complétement les baigneurs des deux sexes, il existe de chaque côté des vestiaires et une piscine dans laquelle l’eau conserve toujours ses 33° de chaleur vu la rapidité de son courant.

Exempt de boue, le fond des piscines est pavé de pierres de Barsac et de larges marches de ce même tuffeau jaune, donnent accès aux bains. »

Bien sur le nouveau centre sera plus moderne et doter de nouveaux aménagements, nous attendrons tranquillement sa réouverture et les bains chasserons la tristesse de beaucoup surtout si des aménagements sont prévus pour les personnes à mobilité réduite pour qui la chaleur mais aussi la composition chimique de l’eau pourrais être un plus.

Ravine-Chaude n’est pas l’unique site où l’eau atteint 33°, il existe d'autres bassins en sud Basse-Terre qui possèdent également une source à 33° ceux de Dolé à Gourbeyre.

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Published by Myriam Alamkan - dans Mai 2016