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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 14:06
Quand le Fort Napoléon était convertis en prison administrative durant la Seconde Guerre Mondiale

Le gouverneur de la Guadeloupe Constant Sorin promulgue le 13 septembre 1940 l’arrêté faisant du Fort Napoléon à Terre de Haut (Guadeloupe) une prison pour les « les individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ».

Parmi les internés administratifs du Fort Napoléon, les deux plus célèbres seront Rosan Girard, futur fondateur du parti communiste et Paul Valentino, conseiller général socialiste qui a refusé l’armistice de 1940 et a tenté de convaincre Constant Sorin de faire de même. Mais surtout Paul Valentino souhaitait l’application de la loi Tréveneuc du 15 février 1872. Le pouvoir exécutif de la colonie aurait été transféré au Conseil Général. Mais ces deux internements sont politiques. Or l’administration de Vichy a d’autres ennemis intérieurs bien moins connus. Tous formeront le groupe de résistance connu sous le nom de dissidence.

Quand le Fort Napoléon était convertis en prison administrative durant la Seconde Guerre Mondiale

Le 10 novembre 1941, le gouverneur Sorin prend une décision d’internement administratif pour quatre guadeloupéens coupables « de tentatives de départ à l’étranger ». Ceci est le motif légal, il faut pour mieux comprendre ce qu’est la dissidence extérieure. Eliane Sempaire la définit comme étant : « le phénomène le plus caractéristique d’opposition à la politique des représentants de Vichy en Guadeloupe, est sans conteste la dissidence qui pris dans son sens étroit signifie : départ vers une île anglaise pour s’enrôler dans les Forces Françaises Combattantes. La dissidence symbolise la désobéissance, mais surtout une initiative volontaire et déterminée de partir à la recherche d’un autre idéal. » 

Au départ de la Guadeloupe, il n’y a pas d’autre moyen, à l’époque, il faut prendre un bateau pour rejoindre une île britannique. La Dominique, Antigue ou Monserrat sont depuis toujours à porter de canot. Cela ne signifie pas que tous les dissidents soient des marins ou des marins-pêcheurs ou des marins de plaisance. Le gouverneur Sorin, l’a bien compris et ordonne également l’internement administratif de ceux qui se sont « rendus coupable d’avoir facilité les départs vers l’étranger. » Dans l’article 1 de l’arrêté on peut lire que « Sont internés administrativement au Fort Napoléon des Saintes, jusqu’à cessation légale des hostilités. » et l’article 2 donne des détails sur le nom, l’âge et la profession de chaque individu mais aussi le nom de leur père et mère et leur adresse afin que l’humiliation soit totale et que l’infamie touche l’ensemble de la famille.

Nous trouvons dans cette petite liste de quatre personnes : Firmin Daudry, marin-pêcheur ; Antoine Torrent, journalier ; Jacob Déride, coiffeur ; Pierre-Joseph Stanislas, profession non mentionnée. La nature de l’aide apportée aux dissidents à l’air évident pour le marin-pêcheur pour les autres s’est plus difficile de savoir en quoi ils ont concourus. Tous habitent la ville de Basse-Terre. Certains habitent juste à côté de la mer comme messieurs Déride et Torrent qui habitaient à la rue du Père Labat. Pour les autres, je n’ai pas assez de documents pour savoir où étaient la rue Gondrecourt et la rue de Mon-Repos.

Et pour ceux qui ont réellement tenté de fuir la Guadeloupe pour rejoindre les Forces Françaises Libres via les îles britanniques, nous avons des noms, les dates de naissance, le nom de leur père et mère, leur profession et leur adresse. C’est quatre Basse-Terriens sont messieurs Emmanuel Françius, boulanger ; Joseph Négo, chauffeur de taxi ; Evariste Assor, tailleur ; Gaston-Marc Houblon, forgeron.

Je n'ai pas pu consulter les dossiers administratifs qui ont conduit à leurs internements au Fort Napoléon. Peut-être que mes lecteurs aurons plus de renseignements que moi parce que je ne faisais pas de recherche spécifiques sur la dissidence mais j'ai glané ces petits documents au hasard d'une grande collecte sur les approvisionnements.

Pour ceux qui veulent compléter leurs connaissances, je vous propose de lire : Eric Jennings, "Vichy sous les tropiques". Editions Grasset, 2004 et Eliane Sempaire "La dissidence an tan Sorin", Ibis Rouge 2012.

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Published by Myriam Alamkan - dans Mai 2017
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