Histoire maritime et patrimoine de la Caraïbe.
27 Juin 2025
Dans mon précédent post Massacre du capitaine Yance première partie, j’ai évoqué les événements survenus lors de l’établissement de la première colonie française pérenne sous le commandement des sieurs Jean du Plessis d’Ossonville et Charles Liénard de l’Olive. Je vous ai quitté en évoquant la mort particulièrement brutale de Yance le 26 janvier 1636, tuer par les colons français. Ce sont ces faits qui sont à l’origine de la commémoration du massacre de Yance à laquelle j’ai participé le 26 janvier 2025, comme spectatrice, à Mazarin, Vieux-Fort (Guadeloupe).
Cet évènement marque début des guerres menées par les colons français, en Guadeloupe, contre la population autochtone de l’île autrefois connu sous le nom de "Caraïbes", ou parfois "Sauvages", que nous désignons actuellement par le nom Kalinago.
Cette commémoration été organisée par les associations Kalina Gwada et CoReCa (Contact Recherches Caraïbes) avec le concours avec des municipalités de Vieux-Fort et de Trois-Rivières, en présence de madame Anette Thomas-Sanford, première cheffe Kalinago de la Dominique et d’autres élus et représentants de la société civile dont le mouvement culturel Voukoum. Une petite présentation historique a été faite par Julien Mérion, président du CoReCa. Cette association a par ailleurs publié un ouvrage « Caraïbe connexion, 30 ans de coopération populaire[1] », dans lequel vous pouvez retrouver un article consacré à Yance.
Ce texte présente d’une façon synthétique le « martyr de Yance ». Mais surtout il fait référence à Auguste Lacour et à son livre[2] , paru en 1855. Or Auguste Lacour, magistrat guadeloupéen, a pioché des éléments dans l’œuvre du père Dutertre[3] parue en 1667. Ces deux auteurs rapportent les événements du 26 janvier 1636. Ce jour marque pour tous les auteurs que j’ai pu consulter, la date à laquelle le gouverneur de l’Olive décide de faire la guerre aux Kalinagos. Cependant, en faisant la comparaison des récits, vous pouvez trouver des dissemblances. Tous les auteurs ne sont pas d’accord sur le déroulé des faits. Que s’est-il passé le 26 janvier 1636 ?
Poursuivons le récit fait par ces trois auteurs. Ils indiquent qu’une expédition a été ordonnée par le gouverneur de l’Olive qui constitue un petit groupe de quinze colons français qu’il place sous le commandement du sieur de Lafontaine. Ce groupe prendra place sur une chaloupe. Cette chaloupe est, en fait de type biscayenne selon le père Dutertre, c’est donc un bateau de petite taille qui est généralement pointue aux deux extrémités, gréer avec deux voiles et armées d’avirons.
Cette petite expédition, devra collecter des renseignements sur les carbets, c’est-à-dire des villages autochtones, puis elle récupérera les colons français qui habitaient dans les camps Kalinagos. En enfin, l’expédition de Lafontaine conduira ces colons français isolés, à la Pointe Allègre, où ils seront de nouveau soumis à l’autorité du gouverneur. Ce sont donc des préparatifs pour conduire une attaque contre les autochtones. Les carbets autochtones s’étendaient le long de la Côte-sous-le-Vent de la Guadeloupe jusqu’au site de l’actuelle commune de Vieux-Fort, au sud de l’île de Basse-Terre soit presque 65 km de côte.
[1] BALLET, Jules. La Guadeloupe. Renseignements sur l’histoire, la flore, la faune, la géologie, la minéralogie, le commerce, l’industrie, la législation, l’administration. Tome 1er-II-1625-1715.Imprimerie du gouvernement, Basse-Terre 1894.
[2] Charles Liénard de l’Olive devient en 1635 le seul gouverneur français de la Guadeloupe suite à la mort de Jean Du Plessis d’Ossonville le 5 décembre 1635.
Pour Auguste Lacour, puis pour Jules Ballet[1] et pour les nombreux auteurs postérieurs à eux ; l’histoire se déroule ainsi, les « Caraïbes » ont d’abord, trouvé un hamac oublié qu’ils prirent et le remplacèrent par un porc et des fruits. Les auteurs soulignent qu’ils ne connaissaient pas le vol et que c’est ce « vol » n’existe que du point de vue du gouverneur de l’Olive[2]. Mais c’est cet évènement que le gouverneur de l’Olive a pris comme prétexte pour ouvrir les hostilités. En cela ils sont conformes au récit fait par le père Dutertre. Pour lui, le 26 janvier 1636, débute par une attaque avortée d’un canot au large de la Pointe Allègre (actuellement commune de Sainte-Rose, Guadeloupe) puis par l’anecdote que du soi-disant vol de hamac.
2. Une barque anglaise signe d’une alliance entre les Anglais et les Kalinagos contre les Français ?
Poursuivons le récit fait par ces trois auteurs. Ils indiquent qu’une expédition a été ordonnée par le gouverneur de l’Olive qui constitue un petit groupe de quinze colons français qu’il place sous le commandement du sieur de Lafontaine. Ce groupe prendra place sur une chaloupe. Cette chaloupe est, en fait de type biscayenne selon le père Dutertre, c’est donc un bateau de petite taille qui est généralement pointue aux deux extrémités, gréer avec deux voiles et armées d’avirons.
Cette petite expédition, devra collecter des renseignements sur les carbets, c’est-à-dire des villages autochtones, puis elle récupérera les colons français qui habitaient dans les camps Kalinagos. En enfin, l’expédition de Lafontaine conduira ces colons français isolés, à la Pointe Allègre, où ils seront de nouveau soumis à l’autorité du gouverneur. Ce sont donc des préparatifs pour conduire une attaque contre les autochtones. Les carbets autochtones s’étendaient le long de la Côte-sous-le-Vent de la Guadeloupe jusqu’au site de l’actuelle commune de Vieux-Fort, au sud de l’île de Basse-Terre soit presque 65 km de côte.
Puisque le récit fait par le père Dutertre est pour moi, le plus probable. Je vous propose une longue citation de lui. J’ai inclus des intertitres en gras pour rendre la lecture plus facile. J’ai également modernisé quelques verbes tout en conservant la structure du texte originel pour qu’il soit plus facilement compréhensible :
« Trois jours après le retour du sieur de Lafontaine, lorsqu’on y pensait le moins, et que le R.P[1] Raymond était occupé auprès des malades, dont le nombre augmentait tous les jours, monsieur de l’Olive s’embarqua avec les auteurs de cette conspiration ; et tous sous prétexte de chercher une place plus saine et plus commode, s’en alla vers les habitations des sauvages[2], qui demeuraient à l’est d’où est à présent le Fort Royal[3]. Les sauvages avaient eu vent de leur dessein, s’étaient déjà disposés à la fuite, ils avaient mis le feu à leurs carbets[4], et emporter tous leurs vivres. Les Français ne trouvèrent qu’un bon vieillard, nommé le capitaine Yance, âgé de plus de six-vingt ans[5], avec trois de ses fils et deux autres jeunes sauvages ; ils étaient sur le point de s’embarquer ; mais comme ils virent les Français venir à lui, il leur cria plusieurs fois, France non point fâché, ne se pouvant mieux s’expliquer : on lui dit qu’il n’avait qu’à venir avec ses enfants en toute assurance, et qu’on ne lui ferait aucun tort. Sur cette promesse il y vient aussitôt.[6] »
[1] Révérend Père Raymond.
[2] Les Kalinago.
[3] Actuellement, le Fort Royal n’existe plus mais il était situé sur la commune de Vieux-Fort, Guadeloupe.
[4] Carbet : habitation collective Kalinago, mais il peut désigner également un lieu de réunion.
[5] Six fois vingt ans, donc 120 ans, certains auteurs décrirons simplement le capitaine Yance comme un vieillard.
[6] DUTERTRE, Jean-Baptiste. Histoire générale des Antilles habitées par les François. Edition Thomas Jolly, Paris. 1667. Tome 1 page 85.
Le gouverneur de l’Olive soumet Yance à de la torture psychologique pour savoir la nature des liens entre les Anglais et les Kalinagos.
« Quand on se fut saisi de sa personne et de ses fils, monsieur de l’Olive changeât de face et de discours, l’appela plusieurs fois traître, lui reprocha que lui et tous ses compatriotes avaient conspirer contre la colonie, et résolu d’égorger tous les Français : ce pauvre vieillard lui fit entendre que cela n’était point, qu’il n’y avait jamais pensé, au contraire qu’il n’y avait pas un sauvage qui ne voulut obliger les Français :comme il niait toujours cette prétendue conjuration avec fermeté, que la vérité inspire à ceux qui la défendent, monsieur de l’Olive tira une montre de sa poche, et lui dit, tiens, voilà le maboya[1] de France (c’est-à-dire le diable) qui me l’a assuré.
Ce sauvage tout surpris de voir les mouvements et les ressorts de cette montre, cru que monsieur de l’Olive lui disait vrai ; il commença à invectiver avec chaleur contre ce diable supposé, à l’injurier, et à lui dire qu’il était un imposteur et un méchant, que ni lui ni les autres sauvages, n’avaient jamais pensé à faire aucun déplaisir aux Français. »
Les Français tentent de faire aussi prisonniers les femmes autochtones et devant la résistance de Yance et des siens, torturent à mort Yance.
« Monsieur de l’Olive lui commanda d’envoyer un de ses enfants pour arrêter les femmes qui n’étaient qu’à cent pas[2] de là. Ce bon vieillard obéi aussitôt ; mais celui qui fut envoyé, au lieu de s’acquitter de cette commission, donna l’épouvante aux femmes, et leurs fit avancer chemin vers la Case du Borgne (qui est aujourd’hui le Fort Sainte-Marie) et leur servant de guide, s’enfuit avec elles, de quoi monsieur de l’Olive s’en fut tellement irrité, qu’il fit lier le vieillard, et le fit monter dans la chaloupe avec un de ses fils, lequel on poignarda un moment après aux yeux de ce père affligé. Cela fait ces assassins, les mains rougies de sang, s’acharnèrent sur ce pauvre vieillard, qu’une cruauté si barbare avait également saisi et de crainte et d’horreurs ; et après lui avoir sérieusement enfoncé cinq ou six coups d’épées et de couteaux dans l’estomac et dans le ventre, ils le jetèrent lier, la tête en bas dans la mer, : mais comme il était d’une forte constitution pour son âge, et qu’il fessait encore quelques efforts pour se sauver, s’étant délier un bras par son agitation, il nagea vers la chaloupe, implorant par ses larmes et par ses cris, la miséricorde de ces impitoyables ; mais ces tigres au lieu de s’amollir, par cruauté horrible, l’assommèrent à coups d’avirons. »
Les Français tentent de s’emparer, une nouvelle fois, des femmes Kalinagos, sans succès
« Ils lièrent les deux autres sauvages, plus morts que vifs, et leurs firent commandement de les conduire au lieu où les femmes avaient fait leurs retraites : l’un des deux nommé Martinet, fils du capitaine Baron, si connu dans les îles par l’inclination qu’il a toujours eu pour les Français, jugeant bien qu’il ne serait pas plus favorablement traité que les autres, qu’il avait vu massacrer, pris l’occasion d’une falaise, d’une hauteur prodigieuse, de laquelle il se précipita en bas dans les haziers[3], et dans les ronces, sans se rompre aucun membre. Quoi qu’il se fût déchiré tout le corps, il ne laissa pas de se rendre le même jour à cinq ou six lieues de là, où était d’autres sauvages avec les femmes et les enfants ; il les averti de ce qu’il s’était passé, et la résolution des Français, qu’ils ne les cherchaient que pour les mettre à mort. »[4]
Martinet, méchamment blessé va réussir couvrir une distance d’environ 5 à 6 lieues soit entre 24 à 28 kilomètres à travers la forêt, pour prévenir le campement de la Case du Borgne c’est-à-dire au Fort de Sainte-Marie de Capesterre Belle-Eau. C’est ainsi que les Kalinagos furent informés promptement des exactions françaises.
La suite du texte de Dutertre explique que les colons poursuivent leur marche à travers la forêt avec le dernier prisonnier pour guide afin de rejoindre les femmes autochtones « dans l’espérance d’en jouir, et d’assouvir leurs brutales passions[5]. » Cette formule un peu surannée est simplement la façon de dire que les colons voulaient violer ces femmes. Il faut garder en mémoire que les colons sont des jeunes hommes et que la petite colonie française est composée de plus hommes en âge de se marier que de femmes à marier. Et que cet aspect de la colonisation va plus tard conduire les autorités à transporter des « filles à marier » dans les colonies d’Amérique. Ces femmes représentent donc un objectif secondaire, mais d’importance pour les colons français.
Cependant, la fuite de Martinet, n’arrête pas les colons français qui poursuivent leur marche pour se saisir en plus des femmes, des vivres possédés par les Kalinagos, mais la nuit tombe. Nous serions donc dans la nuit du 29 au 30 janvier, suivant les indications de Dutertre. Les colons vont s’endormir non loin d’une rivière. Le dernier prisonnier, profite du sommeil de ses geôliers pour s’enfuir rejoindre le reste de son groupe.
Grâce aux informations de Martinet confirmées par le témoignage du dernier prisonnier évadé les Kalinagos savent que les Français leur veulent du mal. Cela conforte les Kalinagos du bien fondé de leurs dispositions.
Si nous revenons au début du récit du père Dutertre, nous voyons bien que tout comme l’expédition de Lafontaine à servit à collecter des informations sur les Kalinagos, ces derniers ont observé, également, les agissements des colons français et en tirent des conclusions. Si Yance, trois de ses fils et deux autres Kalinagos sont restés en arrière du reste de leur groupe c’est peut-être bien pour protéger la fin de l’évacuation de leur carbet. Les Kalinagos disposent ainsi de plus de temps de mettre le groupe en sécurité, et l’occasion de savoir exactement les volontés du gouverneur de l’Olive. Le fait que les Kalinagos aient mis le feu à leurs habitations et emporter tous leurs vivres, montre qu’ils partent pour un long moment et que ce site sera donc abandonné. Grâce aux informations données par Martinet, les Kalinagos réfugiés à Capesterre, décident détruire la plantation manioc qui poussait dans leur « jardin du petit Carbet » (sic) bien qu’elle soit proche de la maturité. C’est un acte de représailles fort, ils privent ainsi de nourriture leurs assaillants.
Côté Français, la fuite de leur dernier prisonnier les force à rebrousser chemin et rejoindre la Pointe Allègre. A cause de leurs dépits et leurs frustrations, les colons se déchainèrent sur les habitations des « sauvages » tout au long de leur chemin. La nourriture est le troisième motif de l’attaque française au vu des cibles qu’ils ont choisi. Ce qui avait commencé comme une attaque contre un groupe de Kalinagos est donc élargit à plusieurs groupes Kalinagos sans discernement contribuant ainsi à une escalade du conflit.
Mais où Yance a-t-il été mis à mort ? De nos jours, nous avons du mal à situer précisément le site de la mise à mort de Yance faute de preuves archéologiques. Le père Dutertre donne comme indication géographique, que les habitations du village Kalinago étaient là où s’élève le « Fort Royal ». Le Fort-Royal fut édifié par le gouverneur de l’Olive, c’était à l’époque « une maison fortifiée [6]», habitée par la suite par les gouverneurs Jean Auber et Charles Houel. C’est lorsque ce dernier quitte le site pour Basse-Terre, vers 1643, que qu’il devient le Vieux-Fort l’Olive qui va par extension donner son nom à la paroisse puis à la commune. Mais le site précis n’est pas clairement identifié. Le Fort-Royal a été détruit. Le site de commémoration actuel est celui dit des « Trois Pointes » section Mazarin, mais pour d’autres auteurs ce serait l’anse Dupuy[7] qui correspondrait mieux à la description. En tout cas, les agresseurs, les colons français avec de l’Olive à leur tête sont venus par la mer, à la pointe la plus sud de la Guadeloupe proprement dite, non loin d’une falaise qui a servi de tremplin à Martinet pour fuir.
Conclusion
L’histoire de Yance nous a été rapporté par de nombreux auteurs parce qu’elle est à l’origine de la guerre franco-caraïbes, comme on le disait à l’époque. La conséquence immédiate de la mort tragique de Yance et que les visites ponctuelles des Kalinagos aux colons français qui s’accompagnaient de dons en nourriture sont terminés. Donc le manque de nourriture deviendra, rapidement, encore plus criant. Les Kalinagos de Guadeloupe vont mener des attaques à l’aide de flèches empoisonnées[8] (Dutertre p 89), ils tuèrent des colons, ils firent des prisonniers. Mais le père Dutertre signale également que des Kalinagos de Guadeloupe choisirent de se rendre en Dominique tout en laissant certains de leurs membres pour épier les faits et geste des Français et organiser leurs attaques futures.
La colonie française va quitter la Pointe Allègre pour s’installer près du site où le gouverneur de l’Olive et ses hommes ont torturé des Kalinagos et massacrer le capitaine Yance et continuer son développement malgré les attaques répétées opérées par les Kalinagos. Le 31 mars 1660, le traité franco-anglo-caraïbe sera signé pour mettre fin à la guerre débutée avec l’attaque meurtrière menée par le gouverneur de l’Olive et ses hommes entre 26 entre 30 janvier 1636.
En recevant la cheffe Kalinago de la Dominique pour célébrer avec les Kalinagos vivant en Guadeloupe et les autres guadeloupéens et invités, nous avons affirmés tous ensemble que la part autochtone de notre histoire n’a pas été complétement oublié. Il existe encore de nos jours des Guadeloupéens ayant des ancêtres Kalinagos et j’en fait partie tout comme Julien Mérion et beaucoup d’autres.
[1] Maboya ou mabouya : ce mot désignant le démon mais il désigne aussi une espèce de gecko
[2] Le pas ordinaire valant 0,812 mètre, donc environ 81 mètres.
[3] Haziers : en français moderne on emploierait le mot halliers donc le mot signifierai ici des broussailles. Ce mot est toujours utilisé dans le créole guadeloupéen avec le même sens.
[4] DUTERTRE, Jean-Baptiste. Histoire générale des Antilles habitées par les François. Edition Thomas Jolly, Paris. 1667. Tome 1 page 85 à 87. Orthographe modernisée par mes soins. J’ai conservé les mots en italiques présents dans la version originale. Les sous-titres en caractères gras et les notes présentes sont également rédigés par moi.
[5] Ibid. Page 87.
[6] Ouvrage collectif de la Fondation Clément ; patrimoine de la Guadeloupe. Editions Hervé Chopin. 2017. Page 355,
[7] Le Patrimoine des communes de la Guadeloupe. Flohic éditions, 1998. Page 369.
[8] DUTERTRE, Jean-Baptiste. Histoire générale des Antilles habitées par les François. Edition Thomas Jolly, Paris. 1667. Tome 1 page 89.