Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Myriam Alamkan

Histoire maritime et patrimoine de la Caraïbe.

La liberté pour quinze cent francs : l’affranchissement de Zilba Asaël et son fils Aristide (Asaël) Saint-Louis. (1846, Basse-Terre, Guadeloupe).

Basse-Terre vers 1865 (dont le Cours Nolivos sur l'image du bas)

Basse-Terre vers 1865 (dont le Cours Nolivos sur l'image du bas)

L’an dernier, mon cousin Jonathan L., m’a invité à mettre mon arbre généalogique en forme sur une nouvelle application internet. Cela a été l’occasion, de mettre un peu d’ordre dans mes classeurs où je classe ceux que j’appelle affectueusement mes vieux parents et de mettre à jour les informations sur mon ancêtre Zilba. La généalogie, quand vous êtes comme moi issue d’une famille américaine, butte souvent arrivé à la seconde abolition de l’esclavage de 1848, pour nos ascendants africains. Mais parfois, vous pouvez remonter bien plus loin. C’est le cas aujourd’hui, nous remontons jusqu’en 1846.

L’an mil huit cent quarante-six, le mercredi deux décembre à dix heures du matin, nous Henri Auguste Vatable, adjoint délégué aux fonctions d’officier d’Etat-Civil de la ville de Basse-Terre, avons inscrit l’extrait de l’arrêté de monsieur le gouverneur Laryle, en date du cinq septembre dernier portant que la nommée Zilba, âgée de vingt-deux ans, marchande, et son fils Aristide, âgé de trois ans, tous deux demeurant à la Basse-Terre, appartenant à la Dame veuve Moreau, ayant versé au Trésor la somme de quinze cent cinquante francs, prix fixé par la commission pour leur rachat, sont déclarés libres sous le nom patronymique d’Asaël, et les prénoms la première de Marie, le deuxième d’Aristide ; le dit acte d’affranchissement, a été remis à l’impétrante …

Etat-civil ville de Basse-Terre, 1846

J’ai pu retrouver cet acte grâce à l’acte de mariage d’Aristide Asaël Saint-Louis avec Angèle Amireille Bianay. Je ne pourrais pas vous dire quand mon ancêtre a pu ajouter le patronyme de Saint-Louis à Asaël, mais le patronyme de Saint-Louis qui s’est transmis de génération, en génération jusqu’à ma mère. C’est dommage que celui d’Asaël a été perdu.

L’économe Zilba a donc payer son affranchissement et celui de son fils. Cette démarche a été rendu plus facile grâce aux ordonnances nationales qui seront prise au cours des années 1830 comme l’ordonnance du 12 juillet 1832 relatives à l’affranchissement des esclaves « libres de fait » hors marronage. Cependant, la lecture de l’arrêté paru au bulletin des actes administratifs de la Guadeloupe de 1846 montre que le gouverneur Laryle, motive sa décision à partir de la loi du 18 juillet 1845 et l’ordonnance du 23 octobre suivant.

Extrait du Bulletin officiel de la Martinique, ordonnance royale du 23 octobre 1845 relative à l'exécution de l'article 5, etc . Année 1846, pages 593 à 595.
Extrait du Bulletin officiel de la Martinique, ordonnance royale du 23 octobre 1845 relative à l'exécution de l'article 5, etc . Année 1846, pages 593 à 595.Extrait du Bulletin officiel de la Martinique, ordonnance royale du 23 octobre 1845 relative à l'exécution de l'article 5, etc . Année 1846, pages 593 à 595.

Extrait du Bulletin officiel de la Martinique, ordonnance royale du 23 octobre 1845 relative à l'exécution de l'article 5, etc . Année 1846, pages 593 à 595.

Je ne sais pas comment Zilba a connu cette nouvelle possibilité mais force est de constater qu’elle a rassembler promptement la somme fixée par la commission de rachat

Extrait Bulletin des actes administratifs de la Guadeloupe, année 1846.
Extrait Bulletin des actes administratifs de la Guadeloupe, année 1846.

Extrait Bulletin des actes administratifs de la Guadeloupe, année 1846.

Cependant, nous ne savons pas depuis quand elle avait commencé à économiser. Cela lui a été plus facile grâce au fait qu’elle a un métier et qu’elle n’est pas au travail des champs mais bien marchande, ce qui favorise l’accumulation de son capital pour payer ce dont aucun gouvernement n’aurait dû pouvoir la priver : sa liberté.

En payant son affranchissement, elle a également réglé celui de son fils Aristide. Ce dernier, lors de son mariage en 1868, se déclarât marin fils légitime de Saint-Louis, pêcheur ! Et je suis leur descendante en ligne directe. Entre moi et Zilba, six générations nous séparent.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

David Quénéhervé 15/06/2020 17:30

Pierre Paul MORAU est fils de Nicolas MORAU, décédé en 1840, et de Marie Magdeleine Auguste Zélie MORAU.

Ceux-ci se sont épousés à Basse-Terre le 9 janvier 1821

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=GUADELOUPE&commune=BASSE-TERRE&annee=1821&typeacte=AC_MA

Vue 2 - acte 1

Elle est décédée le 10 avril 1869 à Basse-Terre

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=GUADELOUPE&commune=BASSE-TERRE&annee=1869&typeacte=AC_DE

Vue 11 - acte 40

Je pense qu'elle se confond avec la veuve MOREAU que vous évoquez.

Pierre Paul MOREAU est né le 16 juin 1835 à Basse-Terre et est décédé à Paris le 2 juin 1917

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=GUADELOUPE&commune=BASSE-TERRE&annee=1835&typeacte=AC_NA

Vue 31 - acte 102

Dans cet acte, le patronyme est orthographié MOREAU

Auguste Déodat MORAU est Marie Nicolas François Auguste Déodat MORAU, né en 1832 à la Dominique et décédé à Paris en 1897.

Il se marie à Basse-Terre le 8 mai 1858 avec Marie Gabrielle Joséphine CAILLET, fille de Charles Nicolas Henry CAILLET (qui est le père de mon arrière-arrière-grand-père).

Mariage

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=GUADELOUPE&commune=BASSE-TERRE&annee=1858&typeacte=AC_MA

Vue 14 - acte 13

David Quénéhervé 15/06/2020 17:04

Marie dite Zilba ASAEL s'est mariée le 8 août 1856 à Basse-Terre avec Saint-Louis, pêcheur, domicilié à Basse-Terre mais natif de Bouillante, fils naturel de feue la demoiselle Marie Anne, décédée à Bouillante le 26 août 1824. Il est veuf d'Elisabeth, décédée le 22 septembre 1852 à Basse-Terre.

Décès de Marie Anne

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=GUADELOUPE&commune=BOUILLANTE&annee=1824

Vue 6 - acte 15

Décès d'Elisabeth

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=GUADELOUPE&commune=BASSE-TERRE&annee=1852&typeacte=AC_DE

Vue 78 - acte 307

Mariage de Saint-Louis et d'Elisabeth à Basse-Terre, le 22 mai 1851

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=GUADELOUPE&commune=BASSE-TERRE&annee=1851&typeacte=AC_MA

Vue 22 - acte 27

avec légitimation de deux enfants : Marie Françoise Elzida et Emile Oscard.

Mariage de Saint-Louis et de Marie dite Zilba ASAEL

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=GUADELOUPE&commune=BASSE-TERRE&annee=1856&typeacte=AC_MA

Vue 19 - acte 19

avec légitimation d'Aristide et d'Elisabeth Eugénie (née en 1854)

Parmi les témoins, Auguste Déodat MORAU, 23 ans, et Pierre Paul MORAU, 21 ans, commis de négociant

et mon ancêtre Charles Richard JEAN-ROMAIN, 30 ans, commerçant

Naissance d'Elisabeth Eugénie

http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=GUADELOUPE&commune=BASSE-TERRE&annee=1854&typeacte=AC_NA

Vue 64 - acte 25

Myriam Alamkan 15/06/2020 18:24

Merci M. Quénéhervé pour les informations complémentaires sur la famille Moreau/Morau. Je pensais faire un autre post sur Saint-Louis et surtout sur sa mère Marie-Anne qui a été affranchi également au cours du 18ème siècle. Vos commentaires compléteront cette future publication avantageusement.