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Le blog de Myriam Alamkan

Histoire maritime et patrimoine de la Caraïbe.

Pirogue des Anses d'Arlet à Fort-Royal (Martinique)

Collection musée d'Aquitaine

Collection musée d'Aquitaine

A la fin du XVIIIème siècle, la pirogue à voile s’est imposée, en Martinique, dans le cabotage des marchandises entre les paroisses de l’île et pour le commerce inter-îles. C’est ce que montre cette ordonnance de l’intendant de la Martinique sur les pirogues faisans le cabotage, publié dans le Code de la Martinique (page 229, imprimerie Pierre Richard, Saint-Pierre, 1767).

« Etant parvenu à notre connoissance que la plupart des pirogues de cette isle & isles voisines faisant le cabotage autour d’une isle ou d’une isle à une autre, partoient et arrivoient sans faire les soumissions exigées par les ordonnances, au bureau de domaine le plus prochain du lieu de leur départ ou de leur arrivée, ce qui est une contravention formelle aux ordonnances de sa Majesté, d’où il peut résulter de très grands inconvéniens : Nous, pour remédier à cet abus, ordonnons que les armateurs & maîtres de pirogues, tant de cette isles que des isles voisines, se conformerons aux ordonnances des fermes, avant leur départ du lieu de leur armement, & à leur arrivée en quelque isle que ce soit, à peine contre les contrevenans, d’encourir les peines portées par lesdites ordonnances; en conséquence faisons défense à tous armateurs, capitaines ou maîtres de pirogues, de sortir du lieu d’armement, & mettre à la voile pour faire le cabotage autour d’une isle, ou d’une isle à une autre, sans avoir fait leur soumission au bureau du  domaine le plus prochain du lieu du départ ou de leur arrivée, &  ce, à peine de confiscation au profit de Sa Majesté, desdites pirogues, de leur équipage & de leur cargaison, & contre les contrevenans de toutes autres peines portées par les ordonnances, suivant l’exigence des cas. Enjoignons sous les mêmes peines, à tous les capitaines & maîtres de pirogues, de faire soumissions audit bureau du domaine dans les vingt-quatre heures de leur arrivée, & avant la décharge d’aucune marchandise hors de leur bord. Et personne n’en prétendre cause d’ignorance, nous ordonnons que les présentes soient enregistrées au bureau général du domaine établi en cette isle, enregistrées, lûes & publiées par-tout ailleurs où besoin sera, à la diligence des procureurs du Roi des sièges d’Amirauté établis en cette isle. Donné à la Martinique sous le sceau de nos armes & le contre-seing de notre secrétaire, le sept juillet mil sept cent soixante. Signé DE la RIVIERE. Et plus bas par Monseigneur. Signé ROIGNAN. » (Orthographe originale).

Extrait d'une carte administrative de la Martinique

Extrait d'une carte administrative de la Martinique

En rapprochant, le texte de cette ordonnance de cette lithographie non datée intitulée « pirogue des anses d’Arlet », nous pouvons conclure, que le sujet est antérieur au XIXème siècle. Car suite à la prise de l’arrêté consulaire du 10 floréal an 10 (18 avril 1802), le Fort-Royal de la Martinique prends le nom de Fort-de-France.

Cliquez sur la notice Joconde, puis utilisez la fonction zoom. Vous pouvez distinguer des pirogues à rames et une autre voile se dessine en arrière-plan. Les pirogues à voile ou à rames sont un témoignage de l’héritage amérindien de la culture de navigation navale de la Martinique. Au cours du XVIIIème siècle, la pirogue à voile semble devenir le modèle de référence pour le petit cabotage pour le transport des marchandises, légal ou illégal, et les pirogues à rames celui du transport des passagers. Le titre de la lithographie semble attester d’un modèle de pirogue à voile spécifique des Anses d’Arlet, la paroisse étant distante d’une trentaine de kilomètres, par voie terrestre, de Fort-Royal. Mais en l’absence de sources complémentaires nous ne pourrons pas caractériser les pirogues des Anses d’Arlet, de celles du Fort-Royal.

En rapprochant, le texte de cette ordonnance de cette lithographie non datée intitulée « pirogue des anses d’Arlet », nous pouvons conclure, que le sujet est antérieur au XIXème siècle. Car suite à la prise de l’arrêté consulaire du 10 floréal an 10 (18 avril 1802), le Fort-Royal de la Martinique prends le nom de Fort-de-France.

Si vous utilisez la fonction zoom, sur la miniature , vous pouvez distinguer des pirogues à rames et une autre voile se dessine en arrière-plan. Les pirogues à voile ou à rames sont un témoignage de l’héritage amérindien de la culture de navigation navale de la Martinique. Au cours du XVIIIème siècle, la pirogue à voile semble devenir le modèle de référence pour le petit cabotage pour le transport des marchandises, légal ou illégal, et les pirogues à rames celui du transport des passagers. Le titre de la lithographie semble attester d’’un modèle de pirogue à voile spécifique des Anses d’Arlet, la paroisse étant distante d’une trentaine de kilomètres de Fort-Royal, a pu crée un modèle particulier de pirogue à voile. Mais en l’absence de sources complémentaires nous ne pourrons pas caractériser les pirogues des Anses d’Arlet, de celles du Fort-Royal.

Les sources iconographiques, témoins de la vie maritime des colonies, sont précieuses pour les historiens. Elles participent à une meilleure compréhension de l’histoire de la construction navale dans nos contrées.

 

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